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Les Contes de la crypte 2-09 : Le Triangle à quatre côtés – Tom Holland

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Les Contes de la crypte. Saison 2, épisode 09.
Four-sided triangle. 1990.
Origine : Etats-Unis
Réalisation : Tom Holland
Avec : Patricia Arquette, Chelcie Ross et Susan Blommaert.

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George et Luisa Yates vivent dans une ferme isolée du monde. Pour se soulager de quelques tâches ingrates, ils ont recueilli Mary Jo, dont l’éclatante jeunesse et les formes rebondies attisent l’excitation de George. Entièrement sous la coupe d’une épouse autoritaire, il s’enhardit peu à peu, manquant de violer la jeune femme. Guère échaudé par son échec, George prolonge ses avances sans succès. Mary Jo n’a d’yeux que pour son bel épouvantail, qu’elle a vu s’animer et venir lui porter assistance après la tentative de viol de George.

Tom Holland n’est pas homme à capitaliser sur ses succès. Comme il l’a fait après Vampire, vous avez dit vampire ?, il laisse le soin à un autre réalisateur –en l’occurrence son co-scénariste John Lafia– de réaliser la suite de Jeu d’enfant. Lui préfère arpenter de nouvelles voies, quitte à œuvrer pour la télévision dans l’attente de nouvelles aventures cinématographiques. C’est ainsi qu’il se retrouve à participer aux Contes de la crypte, série pour laquelle il réalisera 3 épisodes (L’Amour parfait, saison 1 ; Le Triangle à quatre côtés, saison 2 ; et Le Roi de la route avec un Brad Pitt encore peu connu, saison 4).
A la demeure d’allure gothique sous une pluie diluvienne de sa précédente contribution succède une vétuste bicoque dans un climat aride. Aride comme les cœurs de George et Luisa, dénués de toute compassion à l’égard de Mary Jo. Elle aurait pu être la fille qu’ils n’ont jamais eu, elle est seulement l’esclave dont ils ont besoin pour apaiser leurs frustrations. D’amour, il n’en est guère question entre George et Luisa. Entièrement sous la coupe de sa femme, George se fait régulièrement tancer comme un enfant qui aurait été pris la main dans le bocal de confiture. Il n’éprouve plus pour sa femme que des sentiments de crainte, voire de dégoût comme l’illustre de manière fort amusante ce réveil en sursaut suite à un cauchemar dans lequel il couchait avec elle. De son côté, Luisa se montre peu tendre avec son époux. Elle pressent que l’insolente jeunesse de Mary Jo réveille en lui des désirs enfouis contre lesquels elle ne peut lutter autrement qu’en lui serrant la vis. Tom Holland instaure d’emblée un climat délétère à la violence sous-jacente qui contraste avec l’extrême naïveté de Mary Jo. Celle-ci, incarnée par une Patricia Arquette pas encore starisée par son rôle d’Alabama dans True Romance, promène son air absent entre grange et champs, étrangère à l’émoi qu’elle suscite. Tom Holland la filme comme une femme enfant qui n’aurait pas conscience des changements de son corps, jouant savamment la carte d’un érotisme léger. Avec le concours de la jeune actrice, il nous en dévoile juste assez pour faire monter la température, nous plaçant dans la même posture voyeuriste que celle de George. Toutefois, à la différence d’un Norman Bates, George ne nourrit aucunes pulsions homicides. Il ne rêve que du moment où la belle s’oubliera dans ses bras. C’est compter sans un quatrième larron, ce mystérieux quatrième côté du triangle amoureux.
Cet épisode repose sur un socle dont tout fantastique est exclu, jusqu’au réveil fugace de l’épouvantail qui semble soudain vouloir se pencher sur les problèmes de Mary Jo. A partir de là, Tom Holland cultive le doute jusqu’à la conclusion. L’épouvantail serait-il doté d’une vie propre ou est-il le simple fruit de la santé mentale défaillante de Mary Jo depuis le coup que lui a asséné George ? La réponse pourrait paraître évidente mais le final aborde une troisième possibilité qui confère à l’épisode son caractère machiavélique.

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La seconde contribution de Tom Holland se révèle bien meilleure que la précédente. S’appuyant sur des personnages et un cadre parfaitement dessinés, il s’ingénie à brouiller les cartes tout en soignant ses effets. Ni gore, ni comique, Le Triangle à quatre côtés distille néanmoins une atmosphère vénéneuse qui prend progressivement corps jusqu’à sa conclusion érotico-macabre. Un bon cru qui ne souffre guère de la prestation moyenne de Patricia Arquette, pas toujours très convaincante en amoureuse transie. En son temps, Chuck Russell eut lui aussi toutes les peines du monde à obtenir d’elle la justesse souhaitée lors de Freddy 3 – Les Griffes du cauchemar. Depuis ses jeunes années, elle a heureusement fait des progrès.

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