Cinéma Horreur

Saw – James Wan

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Saw. 2004.
Origine : Etats-Unis
Genre : Horreur nouvelle génération
Réalisation : James Wan
Avec : Leigh Whannell, Cary Elwes, Danny Glover, Ken Leung…

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A sa sortie, Saw a bénéficié d’une réputation plus que flatteuse de la part d’une presse spécialisée déchaînée. Comme c’est souvent le cas lorsqu’un premier film impressionne son auditoire, les comparaisons vont bon train avec les premières oeuvres de cinéastes aujourd’hui mondialement (re)connus tel Sam Raimi ou Peter Jackson. Mais qu’en est-il réellement?

Le postulat de départ est d’une simplicité enfantine. Deux hommes se retrouvent enchaînés, chacun à un bout d’une salle de bain miteuse, avec entre eux, le cadavre d’un homme qui s’est tiré une balle dans la tête. Ils sont tous deux à la merci d’un tueur en série qui prend un malin plaisir à éprouver la volonté de survie de ses victimes. Ici, la situation est simple : le docteur Lawrence (Cary Elwes) doit tuer son co-détenu s’il veut vivre.

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Saw aurait sans doute gagné en efficacité s’il s’était cantonné au huis clos. Mais le choix des deux scénaristes est tout autre. Ils construisent leur film comme un puzzle, en nous montrant par flashbacks interposés, l’enquête de deux inspecteurs (Danny Glover et Ken Leung). Cette enquête a pour but de nous éclairer sur le machiavélisme et le sadisme du maître du jeu. Car ce dernier excelle dans la mise en scène de ses « meurtres ». Il peaufine avec un plaisir non dissimulé chacun de ses crimes en prenant bien soin de toujours laisser un échappatoire à sa victime afin, dit-il, de lui apprendre la vraie valeur de la vie. Le tueur n’a ensuite plus qu’à se délecter du spectacle, se réservant toujours un poste d’observation, via un trou dans le mur ou une caméra. D’où le titre. Pas cons, les gars !
Pour les gens avides de sensations fortes, Saw remplit plutôt bien son contrat offrant son lot de méchanceté, de scènes gentiment gores, et d’ambiance crasseuse. On peut néanmoins regretter une mise en scène sommaire, cédant trop aux tics de l’époque (la caméra s’emballe sans crier gare sur fond de rock dur). Autre grief, le film ne parvient jamais à mettre mal à l’aise. Il se dégage trop de sophistication du film et des manigances du tueur pour que nous soyons autre chose que simples spectateurs. Avec davantage de simplicité dans le dispositif, un côté plus direct et rentre-dedans, James Wan aurait pu réussir à prendre le spectateur à la gorge et ne le lâcher qu’au mot fin, exsangue et couvert de sueurs. Il n’en est hélas rien. Les responsables du film nous offrent juste un beau jouet se voulant plus malin que la moyenne, mais qui en définitive tourne bien vite à vide.

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En l’état, Saw est un film qui profite à plein de l’aspect aseptisé du cinéma fantastique actuel pour faire l’effet d’une bombe. Le film a rencontré un beau succès, transformant ce coup d’essai en franchise toujours aussi rentable. Nous en sommes à trois épisodes et un quatrième serait déjà en tournage. Les films s’orientent vers davantage de scènes chocs et gores (Saw III s’étant même vu gratifié d’une interdiction au moins de 18 ans sur le sol français) au détriment des personnages, plus que jamais voués à jouer les utilités d’un jeu morbide qui les dépasse.

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