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La Secte des morts-vivants – Kostas Karagiannis

sectemortsvivants

Land of the Minotaur. 1976

Origine : Grèce / Royaume-Uni / Etats-Unis 
Genre : Fantastique 
Réalisation : Kostas Karagiannis 
Avec : Donald Pleasence, Peter Cushing, Luan Peters, Nikos Verlekis…

La Grèce, ses colonnes antiques, son tarama, sa pollution, ses îles tout partout… Oui, d’accord, mais aussi ses sacrifices humains pratiqués par un châtelain émigré des Carpathes (joué par Peter Cushing) et par tout un village endoctriné au nom d’un culte païen, celui du minotaure, qui pousse un curé catholique du coin (Donald Pleasence) à avoir recours aux services d’un ami détective pour éviter que les touristes continuent à disparaître et que le mal se répande de part le monde. Nous n’en sommes pas encore là, mais on est jamais trop prudent avec ce genre de choses.

Puisque la Hammer était éteinte (son chant du cygne, Une fille pour le diable, date de cette même année 1976), il fallait bien que Peter Cushing changeât d’horizon. Non pas qu’il n’avait jamais oeuvré à l’extérieur de la Hammer, mais celle-ci avait indiscutablement constitué son point d’ancrage pendant une vingtaine d’année. Le voilà donc un peu à la rue ! Et tant qu’à l’être, autant que ça soit au soleil. C’est sans doute pourquoi il rejoignit le mouvement de tant d’acteurs de la belle époque, qui partirent dans des contrées latines pour des co-productions européennes généralement bien plus modernes que celles qui avaient forgées la réputation de Peter Cushing au temps de la Hammer. Il faut dire qu’outre-atlantique L’Exorciste, Massacre à la tronçonneuse et La Colline a des yeux étaient passés par là, contribuant ainsi grandement à la décrépitude de la Hammer, devenue vestige du cinéma horrifique à papa. N’empêche, Peter Cushing n’est pas homme à se laisser faire, et au lieu de prendre la direction de l’Italie ou de l’Espagne, en vogue à l’époque, il se dirigea vers la Grèce. Et certainement pas pour un film moderne : La Secte des morts-vivants est d’un classicisme forcené, sans aucun doute exagéré si l’on s’en réfère à son manque d’imagination.

Cette histoire d’adorateurs du minotaure dans la campagne grecque est ainsi désespérément plate, et Donald Pleasence, le gentil de service (qui, lui, est habitué à tourner dans toutes sortes de productions depuis longtemps) erre comme une âme en peine dans les environs du village maudit pour tenter de convaincre touristes et amis que la secte existe, et qu’elle est dangereuse. Peine perdue, puisque tous ses “invités” relèvent eux de la nouvelle génération ecervelée, et qu’ils n’hésitent pas une seule seconde à mettre les pieds là où ils avaient été prévenus de ne pas les mettre. L’intrigue piétine, et Kostas Karagiannis, le metteur en scène, ne se donne même pas la peine d’éviter le manichéisme, pas plus qu’il ne tente de garder un semblant de mystère. Dès le début, on sait que Peter Cushing est le chef de la secte, et que le village est à sa botte : les réticences du seul policier du coin à enquêter sur les disparitions sont éloquentes. Difficile dans ces conditions d’insufler un minimum de vie au film, et en effet, tout ça sera bien mou et les rares scènes un tant soit peu dynamiques se perdront entre toutes les autres scènes anecdotiques ne venant pas faire avancer d’un chouïa le schmilblik. Heureusement, Peter Cushing sauve les meubles en étant fidèle à lui-même : aussi glacial que son physique est émacié. Les scènes de sabbat qu’ils préside sont ainsi les plus réussies du film, les plus travaillées en dépit de la présence pas forcément bienvenue d’un minotaure en pierre crachant du feu par les naseaux et proférant des menaces avec une grosse voix caverneuse. Notons aussi malgré tout une très agréable bande-son, d’un style assez proche que ce que les Goblins composaient à la même époque pour leurs collaborations avec Dario Argento.

Sans aller jusqu’à dire que La Secte des morts-vivants est un film insipide, son classicisme fadasse le fait pencher dans la balance des films tout au plus moyens, plus certainement médiocres. Pas de gore, pas de gros travail sur la photographie, un érotisme se résumant à quelques scènes de nu raccoleuses… Tout cela est assez loin du style de la Hammer. Reste Peter Cushing, dans une moindre mesure Donald Pleasence, ainsi que l’idée pas tellement exploitée du village païen faisant mine de ne pas être au courant d’une quelconque secte dans les environs. Vite oubliable.

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