Le Maître d’armes – Ronny Yu

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Huo Yuan Jia. 2006.
Origine : Chine / Etats-Unis
Genre : Wu Xia Pian
Réalisation : Ronny Yu
Avec : Jet Li, Shido Nakamura, Betty Sun, Yong Dong…

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Je ne suis pas spécialement fan du genre, mais je ne crache cependant pas sur les films d’art martiaux quand ils sont bien faits. Et bien ce Maître d’armes va au-delà de tous mes espoirs. Bien plus qu’une série B vaguement sympa, le film est une claque dans la gueule et une bouffée d’air frais pour un genre coincé entre les trucs esthético-chiants type Hero et les Bessonades mal branlées qui faisaient honte à la carrière de Jet Li.
Oubliez donc tout ça, car c’est un Jet Li en grande forme qui nous revient là.
Il joue le rôle de Huo Yuan Jia, un personnage historique chinois fondateur d’une célèbre école de Kung fu et devenu un symbole pour la nation.

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Le film nous narre donc une histoire très classique, qui commence par l’intérêt que porte le jeune Huo Yuan Jia à la discipline, au grand dam de son père, maître de Kung fu, qui préfèrerais le voir étudier les lettres. Huo Yuan Jia suivra sa voie, devenant lui aussi un maître orgueilleux et avide de gloire. Mais bientôt il sera pris dans l’engrenage d’une vengeance violente et sans fin, ce qui lui ouvrira les yeux et le forcera à réaprendre des valeurs comme la sagesse et la justice…
Jet Li crève l’écran dans ce rôle de maître charismatique, ses combats sont magnifiques, mais surtout il prouve qu’il est un véritable acteur et arrive sans peine à rendre vrais et intenses les moments les plus dramatiques. Voir enfin Jet Li dans un rôle qui lui rend pleinement justice fait plaisir à voir. Mais si le film dispose d’une tension dramatique et d’une morale certaine, l’essentiel est quand même composé de combats, forcément. Hormis quelques rares fautes de goûts, Ronny Yu filme tout ça très bien, de manière classique et efficace, loin des effets de style à la Matrix. Tout est très rythmé. Les plans s’enchaînent de manière assez rapide et nerveuse, mais l’action reste très lisible, et surtout le réalisateur insère quelques beaux plans larges qui permettent d’apprécier pleinement les performances des combattants. Saluons également le très bon travail du chorégraphe Yuen Wo Ping, qui a été très inspiré et nous offre des combats très variés et originaux. Sabres, lances, combats à mains nues, sur un ring, sur une plate forme suspendue à 10 mètres de haut, dans un restaurant… le film alterne tout types de combats, oppose différents adversaires : d’autres maîtres de kung fu, un catcheur, un japonais… et surtout le film se termine par un sublime combat déjà mythique entre Jet Li armé d’un nunchaku à trois branches et son adversaire japonais muni d’un sabre. Signalons enfin une violence des combats à la fois jouissive et réaliste.

Bref ce Maître d’armes est une excellente surprise, un film dynamique, rythmé et qui possède une histoire intéressante. A ranger entre Il était une fois en Chine et Fist of Legend !

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4 réflexions sur “Le Maître d’armes – Ronny Yu

  • 14 septembre 2020 à 18 h 39 min
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    Lors de sa sortie au cinéma, j’étais allé le voir et j’ai pas eu l’impression qu’il a été bien accueilli. Il était un peu sorti sur le tard par rapport au retour de la mode des films de kung fu avec Tigre et Dragon qui a profité du succès de Matrix, pour faire découvrir le genre aux public américain, ce qui étrangement a fait plus de mal que de bien, se caricaturant avec des Tai chi Master, Le Secret des poignards volants, etc

    Pour Le Maître d’armes, j’ai beaucoup aimé ce film, et je me rappelle de la montée des piloris de bois pour atteindre la plateforme, qui m’avait bluffé tant Jet Li avait l’air de le faire avec une facilité naturelle loin du tout CGI dans la bande annonce Wonder Woman 1984.

    Il y a aussi une autre scène qui m’a marqué, c’est la scène de la rizière où Huo Yuan Jia sème des pousses de riz à vitesse grand V, et tout content de lui va voir sa collègue pour lui dire qu’il a terminé, mais en fait il a fait n’importe quoi, et doit tout recommencer. Son travail servant plus a faire un travail sur soi, en apprenant la patience et la modestie que la recherche de la performance.

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    • Bénédict Arellano
      15 septembre 2020 à 6 h 59 min
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      On sent votre impatience à découvrir ce Wonder Woman 1984. A la décharge de Gal Gadot, elle ne dispose pas du même bagage technique que Jet Li. Et puis ce il ne s’agit pas du même type de production.

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  • 15 septembre 2020 à 18 h 07 min
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    C’est vrai mais dans la bande-annonce, on retrouve cette scène où l’on voie des amazones courir sur des piliers de bois, qui fait très fake à l’opposé de la grâce d’un Jet Li qui les montre sans artifice dans Le Maître d’arme.

    Je suis pas trop impatient de voir Wonder Woman 1984, mais le méchant incarné par Pedro Pascal, un acteur que j’apprécie beaucoup, m’a l’air assez charismatique et dans Kingsman 2, il a su tirer son épingle du jeu, malgré la mise en avant d’un Channing Tatum assez fadasse, et de Jeff Bridges, qui nous refait un peu son personnage dans True Grit.

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  • Bénédict Arellano
    16 septembre 2020 à 9 h 15 min
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    Compte tenu du sort de son personnage, Channing Tatum tient davantage de la guest que de l’acteur mis en avant dans Kingsman 2. Mais ne digressons plus.

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