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Casino Royale – Martin Campbell

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Casino Royale. 2006.
Origine : Royaume-Uni / Etats-Unis
Genre : Action
Réalisation : Martin Campbell
Avec : Daniel Craig, Eva Green, Mads Mikkelsen, Giancarlo Giannini…

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Casino royale se veut à la fois un retour aux sources du personnage principal et un nouveau départ. Sa mission pour cette année 2006 : contraindre le chiffre, un boursicoteur s’attachant les services d’experts en explosifs pour réaliser des coups juteux en bourse, à demander la protection du MI6 afin de le faire parler. Pour ce faire, James Bond doit le battre au poker dans l’enceinte du fameux Casino Royale situé au Monténégro.

La série des James Bond est vraiment un cas à part dans le paysage cinématographique. Voilà une série qui perdure depuis plus de 40 ans, qui a connu pas moins de cinq acteurs différents dans le rôle du célèbre agent secret, qui a été souvent parodié, dont les films flirtent avec la médiocrité depuis près de 30 ans, et qui pourtant attire toujours autant les foules. Depuis les années 60, époque de sa naissance, James Bond sauve le monde avec une belle énergie, traversant les décennies en suivant scrupuleusement la même recette : action, exotisme et jolies filles. Au gré des époques et de la concurrence, seul le dosage de ces ingrédients changeait. Au milieu des années 80, le temps est venu d’envoyer Roger Moore en maison de repos. L’occasion était trop belle de s’écarter enfin de l’espionnage bon enfant instauré sous son ère, et de coller davantage à la réalité des années 80. Le temps de deux films, Timothy Dalton tente vainement d’incarner un James Bond plus violent et monolithique, remisant l’humour au placard (ou presque). Peu convaincus, les producteurs patientent jusqu’à la moitié des années 90 pour ressusciter l’agent 007 tout en prenant en compte les changements géopolitiques. Bien que traité de dinosaure tout au long de sa nouvelle mission, James Bond parvient une nouvelle fois à triompher et à prouver aux yeux de tous qu’il reste indispensable à la sauvegarde du monde libre et le renflouement des caisses.

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Bon an, mal an, nous arrivons aux années 2000, décennie qui fait la part belle aux remake et aux reprises de franchises. James Bond ne déroge pas à la règle et bénéficie d’un relifting qui devrait lui permettre de hanter nos écrans pour encore quelques dizaines d’années. C’est à Martin Campbell qu’incombe la lourde tâche de dépoussiérer une fois pour toute le mythe de l’agent du MI6, celui-là même qui avait relancé la série en 1995 avec Goldeneye. A l’époque, il s’agissait encore de procéder à des changements dans la continuité tandis qu’avec Casino Royale, sa tâche consiste à poser de nouvelles bases susceptibles d’attirer un nouveau public tout en conservant le contingent des fans purs et durs. Et pour ce faire, il n’ y a rien de mieux qu’une remise des compteurs à zéro.
C’est ainsi qu’à l’instar de Batman tout récemment, James Bond fait ses maladroits débuts sous nos yeux. Le prégénérique nous offre même l’occasion d’assister à l’obtention de sa licence de tuer. Avec son physique de footballeur américain, Daniel Craig campe un James Bond mal dégrossi, tout en muscles et encore prompt à céder à son impulsivité. Comme l’atteste la course poursuite à Madagascar, James Bond est un bulldozer qui fonce tête baissée sur son objectif, sans se soucier des répercussions de ses actes. S’il parvient toujours à ses fins, ses méthodes restent antinomiques de la discrétion requise lorsqu’on œuvre pour les services secrets. En fait, nous avons à faire à un garnement extrêmement naïf, quoique prometteur, que couve jalousement (sa) M(aman). D’ailleurs, à son propos, le bât blesse. Réembaucher Judi Dench pour incarner M est une erreur dans la mesure où, la série ayant toujours respecté un semblant de continuité, il apparaît étrange de la voir aussi maternelle avec 007 alors que 10 ans auparavant, elle le considérait comme fini et complètement à la ramasse. Quitte à tout recommencer, autant faire appel à une autre actrice pour le rôle. Habitués à un James Bond raffiné, élégant et professionnel, ce changement a de quoi dérouter. Pourtant, jusqu’à la partie de poker, il faut reconnaître que tout cela est relativement bien géré. Ensuite, cela se gâte quelque peu. Sans doute parce qu’une partie de poker n’est pas à même de captiver le public, celle-ci se voit entrecoupée de scènes d’action. Tout s’emballe subitement. En un rien de temps, James Bond casse le figure à de vilains messieurs, survit à un empoisonnement, à un accident de voiture, et à une séance de torture plutôt couillue. Là-dessus, se greffe la présence totalement anecdotique de Felix Leiter et, surtout, l’idylle avec Vesper Lynd, la charmante comptable chargée de garder un œil sur l’argent prêté gracieusement à James Bond. Les coups de foudre ont beau être monnaie courante au cinéma, celui-ci a du mal à passer tant il sonne faux. Un peu plus avant, j’ai comparé 007 à un garnement et c’est carrément à un garçonnet auquel nous sommes confrontés lors de cette romance. Il en oublie soudain toute prudence, communique son mot de passe à la cantonade (le prénom de sa douce, comme c’est mignon) et n’hésite pas à démissionner. D’accord, le but de l’entreprise est de nous faire découvrir l’homme qui se cache derrière le smoking, mais tout cela se fait trop rapidement et de manière bien trop maladroite pour que cela soit vraisemblable. Partant de là, toute la fin du film se déroulant à Venise sombre dans la médiocrité.

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Comparé aux deux épisodes précédents, Casino Royale rehausse considérablement le niveau de la saga. Martin Campbell a su relever le défi qui lui était proposé : relancer à nouveau la franchise tout en l’inscrivant dans l’air du temps, assurant ainsi la pérennité de l’agent 007 pour encore de nombreux films. James Bond est ainsi fait qu’il semble increvable. Un véritable caméléon qui, s’il n’impulse plus la tendance depuis longtemps, sait comme personne s’adapter aux nouvelles contingences du cinéma d’action. A la longue, on peut légitimement trouver cet entêtement lassant, mais comme le procédé permet aux producteurs de toujours engranger plus de dollars, ce n’est pas prêt de s’arrêter.

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