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Masters of Horror 2-10 : Pêchés de jeunesse – Tom Holland

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Masters of Horror. Saison 2, épisode 10
We all scream for ice cream. 2007.
Origine : Etats-Unis / Canada
Genre : Horreur
Réalisation : Tom Holland
Avec : Lee Tergesen, William Forsythe, Tim Henry, Laura Drummond

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Tom Holland a connu son heure de gloire durant les années 80 avec Vampire… vous avez dit vampire ? et surtout Jeu d’enfant, dont la poupée Brave Gars prénommée Chucky a rapidement acquis ses galons d’icône du cinéma fantastique. Passés ces deux films, la suite de sa carrière s’écrit en pointillés, l’homme se faisant plutôt rare derrière une caméra. Mais plutôt qu’une « renaissance », sa présence au sein de la deuxième saison des Masters of Horror répond à une certaine logique, Tom Holland ayant déjà participé par le passé à deux autres célèbres anthologies placées sous l’égide du fantastique et de l’horreur, Histoires Fantastiques et Les Contes de la crypte. Fort de cette expérience, il s’en serait sans doute voulu de rater l’opportunité d’intégrer la série de Mick Garris.

Revenu s’installer avec sa petite famille dans le quartier de son enfance, Layne se retrouve rapidement confronté à son passé. Le quartier semble touché par une malédiction qui tourne autour d’un mystérieux marchand de glaces dont la sonnette attire la nuit venue tous les enfants dans la rue. Suite au décès de deux de ses amis d’enfance, Layne doit se rendre à l’évidence, ce mystérieux marchand de glaces n’est autre que Buster, ce pauvre homme grimé en clown dont il a autrefois provoqué la mort. Revenu se venger, il se sert des enfants pour atteindre les parents. Et Layne figure en bonne place sur sa liste…

Adapté d’une nouvelle d’un auteur méconnu (John Farris), le scénario de Péchés de jeunesse évoque un autre écrivain, beaucoup plus célèbre celui-là, Stephen King. En effet, il paraît difficile de ne pas penser à son roman Ça avec cette histoire de clown meurtrier revenu tourmenter une bande de potes sur la base d’un acte passé guère reluisant. Un acte qui revient subitement hanter Layne alors qu’il était parvenu jusque là à l’occulter. Et le récit de se conjuguer à la fois au passé et au présent, en un va-et-vient entre le drame fondateur et la prise de conscience de sa culpabilité. Les autres membres de sa bande adolescente -La horde de l’Ouest- ne servent qu’à enjoliver le déroulement de l’histoire par leur mort successive. A l’inverse d’un roman de Stephen King, jamais les amis d’enfance ne feront front commun contre la menace qui pèse sur leur tête. Une manière de signifier que plus rien d’autre ne les relie mis à part ce mortel accident qui a ponctué un été de leur enfance. En outre, les compères de Layne passent tous pour de mauvais pères, laissant leur progéniture dans les rues sans s’en inquiéter. Leur mort vient donc souligner leur impéritie. Layne, quant à lui, n’est pas de la même eau et renvoie illico ses enfants dans leur chambre lorsqu’il les surprend à arpenter le trottoir en pleine nuit, une pièce au creux de la main. Il ne doit qu’à sa vigilance paternelle d’être encore de ce monde. Du moins c’est ce qu’on croit jusqu’au dénouement pour le moins absurde à l’aune de la méthode employée jusque là par Buster. Alors que durant tout l’épisode, le clown revanchard a toujours accompli sa vengeance à bonne distance de ses victimes via leurs enfants, il choisit pour Layne la confrontation frontale, non sans avoir au préalable pris soin de kidnapper sa progéniture. Comme s’il devenait alors nécessaire que Layne affronte sa culpabilité en face, même si cela doit s’effectuer au détriment de toute logique. Tom Holland réalise là un épisode plutôt quelconque, autant dans la forme que dans le fond, et qui pêche par trop de déséquilibres. Si on prend le cas de Buster, personnage clé du récit, il est aussi touchant dans les flash-back qu’il en devient insignifiant dans les scènes au présent. Bien que son maquillage soit rendu plus agressif, il peine à s’imposer comme cette entité démoniaque dont la présence hante nuit après nuit les rues de ce quartier résidentiel. Son potentiel maléfique s’efface totalement derrière son accoutrement grotesque. Quant à l’interprétation des jeunes comédiens qui incarnent les membres de le Horde de l’Ouest durant leur enfance, elle est proprement insupportable tellement elle paraît outrée et à côté de la plaque.

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Bénéficiant d’une réalisation impersonnelle, Péchés de jeunesse lasse très vite et peine à trouver le juste milieu entre premier et second degré. C’est dommage pour les deux comédiens principaux, William Forsythe et Lee Tergesen (la série Oz), qui font ce qu’ils peuvent pour donner de la consistance à l’ensemble. Et c’est surtout dommage pour nous autres, adeptes du genre fantastique, qui n’avons décidément pas beaucoup l’occasion de nous extasier avec le menu de cette seconde saison.

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