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Les Contes de la crypte 4-13 : Concerto pour un loup-garou – Steve Perry

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Les Contes de la crypte. Saison 4, épisode 13.
Werewolf Concerto. 1992.
Origine : Etats-Unis
Réalisation : Steve Perry
Avec : Timothy Dalton, Beverly d’Angelo, Dennis Farina, Walter Gotell…

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C’est l’effervescence parmi les clients d’un hôtel isolé en pleine forêt. L’un des pensionnaires a été retrouvé déchiqueté, et tout porte à croire qu’il s’agit de l’œuvre d’un loup-garou. Mr Antoine, le gérant, leur certifie que toutes les mesures ont été prises pour que le coupable soit retrouvé dans les plus brefs délais. Cependant, sa calme assurance ne suffit pas à apaiser les tensions. Une sourde paranoïa commence à s’emparer des pensionnaires, à l’exception peut-être de Mr Lokai, davantage préoccupé par les courbes affolantes de la concertiste Janice Baird.

Généralement assigné au poste d’assistant réalisateur sur des titres aussi variés que Rocky, 1941, Firefox l’arme absolue ou encore L’Arme fatale 2, Steve Perry a tout de même pu briguer le fauteuil de metteur en scène à deux reprises, à chaque fois pour la télévision. Cet épisode des Contes de la crypte lui permet de se confronter à une haute figure du bestiaire fantastique de manière ludique et néanmoins révérencieuse.
L’intrigue se déploie dans le cadre improbable d’un hôtel champêtre aux prestations un peu chiches, n’en déplaise à son gérant, l’obséquieux et néanmoins étrange Mr Antoine. Accessible par une unique voie d’accès, que des intempéries ont bloquée, ledit hôtel ressemble davantage à une retraite pour individus ayant quelque chose à se reprocher qu’à un établissement grand luxe. De fait, en dépit de trois victimes à déplorer et de quelques protestations, tous les pensionnaires poursuivent bien sagement leur séjour, rassérénés par les promesses de Mr Antoine de régler toute cette affaire au plus vite. De quelle manière ? On n’en saura pas plus, là résidant une partie du mystère qui suinte de l’épisode. Cependant, un échange laconique entre Mr Antoine et Mr Lokai laisse entendre que le second nommé pourrait être partie intégrante de la solution du gérant pour préserver la sécurité de ses ouailles. Reconnaissons également que l’identité de son interprète, nul autre que Timothy Dalton le dernier James Bond en date fraîchement placardisé, joue pour beaucoup dans cette impression. Il promène sa mâle assurance dans tout l’hôtel, savoure tranquillement un whisky au coin du feu lorsque les autres pensionnaires s’inquiètent pour leur sort, et drague lourdement la concertiste Janice Baird. Bref, le bougre semble sûr de son coup, avant de pouvoir éventuellement le tirer. Mais dans ce domaine, il n’est pas particulièrement heureux, ou en tout cas, les choses tardent à se concrétiser. Il y a là un jeu évident avec l’image que l’acteur véhicule, James Bond oblige, que Steve Perry se plaît à prolonger en lui opposant Walter Gotell, le Général Anatol Gogol de pas moins de six James Bond dont Tuer n’est pas jouer. Ici, l’heure n’est plus à la détente, et c’est à un dérouillage en règle que Lokai s’adonne sur la personne de Mr Hertz (Gotell, donc). Un passage somme toute amusant, qui en outre jette un voile sur la réelle personnalité de ce Mr Lokai, bien plus opaque qu’il n’y paraît.

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En dépit d’un titre pour le moins explicite, récurrence de l’adaptation française, Concerto pour un loup-garou cherche à ménager ses effets jusqu’à un dénouement qui agit en miroir inversé du Secret, épisode de la seconde saison. Le lycanthrope n’est pas surexposé, mais demeure cette menace sous-jacente qui sous-tend l’intrigue. De même, cet hôtel perdu au milieu de la forêt rappelle ces manoirs des films fantastique d’antan au sein desquels les pires horreurs pouvaient se dérouler. Sur ce point, l’épisode se montre peu illustratif, au profit d’un humour noir de bon aloi porté par un Timothy Dalton délectable, même si parfois à son détriment. On s’amusera également d’une distribution éclectique où voisine le toujours impeccable Dennis Farina (Le Solitaire, Le Sixième sens) avec Reginald Veljohnson en rupture de sa Belle Famille, ou encore Beverly d’Angelo, épouse godiche de Bonjour les vacances, qui ici irradie de sensualité en vamp un brin condescendante. Un plaisir pour les yeux qui rehausse encore d’un cran cet épisode par ailleurs de bonne tenue.

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