Cinéma Horreur

Opération peur – Mario Bava

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Operazione paura. 1966.
Origine : Italie
Genre : Épouvante transalpine
Réalisation : Mario Bava
Avec : Giacomo Rossi-Stuart, Erika Blanc, Fabienne Dali, Piero Lulli…

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Karmingen est un étrange village dans lequel les morts se succèdent suite à une malédiction vieille de 20 ans. Le commissaire Kruger (Piero Lulli) ne croit pas à cette malédiction et fait donc venir le docteur Paul Esway (Giacomo Rossi-Stuart) afin que ce dernier procède à l’autopsie d’une jeune femme, retrouvée empalée sur une grille. Monika Shuftan (Erika Blanc), de retour dans son village natal après l’avoir quitté alors qu’elle n’avait qu’un an, lui sert d’assistante. Leur arrivée conjointe va permettre de lever enfin le voile sur cette malédiction.

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On ne présente plus Mario Bava, l’un des plus célèbres noms du cinéma « bis » italien. Comme bon nombre de ses contemporains, il a oeuvré dans à peu près tous les genres : le péplum (Hercule contre les vampires), la science-fiction (Terreur dans l’espace), le western (Arizona Bill) sans oublier le giallo (La Baie sanglante) ou le film d’horreur (Le Masque du démon). Avec Opération peur, Mario Bava tend à privilégier l’atmosphère à l’horreur graphique. Si les morts sont des plus violentes (empalements, cou tranché, balle dans la tête, …), Bava ne s’y attarde pas, préférant montrer le résultat plutôt que la manière. Fidèle à son habitude, il use de sa parfaite science du cadre pour composer des plans de toute beauté, d’un gothisme flamboyant, autour de personnages qui évoluent dans un environnement vicié par leurs croyances tenaces en la magie noire. Il se dégage du film une ambiance mortifère due à cette malédiction qui pèse sur les habitants de Karmingen, et contre laquelle ils sont disposés à s’en remettre à n’importe quelle quolifichet pour s’en préserver.
L’opération peur désignée par le titre est double. Elle concerne en premier lieu la vengeance menée par le spectre de Mélissa, qui 20 ans après sa mort suite à un accident terrorise toute la population de son village, coupable à ses yeux de ne pas avoir répondu à ses appels à l’aide. Et puis elle souligne également
 la note d’intention de Mario Bava, qui avec ce film tient avant tout à terroriser son public. Et quoi de mieux pour se faire, que de représenter la mort sous les traits avenants d’une fillette aux longs cheveux blonds (qui est en réalité jouée par un petit garçon). Mario Bava soigne à dessein toutes les apparitions de Melissa. La plus réussie étant celle qui la montre les mains appuyées contre la paroi d’une vitre, fixant imperturbablement sa prochaine victime. A cela s’ajoute les rires enfantins de la fillette à chacun de ses déplacements, qui accentue le décalage entre son faciès cadavérique et ses attitudes encore empreintes de toute l’innocence de la jeunesse.

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Visuellement splendide, Opération peur n’arrive jamais à dépasser son statut de bel objet. La mécanique de la peur ne fonctionne qu’en de trop rares occasions, en grande partie grippé par le couple Esway-Monika, qui est aussi transparent que le teint de Mélissa est livide. Mario Bava signe un film sans doute trop classique et trop sage, dénué de l’inventivité dont son auteur fera preuve pour ses gialli, que ce soit les plus réussis (La Baie sanglante, Une hache pour la lune de miel), ou ses moins bons (L’Ile de l’épouvante).

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