Cinéma Horreur

Vampire… vous avez dit vampire ? – Tom Holland

Ecrit par Loïc Blavier

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Fright Night. 1985.
Origine : Etats-Unis
Genre : Fantastique
Réalisation : Tom Holland
Avec : Chris Sarandon, William Ragsdale, Amanda Bearse, Roddie McDowall…

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Charley Brewster est un adolescent persuadé que son voisin est un vampire. Ce qui est vrai. Mais personne ne croit Charlie. Alors il va faire appel à Peter Vincent, une célébrité de la télé sur le déclin, un chasseur de vampires fameux. Un homme cynique, désabusé, et surtout effrayé, qui va avoir peur de croire Charley…

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Vampire… vous avez dit vampire ? est typique du meilleur de ce que les années 80 pouvaient nous proposer en terme de séries B, de films dont la carrière se réduisait souvent aux vidéo-clubs ou à la télévision. D’ailleurs, Tom Holland, le réalisateur (un futur habitué du genre, puisque depuis on lui doit le premier Chucky, quelques épisodes des Contes de la crypte, ainsi que des adaptations de King : Les Langoliers et La Peau sur les os) est parfaitement conscient du statut de son film. D’emblée, il place son scénario comme un élément pop : le personnage principal badine avec sa copine tandis que l’émission de Peter Vincent, le chasseur de vampires, passe à la télé. Ce n’est pas pour rien non plus que Charley va faire appel à Peter Vincent (le sympathique Roddie McDowall), et que celui-ci va l’aider à grand renforts de crucifix, d’ail et de toutes sortes de choses traditionnelles jusqu’à la caricature. Traditionnelles, mais pourtant placées dans un contexte purement 80s (l’esthétique vaut son pesant de cacahuètes, d’ailleurs). La description des jeunes, soit cinéphiles et imaginatifs comme Charley, soit rockers et déconneurs comme Evil Ed, soit typiques de l’étudiant moyen, comme Amy (Amanda Bearse, la Marcy de Mariés Deux Enfants) la copine de Charley, tout cela appartient à une galerie de personnages typiquement 80s, semblable à ceux de la saga majeure de l’époque : les Freddy. Mais ce n’est pas tout, il faut aussi des vampires, dans un film de vampires. Tout comme ses ennemis humains, le vampire en chef (joué par Chris Sarandon, vu dans le premier Chucky, et dont la voix est celle du célèbre Jack Skellington de L’Etrange Noël de monsieur Jack) est encore une fois un mélange de classicisme et de modernisme. Classicisme car il a toutes les faiblesses des vampires, ainsi qu’un côté aristocratique et décadent fort prononcé. Et moderne parce qu’il vit avec son pote qui est une goule (-d’ailleurs quelques autres monstres font acte de présence dans le film : loup-garous, extra-terrestres…-) dans une banlieue américaine type, et qu’il ne s’habille pas comme le premier Christopher Lee venu, mais comme un mec normal. N’oublions pas de parler de son antre, une maison macabre tout droit sortie des stéréotypes de maisons hantées (d’ailleurs la maison macabre dans une banlieue bourgeoise n’est pas sans annoncer Les Banlieusards de Joe Dante, de 1989, qui exploitera le filon pour en tirer une excellente comédie). Et revenons un peu sur Peter Vincent, un animateur télé désabusé, lassé du dédain du public envers les histoires horrifiques classiques, et qui va réagir comme il peut. Un peu comme plus tard l’oncle Fred du Gremlins 2 (1990) de… Joe Dante. Le nom Peter Vincent lui-même est un hommage aux vieilles productions fantastiques (Peter étant sans aucun doute employé pour Peter Cushing, et Vincent pour Vincent Price… même si j’ai personnellement une théorie à propos d’une éventuelle référence à David Vincent des Envahisseurs). Bref il s’agit d’un personnage appartenant au passé, qui semble fini. Comme les films qu’il défend, d’ailleurs. Sauf que via Charley, un cinéphile moderne, il va être « recyclé », comme toute l’imagerie qu’il représente, dans une sauce contemporaine, moins sérieuse, plus humoristique, mais en tout cas révérencielle. Une humilité qui contribue à l’attachement que le film procure.
En somme, tout l’esprit des films des années 80 est là : une démarcation du passé, un passé totalement respecté en tant qu’influence certaine, malgré un humour qui de toute façon ne verse pas pour autant dans la dérision. Derrière cela se cache en plus une histoire des plus sympathiques, avec donc un héros parano, un pote bout-en-train, une copine gênée, et un sous-Van Helsing en pré-retraite. La tentative de persuasion menée par Charley pendant une bonne partie du film donne lieu à un humour assez efficace, par tous les moyens employés et l’humiliation que le personnage s’inflige à lui-même et à son entourage. Mais une fois la vérité révélée, une fois les protagonistes à l’intérieur de la maison de Dandridge (le vampire, quoi) le film se transforme en un film d’aventure horrifique, avec obstacles à résoudre (la copine vampirisée -impressionnante, d’ailleurs-, l’homme/goule à combattre, le combat pour gagner du temps jusqu’au lever du soleil…). Le tout en très peu de temps, ce qui permet donc un rythme soutenu. Voilà ce que j’appelle un bon film.

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