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Resident Evil – Paul W.S. Anderson

Resident Evil. 2002.

Origine : États-Unis
Genre : Horreur chirurgicale
Réalisation : Paul W.S. Anderson
Avec : Milla Jovovich, Michelle Rodriguez, Eric Mabius, James Purefoy, Colin Salmon, Stephen Billington.

Nous pouvons toujours gloser pendant des heures, cela ne changera en rien ce triste constat : le cinéma n’est plus qu’une machine à faire de l’argent, avide du moindre sujet fédérateur. Et qu’il en soit réduit à se mordre la queue plus souvent qu’à son tour ne l’affecte en rien. A la base, Resident Evil est un jeu vidéo au succès foudroyant et planétaire, qui paie son tribut à George Romero et à sa trilogie des morts-vivants (Land of the dead n’avait pas encore vu le jour). Le brave George qui, constamment réduit à sa seule trilogie, est contacté en vue de réaliser l’adaptation cinématographique du jeu. Son traitement ne satisfait personne et il est donc débarqué au profit Paul W.S. Anderson, qui a l’avantage d’être un adepte des jeux vidéos en général, et de Resident Evil en particulier. Et puis les producteurs n’oublient pas qu’il a également réalisé Mortal Kombat, autre adaptation d’un jeu vidéo, dont les rentrées d’argent furent conséquentes. Il a toute latitude pour réaliser le film qu’il souhaite, en l’occurrence une préquelle aux événements vécus dans le jeu Resident Evil.

Alice (Milla Jovovich) se réveille toute contusionnée au fond de sa douche. Le réveil est difficile, elle ne se souvient de rien (ou si peu) et erre dans un immense et curieux manoir. Soudain, un commando encagoulé débarque dans le manoir et l’entraîne à sa suite dans les sous-sols de la bâtisse. Direction le hive, énorme complexe souterrain de recherches scientifiques, dont l’alarme s’est enclenchée sans que quiconque n’en connaisse la raison. Nous autres spectateurs possédons un temps d’avance sur eux, puisque nous avons assisté au drame. Tous les employés ont été sacrifiés par l’ordinateur gérant la sécurité du site, suite à la propagation d’un virus particulièrement corsé.

L’action est posée, et elle se limitera aux coursives de l’immense centre de recherches. Qui dit huis clos, dit nombre restreint de personnages. Ici, on en compte dix : les sept membres du commando et trois civils, dont Alice. Cette dernière, amnésique, retrouvera petit à petit la mémoire, et surtout des réflexes d’autodéfense insoupçonnés (dans la droite lignée de Michael Biehn dans Timebomb) qui lui permettront de briguer le statut d’héroïne de l’histoire. Une aubaine pour elle qui, sans eux, se serait retrouvée bien démunie face aux épreuves qui l’attendent. Paul Anderson joue la carte de la patience. D’abord, il confronte les membres du commando aux terribles défenses de la reine rouge, nom de l’ordinateur qui chapeaute la sécurité du site. Il s’agit pour lui d’une bonne mise en jambe, et d’un moyen efficace pour éliminer la moitié des membres du commando lors d’une scène au gore chirurgical. Premier constat que l’on peut établir à mi-parcours, Resident Evil ne se veut pas dérangeant. Paul Anderson ne perd jamais de vue son objectif, plaire au plus grand nombre. Cela passe forcément par des scènes d’horreur plus graphiques que sanglantes, et au grand jamais perturbantes. Le tout, sur fond de l’horrible musique composée par Marylin Manson, star pour adolescents en mal de rébellion. A mon sens, un film d’horreur doit nous prendre aux tripes, nous inspirer une peur viscérale. Resident Evil n’y parvient jamais, épousant la forme d’un film d’action classique.

