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Les Contes de la crypte 2-06 : La Chose de la tombe – Fred Dekker

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Les Contes de la crypte. Saison 2, épisode 06.
The Thing from the grave. 1990.
Origine : Etats-Unis
Réalisation : Fred Dekker
Avec : Miguel Ferrer, Teri Hatcher, Kyle Secor et Laird Macintosh.

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Mais qu’est-il allé faire dans cette galère ? Photographe de studios de son état, Devlin Cates est amené à croiser de nombreuses femmes magnifiques pour autant de potentielles roucoulades en leur compagnie dès la journée de travail achevée. Lorsque débarque au cours d’une séance de travail le petit copain jaloux de Stacy -le malotru Mitch Bruckner-, Devlin ne trouve rien de mieux à faire que de remettre un double de ses clés à la jeune femme pour qu’elle puisse bénéficier d’un havre de paix en cas de conflit avec son homme. Ce qui ne manque pas d’arriver, la jeune femme débarquant le soir même, le corps recouvert d’ecchymoses. C’en est trop pour Devlin qui prend son courage à deux mains pour… faire l’amour à la beauté meurtrie. Possessif en diable, Mitch ne compte pas en rester là et va bien faire comprendre à Devlin que Stacy lui appartient.

A l’heure d’aborder ce sixième épisode, le nom de Fred Dekker n’est pas inconnu des habitués des Contes de la crypte puisqu’il avait au préalable rédigé les scénarios de deux épisodes de la première saison : Nuit de Noël pour femme adultère et Beauté meurtrière. Un drôle de bonhomme que ce Fred Dekker ! A ses débuts, il semblait appréhender le cinéma horrifique sous un jour hautement sérieux (initiateur du House de Steve Miner, il envisageait alors un pur film de trouille, bien loin des aspects comiques du produit fini), pour finalement à l’aube des années 90, n’être l’auteur que de deux films (Night of the creeps et Monster Squad) qui s’ils transpirent l’amour du genre, n’en sont pas moins pourvus d’un second degré prompt à les rendre accessibles au plus grand nombre.
De fait, l’histoire qu’il nous propose ici n’est pas plus à prendre au sérieux que ses précédents efforts, reposant davantage sur des stéréotypes que sur des personnages à part entière (le bellâtre se rêvant en chevalier au grand cœur, la jeune femme en détresse qui brille plus par sa plastique que par sa personnalité, et enfin l’odieux petit ami, un rustre pour lequel force fait loi), le tout dans une ambiance de soap très marquée. A ce titre, l’échange du pendentif à l’effigie du dieu maya de la vérité sur fond de soleil couchant factice vaut note d’intention. Fred Dekker joue sciemment la carte du romantisme ringard, prenant à la fois ses distances avec les protagonistes, et préparant le terrain au rebondissement final. Un rebondissement final qui se joue en deux temps puisque dans le soucis de dynamiser son récit, le réalisateur débute par ce qui apparaît comme la fin de l’épisode, avant de dérouler un flash-back introductif pour ensuite reprendre là où tout a commencé. Connaissant ses classiques sur le bout des doigts, et peu désireux d’y apporter une touche nouvelle, Fred Dekker déploie pour le final tout le décorum habituel : demoiselle en détresse, maison isolée au fond des bois, pleine lune. Quant au véritable monstre de l’histoire, ce n’est bien évidemment pas ce pauvre Devlin revenu d’entre les morts (très beau travail des responsables des effets spéciaux, à la fois sobre et très détaillé) mais l’infâme Mitch Bruckner, petite frappe bouffie de suffisance qui n’est pas sans rappeler l’arriviste Bob Morton que ce même Miguel Ferrer interprétait dans Robocop. Il apporte une nette plus-value à un épisode pas désagréable, bien rythmé mais au demeurant assez quelconque.

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Finalement, le meilleur de l’épisode réside dans les saillies du gardien de la crypte, particulièrement en verve, que ce soit au moment d’introduire le récit (lecture du magazine de charme Playdead) qu’au moment de le conclure. A ce sujet, je m’interroge sur les réels concepteurs de ces passages récurrents. Sont-ils l’œuvre du ou des scénaristes de l’épisode ainsi présenté ou dépendent-ils d’un pôle d’auteurs attitrés ? La question demeure en suspend*, quoi qu’elle souligne tout le soin apporté à ce monsieur loyal quelque peu décharné mais à la présence indispensable.


* : Si l’on s’en réfère à cette interview donnée par John Kassir (la voix du gardien de la crypte) au site Icons of Fright, il semblerait que la plupart de ces passages aient été réalisés par Kevin Yagher. Tout n’est cependant pas très clair concernant les auteurs. Kassir évoque des réalisateurs venant le rencontrer lui et Yagher pour leur soumettre des doléances, ce qui signifierait que les deux larrons aient habituellement été libres de faire ce qui leur plaisait. Toujours est-il que ces passages étaient écrits a posteriori aux épisodes qu’ils encadraient, et que les improvisations y étaient fréquentes. Il n’est donc pas impossible que l’écriture (si toutefois tout cela dépassait le simple stade de l’oralité) de ces petits gags soit revenue à quiconque se sentant inspiré.

 

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