Cinéma Comédie Science-Fiction

Men in Black – Barry Sonnenfeld

Ecrit par Jérémie Conde

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Men in Black. 1997.
Origine : Etats-Unis
Genre : Science-fiction
Réalisation : Barry Sonnenfeld
Avec : Tommy Lee Jones, Will Smith, Vincent D’Onofrio, Linda Fiorentino…

En 1997, le monde entier fait la connaissance des hommes en noir. Dans la mythologie ufologique, ces personnages sont liés aux apparitions d’extra-terrestres, apparaissant aux témoins afin d’être interrogés. En 1990, Lowell Cunningham crée le comic-book intitulé Men in Black. Histoire sombre et violente, elle met en scène des agents devant réguler les activités extra-terrestres sur la Terre.
Hollywood s’intéresse rapidement à cette histoire et décide d’en acheter les droits d’adaptation. Le côté sombre et violent est mis rapidement de côté. On veut réaliser un film drôle, limite parodique. Le résultat connaîtra un grand succès à la fois critique et public.

K (Tommy Lee Jones), est un man in black, un membre d’une agence non gouvernementale qui vise à réguler les activités extra-terrestres sur Terre. En effet, notre petite planète bleue est devenue une terre d’asile pour nombre de petits bonshommes verts qui d’ailleurs n’ont rien de verts, mais ont tous des allures différentes. D’ailleurs, parlons-en de suite, le travail des designers sur les petites et grosses bêbêtes est tout simplement excellent ! On ne se cantonne pas à une seule version des extra-terrestres, mais à plusieurs, avec toujours le souci de montrer qu’il y a de nombreuses et différentes espèces. Quant à leur allure sur Terre, cachés grâce à des artifices pour qu’ils ressemblent à des humains ou à ce qui est proche du terrien (chien, Michael Jackson, Dennis Rodman en version originale…).
Alors que le coéquipier de K a pris sa retraite, ce dernier cherche à recruter un petit jeune afin de le seconder dans ses missions. Sa rencontre avec un flic new-yorkais va le convaincre que c’est ce type qu’il lui faut. Will Smith devient J, la doublure de K qui découvre avec stupéfaction l’autre côté du miroir. Sitôt enrôlé, il doit sauver la Terre d’une menace sans précédent !

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Lors de sa sortie, MIB connaît un énorme succès. Avec Barry Sonnenfeld (La Famille Addams) à la baguette, les producteurs cherchent à donner une véritable identité à leur film. Spielberg à travers sa société Amblin Entertainment continue dans sa volonté de produire des films grands publics et ayant vocation à faire rire (Retour vers le futur, les Gremlins, Qui veut la peau de Roger Rabbit ?…), pour notre plus grand plaisir d’ailleurs. Car Barry Sonnenfeld n’est pas non plus un manchot. Ayant fait ses armes avec les frères Coen sur leurs premiers films où il excellait en tant que directeur de la photographie, le bonhomme connaît ses premières heures de gloire grâce à ses deux Famille Addams, films à l’humour noir qui connurent eux-aussi un large succès. Avec MIB, non seulement Sonnenfeld a l’occasion de travailler avec Spielberg le maître d’Hollywood, mais aussi avec le déjà vieux briscard Tommy Lee Jones et la toute nouvelle pépite des acteurs américains Will Smith. Ce dernier, déjà habitué aux gros films va former avec Tommy Lee Jones un duo surprenant mais terriblement efficace. Ainsi, la plupart des scènes comiques sont évidemment assurée par l’ex Prince de Bel Air, mais ce qui s’avère finalement le plus drôle, ce sont les échanges entre les deux personnages avec l’un terriblement sérieux et blasé et l’autre, toujours surpris et forcément à côté de la plaque. La recette n’est pas nouvelle mais est renouvelée intelligemment en associant deux acteurs que tout oppose. En effet, mis à part Batman forever où il joue un regrettable et pathétique Double Face, durant les années 90, Tommy est cantonné aux rôles sérieux ou de méchants. Sa composition dans Entre ciel et terre d’Oliver Stone ou celle dans Le Fugitif (qui lui vaudra l’Oscar du meilleur second rôle) place l’acteur parmi les grandes figures du cinéma. Les grands studios lui ouvrent leurs portes et le voici acceptant des rôles dans des films pas toujours très convaincants (Volcano par exemple). Mais dans MIB, il réussit la prouesse de ne jamais faire tomber son personnage dans la caricature alors que tout autour de lui pourrait le pousser à le faire. Sobre et sérieux, le décalage qu’il crée avec Will Smith est un des points clés de cette œuvre.
Quant à Will Smith, le parcours n’est évidemment pas le même. S’étant fait connaître dans la sitcom Le Prince de Bel Air dont il est le personnage principal, il connait la gloire avec Bad Boys, petit blockbuster réalisé à l’époque par le méconnu Michael Bay, pas vraiment intéressant mais qui propulse le duo d’acteurs (Martin Lawrence étant le second) ainsi que le réalisateur au sommet. Ce succès public apporte une réelle notoriété à Will Smith qui confirme avec Independance Day qu’on peut compter sur lui. Vient alors MIB qui sera pour lui la consécration ultime. Reste que le bonhomme est cantonné aux mêmes personnages. Et si on ne peut lui enlever qu’il est bon dans le burlesque, dans l’humour, les scènes les plus graves ne sont pas toujours (à l’époque) d’une franche réussite.
Mais le costume de J lui va à merveille et on ne peut s’empêcher de rire à ses mimiques, à ses expressions d’étonnement ou à ses répliques cinglantes. Un rôle sur mesure.