Une fois la reine rouge mise hors d’état de nuire, le film démarre vraiment avec sa horde de morts-vivants enfin libres de leurs mouvements. Là, le parti pris du réalisateur s’avère fortement dommageable. Première faute de goût, des morts-vivants aux faciès retouchés par ordinateur, ce qui annihile totalement leur aspect repoussant, au profit du ridicule. Deuxième faute de goût, la mise à mort des humains. Les morts-vivants se contentent de quelques morsures éparses sur leurs victimes, puis les submergent pour qu’on ne distingue plus rien du sort qu’ils leur infligent. Ce qui occasionne des situations du plus haut comique. Ainsi, le soldat Rain (qui bénéficie de la piètre prestation de Michelle Rodriguez. Une de plus !), se fait grignoter un peu plus à chacune de ses rencontres avec les morts-vivants. Un autre fait mine de se suicider pour éviter les souffrances que ne manqueront pas de lui occasionner les zombies, puis se ravise car c’est un soldat, un vrai ! Tout cela trahit une très mauvaise gestion des personnages de la part de Paul Anderson. En en éliminant quatre d’un coup, il se retrouve condamné à ruser et à laisser pour mort certains personnages, pour mieux les faire revenir au moment opportun. Cela témoigne aussi des facilités d’un scénario, par ailleurs fort linéaire. L’introduction de l’amnésie de deux personnages sert de prétexte à quelques flashbacks dont la finalité est de conférer un peu d’épaisseur à des personnages jusque là à peine esquissés, et qui ne concernent que les civils du récit. Un procédé bien peu concluant, et qui ne nous épargne pas l’affrontement final, inhérent à ce type de jeu vidéo, entre l’héroïne et la grosse créature de fin de niveau, réputée increvable et qui s’avère au final bien peu enquiquinante.

Paul Anderson peut s’estimer satisfait, pas tant par la qualité de son film, que par l’argent engendré. Son Resident Evil a suffisamment attiré les foules pour qu’une suite soit envisageable. Ça tombe bien, il avait anticipé le coup, le film se terminant sur l’image d’Alice, l’arme au poing, au milieu d’un paysage de désolation. Les morts-vivants ont rejoint la surface de la terre et mènent la vie dure aux vivants. Cela ne vous rappelle rien ? A force de se mordre la queue avec une telle force, le serpent va finir par ne plus en avoir. A ce moment là, nous serons peut-être en mesure d’espérer des projets plus enthousiasmants.

Une réflexion sur “Resident Evil – Paul W.S. Anderson

  • Critique un peu dure de Benedict Arellano, mais sur laquelle je suis d’accord sur un point : Resident Evil n’est pas un film d’horreur mais un film d’action fun avec une ambiance et un décorum de film d’horreur. La musique du film apporte un plus avec cette ambiance. Resident Evil est un véritable plaisir coupable. On sent que Paul Anderson s’est fait plaisir et par la même occasion nous fait plaisir. La scène du couloir piégé avec le laser était un moment de tension, génial et rythmé qui m’a fait croire à la survie du personnage de Colin Salmon alors que finalement non. Petite anecdocte amusante, il subira le même sort dans Alien Vs Predator, victime d’un piège d’un Predator belliqueux.

    Tout le film est à l’image de cette scène, et chaque menace vient remplacer la précédente en tension et nervosité. Michelle Rodriguez est badass, Milla Jovovich est crédible tant en personnage en apparence fragile qu’en combattante qui défonce des zombies à la pelle. Les effets spéciaux font le taf, même si c’est assez aseptisé, mais sachant que le but de la licence était de capitaliser sur le succès des jeux vidéos sans trop aller dans le gore, le film se débrouille bien en inventant une histoire éloignée de celle des jeux vidéos.

    Paul Anderson peut être fier de ce qu’il a réalisé, il est sans aucun doute le meilleur réalisateur à offrir un spectacle fun a partir d’une licence et de l’univers des jeux vidéos.

    Vous voulez voir un combat entre un Alien et un Predator, il a fait Alien Vs Predator.

    Vous voulez voir la grande œuvre de Dumas version steampunk, il a fait son Les 3 mousquetaires.

    Vous voulez voir Mario Kart version Carmageddon, il réalise Death Race.

    Vous voulez voir la suite de Blade Runner et pas le film somnifère de Denis Villeneuve, il a réalisé Soldier avec Kurt Russell.

    Vous voulez voir Hellraiser dans l’espace façon Alien, il réalise pour vous Event Horizon.

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