Théodore Poussin – Tome 2 – Le Mangeur d’archipels – Frank Le Gall

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Théodore Poussin
Tome 2 : Le Mangeur d’archipels
1987
Origine : France
Genre : Aventure
Dessins : Frank Le Gall
Scénario : Frank Le Gall
Editeur : Dupuis

 Préalablement édité dans le journal de Spirou, ce deuxième album de Théodore Poussin sort en même temps que le Capitaine Steene. Et si ce dernier était conçu comme un one-shot à la base, Le Mangeur d’archipels introduit définitivement l’idée d’une série.

L’album commence sur un paquebot, où un étrange individu, M. Martin, raconte à une passagère comment il a aidé un jeune homme poursuivi par son destin en 1928… On retrouve alors Théodore Poussin, cherchant toujours un moyen de rentrer en France, mais à nouveau embarqué dans des aventures qu’il ne contrôle pas ! C’est ainsi qu’il fait la rencontre de George Town, un étrange pirate, craint et redouté, mais qui prend en amitié le jeune aventurier, et finit par lui offrir un petit bateau, ” le mangeur d’archipels “…

Ce deuxième album est en tout cas bien supérieur à son prédécesseur, pourtant déjà très sympathique. On constate que le style de Frank Le Gall est beaucoup plus maîtrisé, tant au niveau du scénario que des illustrations.

L’histoire est plus directe que dans le premier album. Evidemment on ne tombe pas dans la linéarité et l’histoire est toujours riche en aventures, mais le scénario semble beaucoup mieux maîtrisé et moins chaotique. Il est vrai que l’histoire du premier opus semblait parfois “partir dans tous les sens”. Ici Poussin a un but bien définit, il s’agit de trouver un moyen pour rentrer en Europe. Pour cela il essaie tant bien que mal de gagner de l’argent en accumulant les petits travaux et les services pour les exploitants locaux. L’acquisition du Mangeur d’Archipels lui permettra de devenir le “colporteur” d’un commerçant hollandais, avant qu’un avocat, M. Martin ne l’engage… Le Mangeur d’archipels introduit donc de nouveau personnages, qui auront un rôle particulier vis-à-vis de Poussin. M. Martin évidemment, énigmatique avocat, qui aidera Poussin à se sortir des mauvais pas dans lesquels il se fourre, et surtout qui permettra de faire le lien avec le prochain album. George Town apparaît pour la première fois dans cet album également. Le pirate charismatique et ambigu croisera à nouveau le chemin de Poussin. Le Gall prend ici le parti de faire réapparaître ses personnages de manière récurrente, donnant à sa série la carrure et l’ambition d’une vraie “saga” à l’univers cohérent (même si l’auteur avoue qu’il rechigne à employer les termes “série” “cycle” ou “saga”). Quand même, l’intention est louable car elle permet de développer les caractères des personnages et de nous les rendre plus réalistes. Ainsi Le Mangeur d’archipels permet aussi à son auteur de lever un peu plus le voile sur le mystérieux Novembre, qui continue toujours de suivre Poussin. Toute fois son rôle reste encore très énigmatique, une bonne chose car cela ajoute encore du mystère et de l’intérêt à une histoire qui n’en manque pourtant pas.

Les dessins ensuite sont de bien meilleure qualité que dans Capitaine Steene. Le Gall trouve enfin le style qui convient à la série et fait des merveilles avec sa ligne claire qui oscille entre réalisme et style naïf. Les décors sont toujours aussi soignés et travaillés, et les personnages commencent à prendre l’aspect définitif qu’ils garderont tout au long de la série. De même les couleurs sont plus homogènes et mieux utilisées qua dans le premier volume. En somme les dessins ne servent plus simplement à illustrer l’histoire, mais transmettent une atmosphère. On ressent le climat et l’ambiance du récit à travers les dessins et les couleurs. Le ciel pesant, l’air chaud et humide de l’Indonésie, les mentalités européennes peu adaptées aux contrées exotiques, les survivances des langues et coutumes indigènes… tout ceci est autant retranscrit par le texte et le dessin. Et cela fait du Mangeur d’archipels une excellente bd d’aventures à la fois très réaliste et documentée et en même temps ludique et passionnante.

Et la bd se terminera par un procédé narratif très usité, mais ici des plus efficaces, c’est à dire une fin ouverte qui met l’eau à la bouche et donne envie de lire au plus vite la suite !

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