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Histoires fantastiques 2-18 : Surprenant voisinage – Graham Baker

Amazing Stories. Saison 2, épisode 18.

Such Interesting Neighbors. 1987.

Origine : États-Unis
Genre : fantastique
Réalisation : Graham Baker
Avec : Frederick Coffin, Marcia Strassman, Ian Fried, Victoria Catlin, Adam Ant, Ryan McWhorter.

La famille Lewise vient d’acquérir une maison flambant neuve dans un immense quartier pavillonnaire en construction. Elle est la première à occuper l’un de ses nouveaux logements, ce qui s’accompagne parfois de menues surprises. Un soir, les Lewise ressentent les secousses d’un tremblement de terre puis un énorme flash lumineux illumine leur salon. Et ils ne sont pas au bout de leur surprise puisqu’ils aperçoivent de la lumière dans la maison d’en face alors que celle-ci est inhabitée. Pour savoir de quoi il retourne, le père prend son courage à deux mains et jette un oeil à l’intérieur découvrant ses occupants. Le lendemain, il décide de faire bon accueil à ses nouveaux voisins et leur rend une visite officielle en compagnie de son épouse. Ils tombent tous deux sur des gens aussi charmants qu’étranges. Pendant ce temps, le fils Lewise farfouille dans leur poubelle et trouve un drôle d’appareil qu’il s’empresse de rapporter dans sa chambre. Il passe la soirée à le réparer et lorsqu’il l’allume, ce qui s’ensuit va dépasser leur entendement.

Pour les amateurs de cinéma horrifique, le générique de Surprenant voisinage relève du crève-coeur. Relatif, le crève-coeur, ne faisons pas non plus passer le réalisateur Graham Baker (La Malédiction finale, Pulsion homicide) et Tom McLoughlin, ici en tant que co-scénariste, (Nuit noire, Vendredi 13, chapitre 6 : Jason le mort-vivant) pour des sommités du genre. Et si Mick Garris, l’autre co-scénariste, s’est depuis auto-attribué le titre de Master of Horror, n’oublions pas qu’en 1987, sa carrière n’en était qu’à ses balbutiements et qu’il n’avait encore réalisé qu’un épisode de série télé sur… Histoires fantastiques (La Chaise électrique). Car bien que le bébé de Steven Spielberg n’ait jamais eu vocation à effrayer les familles, certains épisodes contenaient néanmoins des éléments susceptibles de perturber le sommeil des plus sensibles. L’existence de ces épisodes (L’Incroyable vision, Miroir, miroir, La Mauvaise tête voire Vous avez intérêt à me croire, liste non exhaustive) créé un précédent prompt à envisager davantage de noirceur au milieu de cet étalage de douceur. Mais ce n’est pas la voie qui a été choisie, notamment parce que ce scénario écrit à quatre mains est une adaptation qui se refuse à sortir des sentiers balisés. On retrouve ainsi des éléments typiques d’un certain cinéma américain des années 80 à base de quartiers pavillonnaires, d’enfants prodiges et d’un fantastique qui apparaît au coin de la rue.

Dans Surprenant voisinage, il est question de cet autre qui attire irrésistiblement l’attention, qui suscite une curiosité d’autant plus irrépressible que le contexte est celui d’un quartier en construction dont les Lewise sont les seuls habitants. La famille qu’ils découvrent en face de chez eux est un peu leur reflet par sa composition (un père, une mère, un fils) mais dans une version moins aboutie, comme sortie tout droit du magasin comme en atteste symboliquement la présence de l’étiquette sur le costume du « père ». Par leur comportement décalé, leur présence aussi soudaine qu’inexpliquée, ce jeune couple à l’enfant taiseux attire les regards mais n’engendre aucune défiance. Al Lewise, le chef de famille, n’a que de bonnes intentions à leur égard, cherchant tout à la fois à leur faire bon accueil et à rassurer son fils à leur sujet. Rejeton qui sera d’ailleurs à l’origine des bouleversements à venir par sa propension à se mêler de ce qui ne le regarde pas. Ce gamin, à l’aise un tournevis à la main, est symptomatique de ces enfants débrouillards qui ont pullulé durant les années 80 dans ce qu’on a résumé comme étant les films à la sauce Amblin. Un petit côté geek – Randy est très porté sur l’espace et ceux qui pourraient en venir – qu’on retrouve à travers de nombreux personnages d’enfants et d’adolescents croisés ici ou là au gré des épisodes de la série. Rien de bien original, donc, même si le récit a l’intelligence de ne pas se focaliser sur lui. Ça reste une histoire entre adultes dans un contexte science-fictionnel à base de voyages temporels. Randy n’est que l’élément déclencheur d’une situation qui aurait pu rapidement basculer dans le drame si la tonalité de la série n’était pas à ce point dominée par la recherche du merveilleux. Un merveilleux qui ne prête pas vraiment à conséquence puisque hormis quelques dégâts d’ordre matériel, les Lewise ne garderont rien d’autre de cet événement qu’un souvenir confus qu’ils ne pourront partager avec personne. Un épiphénomène à l’échelle d’une vie, et possiblement une leçon pour le jeune Randy : la curiosité peut être un bien vilain défaut.

Surprenant voisinage s’inscrit dans la moyenne des épisodes de cette deuxième saison, ni inoubliable ni foncièrement mauvais. Du travail appliqué qui aurait gagné à ce que son dénouement soit moins expédié. Cependant, à moins de s’appeler Steven Spielberg ou Robert Zemeckis, les épisodes ne peuvent dépasser la durée réglementaire de 25 minutes. Reste la vision cauchemardesque de ces maisons à perte de vue construites au milieu du désert au détriment de toute vision long-termiste. La présence de coyotes alentours ou de serpents à sonnette dans le jardin sonnent comme un avertissement, l’être humain n’a pas à vivre en ces lieux. Mais les considérations mercantiles n’ont que faire de ce genre de détails qui vus depuis notre époque n’en sont plus.

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