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Les Contes de la crypte 2-17 : Les Siamois – Peter S. Seaman

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Les Contes de la crypte. Saison 2, épisode 17.
My brother’s keeper. 1990

Origine : États-Unis 
Réalisation : Peter S. Seaman 
Avec : Timothy Stack, Jonathan Stark, Jessica Harper, Ron Orbach…

Frank et Eddie Doran arrivent à un cap de leur relation. Après avoir passé autant de temps collés l’un à l’autre, les frictions deviennent récurrentes. Si Frank se résigne à cette situation, Eddie tient à ce que cela cesse au plus vite. Et pour cela, une seule solution : l’opération. Seulement pour les séparer, le docteur ne peut leur garantir une intervention sans danger, estimant à 50% leurs chances de succomber à l’opération. Une probabilité qui a le don de refroidir Frank, qui refuse de signer la décharge médicale nécessaire, au grand dam de son frère.

Principalement scénariste, il a entre autres participé à l’écriture de Qui veut la peau de Roger Rabbit ? de Robert Zemeckis (tiens, tiens !), Peter Seaman a déjà contribué à la série en rédigeant le scénario de l’épisode 8 de la présente saison, Hurlement nocturne réalisé par … Jeffrey Price, son compère de Qui veut la peau de Roger Rabbit ?. Quand je vous dis qu’il n’y a pas de hasard. Tout se recoupe. Les Siamois fait alors figure de promotion puisqu’il obtient le privilège de mettre lui-même en scène son travail, pour ce qui reste à ce jour sa seule réalisation. On y retrouve le même type d’humour, et un personnage central tourmenté par une voix annexe, sa conscience dans l’un, son frère dans l’autre.
Sous ses airs de comédie échevelée proche du slapstick, l’intrigue de l’épisode s’apparente surtout à un cauchemar. Le cauchemar de deux hommes diamétralement opposés que la nature a contraint la cohabitation. Frank s’avère doux, réservé et sophistiqué là où son frère se révèle survolté, sans-gêne et désinvolte. Ne partageant que bien peu en commun, Frank et Eddie sont soumis à de nombreux compromis, tous en faveur du second, le plus fort en gueule. Ainsi, pour une soirée à l’opéra, Frank doit consentir à trois soirées dans les bars. Un ratio en sa défaveur qui l’amène néanmoins à rencontrer Mary, une femme élégante et délicate avec laquelle il se sent immédiatement en osmose. Une Mary qui, passé le choc légitime de la découverte de la singularité des rapports fraternels qui unissent Frank et Eddie, passe outre les qu’en-dira-t-on pour découvrir l’homme qui se cache derrière le monstre .

Un tel postulat demande quelques éclaircissements quant à la manière de vivre de deux être constamment accrochés l’un à l’autre. Peter Seaman en exploite les nombreuses possibilités avec humour, sans non plus en occulter les aspects les plus délicats. Difficile dans ces conditions d’avoir un peu d’intimité. Que Frank souhaite passer une soirée en tête à tête avec Mary, il devra invariablement composer avec Eddie dont l’attitude peu coopérative manque de tout fiche par terre. Leur système sanguin étant relié, il suffit que l’un boive pour que l’autre en ressente immédiatement les effets. Une aubaine pour Eddie qui redouble d’efforts pour pousser son frère à bout et le convaincre de signer la décharge. Le récit se déploie alors en une véritable guerre des nerfs qui atteint son acmé lorsque Frank, fou amoureux, fait part de ses sentiments à Mary. Déclarer sa flamme à l’être aimé lorsque votre intenable frangin se fait chahuter à côté de vous par une diablesse en sous-vêtements de cuir s’avère passablement tendu, pour ne pas dire perturbant pour l’objet de toutes les attentions. Dans le rôle de Mary, on a la surprise et le plaisir de retrouver Jessica Harper, l’inoubliable héroïne de Phantom of the Paradise et de Suspiria. Elle apporte ce mélange de charme et de fragilité qui en ferait craquer plus d’un… sauf Eddie.

Les Siamois tire sa force de son énergie comique, prompte à faire passer comme une lettre à la poste les quelques invraisemblances qui parsèment le récit. Il semble par exemple difficile d’intriguer dans le dos de son frère lorsqu’on dispose d’aucun moment véritablement à soi. Là réside toute la réussite de l’épisode, parvenir à constituer un univers suffisamment crédible et riche en détails pour qu’on ne s’appesantisse guère sur l’improbabilité de certaines situations. Le rythme est alerte, c’est souvent drôle, et disposant de la dose de cruauté nécessaire à tout bon conte de la crypte qui se respecte. De quoi en combler d’aise l’inamovible gardien, et le téléspectateur le moins assidu.

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