Gorgo – Eugène Lourié

gorgo-affiche

Gorgo. 1961

Origine : Royaume-Uni
Genre : Godzilla à l’européenne
Réalisation : Eugène Lourié
Avec : Bill Travers, William Sylvester, Vincent Winter, Bruce Seton…

Au large d’un village portuaire écossais, des chercheurs de trésors subissent quelques avaries à cause d’une éruption volcanique sous-marine. Suite à cette éruption, une créature préhistorique surgit des abysses. Passé un instant de surprise bien compréhensible, lesdits chercheurs de trésors s’empressent de la capturer afin d’en obtenir un bon paquet d’argent. Baptisé Gorgo, le monstre est vendu à un cirque de Londres dans le but d’être exhibé au plus grand nombre. Il apparaît néanmoins rapidement qu’il ne s’agirait là que d’un enfant. Et sa mère est d’ores et déjà en route pour le récupérer.

Réalisateur plutôt oublié aujourd’hui, Eugène Lourié, du temps de sa splendeur, a fait du gigantisme sa spécialité comptant à son palmarès des films  tels que Le Monstre des temps perdus, The Giant Behemoth ou encore The Colossus of New York. Gorgo ne déroge pas à la règle, puisqu’il représente le pendant européen de Godzilla, monstre emblématique du cinéma japonais que de peu scrupuleux producteurs américains avaient récupéré à leur profit. Gorgo ne dispose néanmoins d’aucun sous-texte politique. Ces monstres rescapés du passé ne sont pas issus de la bombe atomique, ou de quelque autre invention démoniaque de l’homme. Ils réapparaissent tout simplement suite à une éruption volcanique, vestiges de temps anciens comme recrachés par les entrailles de la terre. Par sa thématique, Gorgo se rapproche davantage de King Kong. Le film fustige avant tout la cupidité de l’homme, tare bien connue qui le conduit souvent à sa perte. En bon film de monstres qui se respecte, l’accent est mis sur les dégâts commis par la créature, au détriment des personnages. La cité londonienne en prend pour son grade, ses principaux monuments se voyant balayés aussi facilement que le serait un château de cartes par un enfant. Cependant, on peut s’interroger sur l’intérêt de réaliser un tel film lorsque l’usage de “stock shots” est effectué de manière aussi abusive. Les trois-quarts des scènes montrant l’armée en action sont des images de récupérations, ce qui nuit gravement à l’intérêt, déjà tout relatif, du film. Pour des scènes inédites, à défaut d’être originales, on peut toujours faire confiance aux monstres, bien décidés à concurrencer leurs homologues japonais dans la destruction à grande échelle. Tous deux campés par un acteur à l’intérieur d’un costume dans la plus pure tradition “godzillesque”, leurs mouvements empruntés siéent parfaitement à leur gaucherie bien légitime dans un milieu qui à leurs yeux s’apparente à une multiplication d’embûches.

Abus de stockshots, péripéties téléphonées, beaucoup de film ne s’en relèverait pas. Dans le cas présent, Gorgo peine à être autre chose qu’un ersatz. Cela étant, le film se clôt sur une touche de naïveté bon enfant qui parvient à le rendre sympathique. La fin tend à prouver que l’amour d’une mère pour sa progéniture est si fort que même la puissance destructrice de l’homme échoue à en venir à bout. Si l’armée se considère comme une grande famille, sa grandeur fait bien pâle figure face aux liens du sang.

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