Fanboys vs zombies – Sam Humphries, Jerry Gaylord

Fanboys vs zombies. 2013-2014

Origine : États-Unis
Genre : Comics geekorrifique
Auteurs : Sam Humphries (Scénario) / Jerry Gaylord (Dessin)

Les zombies attaquent San Diego ! Lors de la célèbre Comic-Con de San Diego (la plus grande convention annuelle de comics au monde), un groupe d’amis venus passer du bon temps et rencontrer leurs stars préférées doit faire face à une attaque de zombies ! Chaque instant devient une question de survie. Mais qui mieux que des geeks, fans irrécupérables de culture populaire, nourris de cinéma, de jeux vidéo et de BD, pour faire face à une telle menace ?

Après les vampires (Crimson), les démons (Out There) terminons notre visite de l’univers des comics pseudo horrifiques dans le monde des zombies. Cette fois ci je ne partirai pas sur un comics signé Ramos même si celui-ci nous offre une petite apparition via les couvertures de la série…  Fanboys Vs Zombie est un savant mélange entre Walking Dead, Shaun of the Dead ou Fanboys pour l’aspect potache et Paul pour les nombreuses références geek (Trois nichons, ça, c’est énorme !). Fanboys Vs Zombies est une série pondue une fois encore par un label peu connu mais arrivé en France dans une version de qualité que je vais prendre plaisir à vous chroniquer !

le SDCC ou San Diego Comic Con rassemblement geek par excellence

Commençons par situer le théâtre de nos aventures : Le Comic-Con de San Diego.  Nommé à sa naissance en 1970 Golden State Convention Comic Book, puis San Diego Comic Book Convention, ce rassemblement des amateurs de comics et des geeks se tient traditionnellement au cours de l’été à San Diego. Cette convention est un incontournable rendez-vous pour les assidus de séries TV, comics, cinéma et j’en passe, pour donner quelques chiffres : 130 000 personnes s’y rendent en moyenne et la convention rapporte à la ville pas loin de 150M de $. Si je vous ai parlé de Paul, le film avec Nick Frost et Simon Pegg, c’est aussi parce qu’il se déroule à la SDCC.

Donc comme tout fan qui se respecte, les jeunes héros de Fanboys Vs Zombies ont pris le chemin de cette phénoménale convention. Et voici que l’improbable se produit : la réalité dépasse la fiction, le plus grand rendez-vous au monde consacré à la pop culture américaine se retrouve assailli par des zombies ! Pour ces adulescents, se retrouver face à cette menace alors qu’ils ont passé la majeur partie de leur existence nourris aux séries télé, au ciné, aux jeux vidéo et BD, c’est les mettre devant une armée de morts vivant équipés d’un guide de survie sur mesure.

Que le carnage commence.

Un scénario ? Quel scénario ? on parle de zombie baby…

Soyons clair dès le départ, mieux vaut être geek pour apprécier ce comics. Le scénario ne vous offrira pas une grande histoire digne d’un roman de Tolkien ou Asimov, il est d’une simplicité déconcertante : une réunion de vieux potes, une invasion de zombies et un poil de relations contrariées. Mais si le scénario pêche par son manque de profondeur, les nombreuses références geeks rattrapent largement le coup en nous “obligeant” à nous remémorer d’où vient cette phrase placée innocemment dans un dialogue voire une mise en scène lors d’une case qui rappelle un plan de film connu… Vous l’aurez compris, on oublie largement le scénario et sa facilité pour s’intéresser à tous ces clichés rappelant la pop culture qui nous a bercé durant des années, par l’ambiance décalée digne de certains films hommages à l’univers geek (Shaun of the dead et Paul, une fois encore, en sont des exemples parfaits) et les héros totalement à l’ouest mais au final aussi attachant que Sammy dans Scooby Doo… Sam Humphries, le narrateur, nous lâche une histoire simple mais pas simpliste.

En conclusion, si le pitch reprend les classiques nanars du genre sans état d’âme, cette série est à double lecture par un trip débridé et drôle mais aussi par un ensemble de références accessibles au tout venant pour peu qu’il soit amateur. A voir comment vous voulez lire ce titre, comme un bouquin de l’été sur la plage qui ne restera pas dans les annales de la littérature ou comme un “où est Charlie ?” geek dans lequel chaque planche, chaque phrase mérite toute votre attention.

