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Masters of Horror 2-02 : Une famille recomposée – John Landis

Ecrit par Loïc Blavier

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Masters of Horror. Saison 2, épisode 02
Family. 2006.
Origine : Etats-Unis
Genre : Horreur
Réalisation : John Landis
Avec : George Wendt, Meredith Monroe, Matt Keeslar, Kerry Sandomirsky…

Un épisode des Masters of Horror aussi sympathique que peut l’être son John Landis de réalisateur, qui pour l’occasion embauche dans le rôle principal le bon vieux George Wendt, connu surtout pour son interprétation de Harold, le voisin débonnaire du House de Steve Miner. C’est d’ailleurs peut-être ce qui explique que son personnage prenne le même prénom dans cette Family. A part ça, l’histoire nous présente donc Harold, américain moyen vivant dans une banlieue bourgeoise classique, et qui sympathise rapidement avec ses nouveaux voisins. Rien de bien palpitant en apparence, sauf que Harold est en réalité un malade, qui kidnappe des gens, les tue, les plonge dans de l’acide, habille les squelettes et se construit ainsi tout une famille avec laquelle, hallucination aidant, il croit converser comme si de rien n’était !

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Landis s’amuse beaucoup dans cet épisode, en reprenant un thème pourtant bien souvent traité, celui de l’apparence proprette dissimulant des secrets atroces. Mais il ne cherche pas à refaire Blue Velvet et se limite ici à une belle petite histoire à forte tendance comique, misant bien entendu sur George Wendt et sur sa bonhomie naturelle pour nous plonger avec une gaieté macabre dans une famille de cadavres. Il faut voir le bonhomme partir à la chasse aux parents, le monde lui apparaissant comme un vaste supermarché dans lequel il peut se servir sans trop de problème. Que fait la police ? Rien, et c’est tant mieux, elle laisse l’épisode se dérouler comme Landis l’entend. Celui-ci commet tout de même quelques erreurs, comme celle de nous présenter les hallucinations de Harold, les squelettes apparaissant alors comme des personnes en chair et en os, ce qui retire tout de même une bonne dose de l’impact prévu. Mais il y a tout de même quelques restes sympathiques, notamment la scène où Harold dort avec sa petite fille, ou encore celles où il croit que sa voisine lui fait part de ses désirs sexuels -auxquels il répond avec un prompt enthousiasme, ce qui va donc le plonger dans des scènes de disputes avec son actuelle « femme »-. Tout repose donc sur les larges épaules de George Wendt, et celui-ci joue très bien le jeu en faisant comme si de rien n’était, et en vivant comme n’importe quel américain moyen trouvable dans des sitcoms familiales. Sa relation avec sa belle voisine sera notamment très appréciable, et il s’y révèlera gauche et timide. Loin du tueur taré qu’il est censé être. Du reste, Landis joue beaucoup de ce décalage, comme le montre la superbe entame du film sous forme de plan-séquence, où le réalisateur part de la rue ensoleillée et des fleurs en bourgeon pour avancer vers le coeur de la maison de Harold, la cave, glauque, dans laquelle le bonhomme dissout tranquillement un cadavre dans de l’acide. Plus généralement, Landis est inspiré, et certains plans sont extrêmement bien vus (le squelette de la petite fille qui se reflète dans un squelette de dessin animé sur l’écran de la télévision) tout en contribuant à donner la mesure de l’épisode. Alors évidemment, tout ça ne vise pas très haut, et le scénario, plutôt con-con, n’avance pas beaucoup, mais le ton de l’ensemble, léger et pourtant fort macabre (quand il n’est pas gore), permet aisément de passer un agréable moment.

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