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Histoires fantastiques 1-15 : Un dernier verre – Thomas Carter

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Amazing Stories. Saison 1, épisode 15
One for the road. 1986.

Origine : États-Unis
Genre : Fantastique
Réalisation : Thomas Carter
Avec : James Cromwell, Geoffrey Lewis, Joe Pantoliano, Al Ruscio…

Au détour d’une discussion entre piliers de bar survient l’histoire de cette femme qui en couchant avec un parrain de la pègre locale, a appris qu’un contrat pesait sur la tête de son mari. Prévoyante, elle s’est empressée de souscrire une police d’assurance au nom de son époux, empochant le pactole une fois le contrat rempli. Compte tenu de la précaire situation des quatre hommes participant à la conversation, l’idée de faire de même a tôt fait de jaillir dans leur esprit. Reste à trouver le gogo idéal, dont la vie ne tient qu’à un fil et dont la disparition ne suscitera aucun émoi. Et celui-ci pourrait bien se trouver à leur pied en la personne de ce vieil homme ivre mort en permanence. Mais le bougre va se montrer bien plus résistant qu’il n’en a l’air…

Confié au téléaste chevronné Thomas Carter (des épisodes de Fame, Remington Steele, St Elsewhere, ou encore Deux flics à Miami), cet épisode nous plonge en pleine Dépression. Non pas l’état pathologique alliant douleur morale et perte d’estime de soi, mais la Grande Dépression, celle liée au krach boursier de 1929. Des temps durs et incertains qui conduisent les hommes à aller noyer leur désarroi dans l’alcool, quand bien même ils n’ont plus le moindre cent pour s’en payer. C’est le cas de Francis (James Cromwell), croquemort désœuvré, et de Dan (Geoffrey Lewis), chômeur longue durée. Plus un sou vaillant en poche, ou presque, ils en sont réduits à jouer sur la corde sensible pour amadouer Joe (Joe Pantoliano), le barman, afin qu’il leur offre un verre. Ce qu’il consent à faire, âme charitable, malgré l’œil désapprobateur du gérant, Tony Maroni (Al Ruscio). En même temps, pourrait-il faire autrement ? Du fait du marasme ambiant, le bistrot n’attire pas grand monde, juste ces deux habitués auquel on peut ajouter le boit-sans-soif Mike Malloy (Douglas Seale). Si on ajoute la photographie très sombre du chef opérateur, tous les ingrédients semblent donc réunis pour que ce Dernier verre exhale un fort parfum de désespérance prompt à miner le moral du plus jovial d’entre nous. Et bien non ! Sans jamais édulcorer son propos, Thomas Carter prend le parti de l’humour noir pour relater cette fraude aux assurances, lui conférant un peps bienvenu.

Jusqu’à présent, seul l’épisode L’Incroyable vision signé Peter Hyams s’était démarqué par son fantastique dépourvu de tout merveilleux et une tonalité des plus sombres. En un sens, Thomas Carter lui emboîte le pas en dépeignant la personne humaine dans ce qu’elle a de plus veule, de plus vénale, de plus mesquin. Et hors de question pour lui de trouver une quelconque échappatoire aux quatre compères. L’épisode n’a pas vocation à leur faire ouvrir les yeux quant à la bassesse de leur comportement, et ne vise donc nullement à leur rédemption, bien au contraire. Le récit revêt des atours de spirale infernale dans laquelle se perdent corps et biens les quatre protagonistes, complètement aveuglés par la somme promise en cas de décès de l’increvable Malloy. Mais contrairement aux apparences, leur association de malfaiteurs s’avère fragile, chacun étant disposé à jouer sa carte personnelle au détriment des autres. Cela se traduit par des bagarres de chiffonniers, nourries par leur lassitude face à l’incroyable résistance du vieux Malloy, capable d’ingurgiter des litres d’alcool (au point qu’il en arrive à vider les réserves de Tony Maroni !), de la térébenthine ou un sandwich à la mort aux rats sans sourciller. Cela pourrait être pathétique, c’est juste drôle grâce au concours de comédiens qui excellent dans l’expression de la petitesse de leurs personnages tout en prenant bien soin de ne pas les rendre totalement détestables. Et dans ce registre, James Cromwell (Babe, le cochon devenu berger, L.A Confidential) et Geoffrey Lewis (Tom Horn, Minuit dans le jardin du bien et du mal) ne sont pas les plus maladroits.

Après plusieurs épisodes mi-figue mi-raisin, cela fait du bien de tomber sur un épisode aussi réjouissant. A tel point que j’en omettrais presque d’évoquer son côté parfois redondant autour de la figure du vieux Malloy et de sa tendance à s’affaler par terre pour mieux se relever ensuite. Mais cela fait partie du principe de l’épisode, et la bonne alchimie entre les acteurs suffit à faire passer la pilule. Accompagnée d’une bonne rasade de whisky, cela va de soi !

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