CinémaHorreur

L’Aube des zombies – Frank Agrama

aubedeszombies

Dawn of the Mummy. 1981

Origine : Etats-Unis / Egypte 
Genre : Horreur 
Réalisation : Frank Agrama 
Avec : Brenda King, Barry Sattels, George Peck, Joan Levy…

Certes, le titre “L’Aube des Zombies” peut se traduire en anglais par “Dawn of the Dead”, mais ceci dit n’en tirez pas de conclusions hâtives : il n’y a pas que des zombies, ici, il y a aussi une momie. C’est même le vilain principal du film, et le titre en version originale, Dawn of the Mummy, le montre bien, tout en sachant mettre en avant le côté Romero de l’œuvre de Frank Agrama, cinéaste américain d’origine égyptienne à qui l’ont doit aussi Queen Kong, dont il s’agit d’ailleurs ici du dernier film en temps que réalisateur (le bonhomme s’est depuis reconverti dans la production).
L’histoire est en tout cas fort simple : en Égypte, de vilains pilleurs profanent le tombeau d’une momie qui végétait là avec son trésor depuis quelques 5000 ans. Alors évidemment, la malédiction va frapper, la momie va se relever pour se venger des pilleurs, mais aussi d’une bande de photographes et de mannequins qui eurent l’idée malencontreuse de faire des photos dans le tombeau. Et attention, cerise sur le gâteau : la momie n’est pas revenue toute seule, puisque toute une horde de zombies, ses serviteurs du temps de sont vivant, est venu l’épauler !

Tourné partiellement en Égypte (en gros les scènes d’extérieur en Égypte et les scènes d’intérieur aux décors carton-pâte aux États-Unis) avec autant de techniciens égyptiens que des américains, L’Aube des Zombies passe le plus clair de son temps à être un slasher bien dans la tradition des Vendredi 13, avec la momie dans le rôle du tueur. Vieille folle qui avertit nos personnages principaux de la malédiction qui les guette, vision subjective, meurtres intervenant lorsque l’un des membres du casting a la fâcheuse idée de s’isoler, découvertes macabres, tous les clichés sont présents. Y compris l’une des pires tares du slasher, à savoir l’ennui né d’un excès de bavardages sans intérêt par des acteurs au talent relatif incarnant des personnages à la profondeur limitée. Vous imaginez bien que les pillards sont des salopards, que les mannequins ne brillent pas par leur intellect, et que les égyptiens du coin sont de gentils petits sidekicks comiques qui auraient aussi bien pu sortir du sketch des Nuls, “Hassan Cehef, c’est possible”. Alors évidemment, puisque le film tend fortement à s’attarder sur tous ces gens, on finit par souhaiter que la momie et ses amis zombies viennent leur faire ravaler leurs extraits de naissance au plus vite. Mais bon, après 5000 ans de sommeil, forcément, les muscles sont un peu rouillés, donc il faut attendre un peu. La momie guette, se rince un peu l’œil lorsque des écervelées s’adonnent au bain de minuit (on notera ici des sources lumineuses sur le lac qui n’ont rien à foutre là), tandis que les zombies affichent une certaine mauvaise volonté en restant couchés sous le sable. Donc pendant facilement une heure, nous avons droit à beaucoup d’avertissements et de plans plus moins menaçants (Agrama se met parfois en tête de faire des plans recherchés avec décadrages intempestifs). En somme, beaucoup de prétentions pour peu de résultats, si ce n’est quelques bougres manquant de chance qui se font avoir comme des bleus.

Heureusement, la fin délaissera le slasher pour loucher davantage sur le Zombie de Romero. Les zombies se sont enfin réveillés, ils sont énervés, et vont investir un village pour y bouffer tout ce qui passe. Ce ne sont pas encore les zombies qui courent que l’on peut voir à notre triste époque, mais on s’en rapproche. Enfin bref, ce final sera gore, et le réalisateur ne manquera pas de complaisance pour ses effets sanguinolents, au demeurant très bien faits. On n’en dira pas autant pour le look des zombies, qui sur certains spécimens laisse à désirer. Peut-être la momie avait-elle bouffé tout le budget, tant son aspect à elle s’avère réussi (et Agrama n’en n’est pas peu fier, puisqu’il lui consacre beaucoup de gros plans et de plans d’ensemble en pleine lumière).
Ce sympathique final justifie en tout cas la vision de L’Aube des Zombies, qui à défaut d’originalité et de rythme peut au moins se targuer d’être plus gore que la moyenne, et de dépasser son concurrent européen, le nullissime quoiqu’assez marrant Abîme des Morts-Vivants, de Jess Franco, qui sera tourné deux ans plus tard.

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