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Les Contes de la crypte 4-05 : Le Concours – Stephen Hopkins

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Les Contes de la crypte. Saison 4, épisode 05.
Beauty Rest. 1992.
Origine : Etats-Unis
Réalisation : Stephen Hopkins
Avec : Mimi Rogers, Jennifer Rubin, Kathy Ireland, Buck Henry…

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A courir en vain les castings depuis 10 ans, Helen (Mimi Rodgers) commence à perdre patience. Elle ne supporte plus d’essuyer camouflet sur camouflet alors que dans le même temps, tout sourit à sa colocataire Joyce (Kathy Ireland), apprentie actrice comme elle. Après un énième échec au profit de Joyce pour devenir l’égérie d’une marque de parfum, Helen craque. Elle inflige une dose mortelle de somnifère à sa colocataire et court participer à sa place à un concours de beauté dont l’issue, truquée, lui offrirait enfin la reconnaissance tant espérée.

Toujours sans projet depuis Predator 2, Stephen Hopkins trompe l’ennui en poursuivant sa participation aux Contes de la crypte suite au généralement apprécié Abra Cadavra, le quatrième épisode de la troisième saison. Aux bisbilles fratricides succèdent les chausse-trappes entre apprenties actrices dans le monde merveilleux des castings, un milieu que Stephen Hopkins dépeint avec la bonne dose d’ironie d’usage, et ce dès l’entame du récit.
Le Concours s’ouvre sur les essais qu’Helen effectue pour le spot publicitaire d’un parfum pour femmes, subtilement baptisé « ballbuster » (autrement dit casse-couilles). La réclame de ladite fragrance repose sur un laïus aux atours hypocritement féministes, lequel renvoie Helen à son quotidien. Dans ce monde régit par les hommes, elle tente d’avancer la tête haute, sans jamais céder aux compromissions, fustigeant toutes ces Marie-couche-toi-là qui pour percer au plus vite ne rechignent pas à se donner corps et biens. Helen a sa dignité. Une dignité nourrit par la haute opinion qu’elle a d’elle-même. A l’inverse de toutes ces jeunes écervelées qui n’ont d’autre talent que celui de leur physique, Helen estime être douée. Et elle aimerait bien un petit coup de pouce du destin pour que son talent éclate à la face du monde. Facétieux, ce dernier s’ingénie à l’enfoncer toujours davantage, au point qu’elle en nourrisse une paranoïa aiguë à l’encontre de sa colocataire. Plutôt que s’en faire une alliée, elle s’en fait une ennemie, Joyce incarnant à ses yeux tout ce qu’elle exècre (l’arrivisme au premier chef). Loin de se servir de ses échecs pour se remettre en question, Helen développe un délire de persécution derrière lequel elle cache fort opportunément ses propres manquements. Ses beaux principes ne survivent pas longtemps à l’opportunité qui se présente à elle. Mais à mesure qu’elle approche de son Graal, le sol se dérobe sous ses pieds, jusqu’à un rebondissement final pour le moins déconcertant dans sa manière de soudain tremper dans une horreur surréaliste. Davantage que le choc graphique de cette ultime vision d’horreur, qui conserve Helen dans sa beauté fanée, c’est le sadisme sous-jacent que l’on en retient. Sans être révolutionnaire dans sa vision du show-bizness, Le Concours distille néanmoins un léger malaise rétroactif à l’aune de cet étalage de femmes au mépris de toute considération éthique. Elles ne sont ni plus ni moins dépeintes que comme de la chair fraîche que l’on exhibe au bon vouloir du public, une monnaie négligeable car abondante avec laquelle il est inutile de prendre de gants. Il se dégage de l’épisode un côté bêtes de concours que Stephen Hopkins ne se prive pas d’appuyer, jusque dans ses aspects les plus glauques, qui ont cependant le tort d’apparaître trop tardivement.

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Trop classique dans sa forme comme dans son déroulement, Le Concours souffre en outre de la présence d’un personnage principal assez fade. Dans la litanie des personnages pathétiques que la série nous propose régulièrement, Helen manque de fantaisie. On ne la suit que par la force de l’habitude, avec pour seule curiosité de savoir à quelle sauce elle va être mangée. Reste le plaisir de retrouver dans un second rôle Jennifer Rubin, l’attachante punkette des Griffes du cauchemar.

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