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Masters of Horror 2-08 : La Muse – Mick Garris

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Masters of Horror. Saison 2, épisode 08
Valerie on the stairs. 2006.
Origine : Etats-Unis
Genre : Horreur
Réalisation : Mick Garris
Avec : Tyron Leitso, Clare Grant, Christopher Lloyd, Jonathan Watton…

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Rob Hanisee est un jeune écrivain qui n’a encore jamais connu les joies d’une publication. Sans le sou, il trouve refuge dans un immeuble particulier, un véritable asile pour tous les aspirants écrivains dénigrés des éditeurs. Là, le contrat est simple : vous êtes nourris et logés jusqu’à ce que l’un de vos manuscrits trouve preneur. Cela convient tout à fait à Rob qui travaille justement sur son cinquième manuscrit, un manuscrit qu’il compte bien parvenir à faire publier. A peine a-t-il emménagé dans ses nouveaux quartiers que des événements étranges se produisent : une jeune femme l’appelle à l’aide, terrorisée par un démon. Qui est-elle ? Pourquoi est-il la seule personne à qui elle apparaisse ? L’immeuble serait-il hanté ? Que d’interrogations en cette rentrée !

En sa qualité de producteur et d’instigateur de la série, Mick Garris se réserve le droit de réaliser un épisode par saison. Bien qu’indissociable de Stephen King -il est passé maître dans l’adaptation télévisuelle de ses romans- Mick Garris n’a pas encore réussi à convaincre son ami de participer à son aventure télévisuelle. Alors pour cette épisode, il se tourne vers un autre grand nom de la littérature horrifique : Clive Barker. Ce dernier lui fait cadeau d’un texte inédit que Mick Garris s’attache à retranscrire avec la plus grande application, ne cherchant jamais à détourner notre attention ou à alléger l’atmosphère par des petites touches humoristiques. De même, il ne sort jamais de cet immeuble peuplé d’écrivains ratés pour qu’on ressente au mieux le sentiment d’échec qui plane au-dessus de chacun d’eux, ainsi que ce confinement qui conduit à l’appauvrissement de leur imaginaire. Dépourvu du moindre cachet, décoré de manière fonctionnelle et ne laissant guère passer la lumière, l’immeuble dans lequel ces écrivains ont trouvé refuge est à leur image : triste et manquant de chaleur. Le personnage de Rob Hanisee correspond bien à cet environnement, lui qui en dépit de son statut de premier rôle n’inspire guère d’empathie. A peine arrivé dans cet immeuble, il se croit déjà proche de la sortie tant il a en haute estime son travail. Or comme les autres, il n’arrive pas à aligner plus de deux mots avant de se retrouver confronté au manque d’inspiration. Heureusement que l’immeuble prend les choses en mains et libère de ses entrailles cette jeune femme apeurée et ce démon possessif (Tony Todd, second rôle éternel du cinéma fantastique malgré son interprétation du candyman), deux émanations à même de raviver l’imaginaire de Rob, ou du moins de lui faire oublier son incapacité à achever son roman. Rob est assailli de visions, s’imagine en train de faire l’amour à Valérie -le prénom de la jeune femme apeurée- et se verrait bien terrasser l’horrible démon pour se poser en sauveur de cette femme qui ne fait rien qu’à l’exciter à se balader comme ça, nue comme un ver ! Bref, cet immeuble abrite des choses bien étranges, étrangeté relayée par les autres pensionnaires, plus mystérieux que jamais.

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Que ce soit par son écriture ou sa mise en images, La Muse ne brille pas par son originalité. Clive Barker nous refait le coup des personnages de fiction souhaitant intégrer le monde réel, y ajoutant juste sa petite patte gore habituelle. De ce point de vue, les effets spéciaux sont efficaces et renvoient par leur sobriété et leur aspect craspec à la première réalisation de l’écrivain : Hellraiser. Plus gênant, c’est l’impression de redite que procure cet épisode par rapport au Cauchemar de la sorcière réalisé par Stuart Gordon pour la première saison des Masters of horror. Dans les deux épisodes, on retrouve un jeune homme en quête d’un endroit calme pour terminer ses écrits (une thèse dans Le Cauchemar de la sorcière, un roman dans La Muse), la présence obsédante d’une jeune femme dont les charmes ne le laissent pas insensible, et le mystère qui se tapit derrière les murs de l’appartement. Même d’un point de vue formel, les deux épisodes se ressemblent énormément, comme si Mick Garris -qui n’est pas un grand réalisateur- avait voulu faire un « à la manière de ». Ce qui n’aide pas à entrer pleinement dans cette histoire. Et du coup, on en vient à penser que Clive Barker s’est laissé influencer par les écrits de Lovecraft, sa muse à lui. Impersonnel, déjà vu, La Muse ne rehausse pas le niveau d’une deuxième saison pour l’instant bien peu enthousiasmante.

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