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Mais l’intérêt du film ne se limite pas au casting. Je parlais plus haut de la réussite des designers sur les extra-terrestres, à ceci il faut évidemment ajouter l’excellence des effets spéciaux, qui même quelques années plus tard ne font pas tâche. Les effets numériques qui sont en plein essor à la fin des années 90, montrent avec ce film qu’on peut définitivement compter sur eux, et que Spielberg n’est peut-être pas le seul à savoir si bien les mettre en scène, ou du moins à les utiliser. Rick Baker, connu pour ses effets spéciaux et ses maquillages sur Le Loup-garou de Londres ajoute sa patte à ce film qui obtient ainsi une véritable identité visuelle. ILM, la société de George Lucas se charge des effets numériques, et vous avez là un film qui marque son temps.

Oui, je l’assure et le confirme, MIB mérite sa place aux côtés de comédies fantastiques telles que les Gremlins ou encore SOS Fantômes. A l’instar de ce dernier, que je place au panthéon des comédies les plus géniales et inventives des années 80, Men in Black marque les années 90 où il apporte un véritable vent de fraicheur.
Film familial mais intelligent, il est de ces œuvres dont on aime se rappeler certaines scènes (les épreuves de recrutement hilarantes) ou autres répliques (« On vous a pas dit qu’il pleuvait des blacks à New York ? / K : Qu’est ce que t’en dis ? J : Fascinante oui une sorte d’impératrice de reine de la mort. K : Le corps. J : Roh c’est un vrai canon. K : Le corps du mort.« )
Si l’humour est omniprésent, l’action n’est pas en reste. Et voilà là encore une réussite. Sonnenfled n’en fait pas des tonnes (la mode des scènes d’action à la Michael Bay n’ont pas encore contaminé le tout Hollywood) et nous livre un film bien construit, léger, avec beaucoup de rythme mais qui ne tombe jamais dans la surenchère (ce que la séquelle ne saura malheureusement éviter).

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Pour conclure, Men in Black est une vraie réussite. Parfaitement équilibré entre l’humour (jamais outrancier, toujours au poil) et l’action, entre le casting humain (les seconds rôles son eux-aussi excellents) et extra-terrestre, le film allie comédie et science-fiction avec panache !
Drôle, inventif, se créant une véritable mythologie, MIB est une petite perle qui mériterait selon moi d’être un peu plus apprécié des cinéphiles, à hauteur d’un SOS Fantômes.

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