Cinéma Comédie Horreur

Reeker – Dave Payne

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Reeker. 2005.
Origine : Etats-Unis
Genre : Horreur fugace
Réalisation : Dave Payne
Avec : Devon Gummersall, Tina Payne, Derek Richardson, Michael Ironside…

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Cinq jeunes gens (deux filles, trois garçons, moult possibilités) font route commune au cours d’un voyage qui s’annonce long et guère passionnant. C’est alors que leur voiture tombe en rade, (mal)heureusement pour eux, non loin d’une station service couplée à un motel. Mais au lieu de l’essence salvatrice, c’est la mort qu’ils vont trouver. Alors oui, le prix de l’essence a sacrément augmenté ces derniers temps, mais à ce point là, c’est quand même sacrément cher payé!

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Le réalisateur Dave Payne sort tout droit du giron cormanien, ce qui atteste de l’existence d’une carrière possible au sortir des productions Corman, même durant les années 2000. L’avenir nous dira si Dave Payne possède l’étoffe des meilleurs représentants de l’écurie Corman. Pour l’instant, le présent nous indique juste qu’il est avant tout un cinéaste « roublard »,et qu’il peine à maintenir l’intérêt du spectateur tout au long de la pourtant très courte durée de son film.
L’introduction présageait du meilleur en alliant l’effet choc à un humour de bon aloi. Malheureusement, si la suite nous réserve encore deux-trois moments de rigolade, l’effet de surprise aura quant à lui complètement disparu. Comme trop souvent dans ce genre de film, les personnages nous indiffèrent totalement. Les jeunes en question ne brillent pas par leur bon sens, à l’exception de la brunette (normal, c’est la femme du réalisateur) et de l’aveugle. Quant au boogeyman, son modus operandi est des plus classiques. Pour se distinguer de la concurrence, il n’a que son odeur, laquelle à en croire ses victimes s’avère fortement désagréable. Un détail qui nous amène à regretter que le réalisateur n’ait pas osé l’odorama, ce procédé unique que John Waters avait su si bien employer à l’occasion de Polyester. Reeker ayant fait la tournée des festivals, un tel procédé n’aurait pas manqué de charmer un public toujours prompt à s’amuser.

Se refusant à sortir des sentiers battus, Dave Payne épouse le schéma classique du slasher, genre revenu sur le devant de la scène depuis l’incroyable succès de Scream. Il faut donc s’attendre à quelques menus rebondissements. En fait, notre perception du film se retrouve totalement biaisée par la scène d’ouverture qui, on ne le comprendra qu’à la fin, n’avait strictement rien à voir avec le reste. C’est à se demander si cette introduction n’a pas servi de ticket d’entrée à Dave Payne, scène qu’il se serait trimballée sous le bras en démarchant des producteurs potentiels. Compte tenue de son efficacité, on comprend aisément qu’il ait pu obtenir un financement.

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Soyons honnête, Reeker ne fera pas date et ne laissera au mieux qu’un aimable souvenir dans la mémoire de ses plus fervents défenseurs. Toutefois, si l’ensemble pêche par un contenu très pauvre, on peut reconnaître au réalisateur un certain savoir-faire, notamment pour instaurer une ambiance nocturne à la tonalité irréelle. Il est encore trop tôt pour juger de la carrière du bonhomme, au moins mériterait-elle de connaître une suite, histoire de voir ce que Dave Payne a réellement dans le ventre.

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