Allez pour en finir avec le scénario quelques références qui vous aideront à piger ô combien Fanboys Vs Zombies en est blindé :

Rob et son badge “Han shot first”
clin d’oeil avec Servoul et son auteur
Les guerriers du Rohan zombie hurlant “pour Winterfell”
l’épée de Cloud Strife en guise de hachoir à zombie.
Kevin Smith en mode Silent Bob zombie.
Amanda en mode lieutenant Ripley façon Cameron

Un graphisme totalement cartoon et déjanté comme le scénario

Si le scénario ne brille pas par sa profondeur mais nous offre une encyclopédie des références geeks, qu’en est-il du graphisme ?

A l’image du scénario le graphisme est à 2 niveaux : il faut savoir que Jerry Gaylord est un quasi-inconnu du milieu. Aperçu uniquement auparavant sur New Crusaders : Legacy, le dessinateur se cherche encore dans son style et son travail risque de souffler le chaud et le froid parmi le lectorat. Le premier numéro m’a rappelé le travail de Rob Liefeld sur X-Force et ce n’est pas un compliment. Des backgrounds souvent vides et des personnages figés dans une mise en page très voire trop classique sans dynamisme aucun. Clairement, il faut s’accrocher durant les premières pages pour apprécier Fanboys à sa juste valeur. Heureusement la fin de ce premier arc montre la progression du jeune dessinateur.

Une fois passé le cap de la moitié du premier tome, Jerry Gaylord commence à se sentir à l’aise et montre la qualité de son style cartoon, ce n’est pas le top mais c’est suffisant en tout cas pour nous donner l’envie de prendre le second tome de la série. Bref, et tant mieux pour le titre, les personnages et leurs expressions sont parfaitement représentés par Jerry Gaylord dans un design proche de l’animation et ça matche pour qu’on oublie le reste. 

Série Z ou série B ?

Bon il ne faut pas se mentir, Fanboys VS Zombies n’est certainement pas le titre qui mérite une place au panthéon des comics, nous sommes loin des titres d’Allan Moore, des scénarios de Miller ou Claremont, du dessin d’un Romita (Sr ou Jr les deux sont doués). Et pourtant, il vaut le coup pour la simple et bonne raison qu’il représente un genre qui manque dans nos étals : la lecture récréative. Si on regarde la production actuelle, que voit on ? Des titres aux scénarios souvent très voire trop sérieux et surtout à rallonge. Je suis fan de Marvel et des X-Men ou Spiderman mais j’ai de plus en plus de mal avec leurs crossovers.

Depuis une dizaine d’année (et je suis gentil) les scénarios comics se suivent et se ressemblent niveau éditorial : résurrections de méchants ou retours alambiqués, arrivée de nouveaux personnages ressemblant comme des clones à d’autres plus connus, Crossover remettant à plat “l’univers” et on recommence… Imaginez un “jeune” lecteur arrivant face à la production DC/Marvel, je suis sûr qu’il se retrouve perdu et abandonne toute idée de suivre la totalité des aventures du héros qu’il a découvert au cinéma.

Si certains titres sont une claque dans la face, ici on y va à la chaise en pleine tronche version WWE

Avec ce titre (et d’autres que je vais essayer de chroniquer), le lecteur prend une bouffée d’air frais. Nous retrouvons un mélange atypique entre le style comics, les dessins animés actuels et un format proche d’une BD européenne. Fanboys Vs Zombies est un titre qui va vous occuper pendant une heure ou deux (simple lecture ou étude approfondie du milieu geek), le temps d’un trip halluciné en compagnie de héros d’un genre très particulier.

Au final, on se marre et finalement on passe un bon moment. Que demander de plus d’une BD ou d’un comics ?

Et cerise sur le Mc Do (comics oblige), Glénat a pensé à agrémenter son édition ajoutant les différentes versions des numéros sortis aux États-Unis à la fin du livre et croyez-moi c’est une cerise de compétition car les couvertures vous rappelleront bien des souvenirs.

 Couverture du tome 2 de Glénat qui rappellera de belles heures passées devant la TV

Michaël Rocle

Michaël Rocle

Tout aurait pu commencer par une belle journée ensoleillée dans un lieu bucolique rappelant la petite maison dans la prairie avec une jeune fille se vautrant lamentablement dans les prés le sourire aux lèvres mais non... En fait la naissance de Mike se déroule dans la grisaille de la capitale du Champagne par des cris et de la douleur (un signe surement) car il est clair que la vie citadine n'est pas adapté à votre zéro tout comme le spiritueux aux bulles dorées. Bref le bambin ira s'épanouir à la campagne (finalement on retrouve la famille Ingalls) où le sale môme commence à s'intéresser aux comics et mangas.

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