Action Cinéma Fantastique

Spider-Man 3 – Sam Raimi

Ecrit par Jérémie Conde

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Spider-Man 3. 2007.
Origine : Etats-Unis
Genre : Fantastique / Action
Réalisation : Sam Raimi
Avec : Tobey Maguire, Kirsten Dunst, James Franco, Bryce Dallas Howard…

Troisième volet des aventures d’un des plus prolifiques super héros de l’histoire du cinéma, Spider-Man est de retour et il en a, des choses à raconter !

Ce qu’il y a d’intéressant avec Spider-Man, c’est qu’il ne laisse pas indifférent. Il y a les adorateurs, et puis les moins adorateurs, pour rester poli.

Ainsi, on retrouve Peter Parker amoureux de sa Mary Jane, ils sont un jeune couple, ils sont de jeunes adultes, finie l’adolescence, bienvenue dans le monde des grands. Et c’est de cela dont parle le film, de l’entrée dans l’âge adulte, des choix difficiles à faire. Outre les choix liés au couple, notre héros se voit confronter surtout à la responsabilité. Car être adulte, c’est avant tout être responsable.

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Nous n’entrerons pas dans les détails du film, il ne tient qu’à tous ceux qui le voient de l’interpréter comme ils le veulent. On pourra prendre ce film de la manière la plus simple, c’est à dire, un grand divertissement ponctué d’une histoire d’amour et d’amitié, ou alors on pourra le prendre comme un grand drame shakespearien où les personnages sont liés à leurs destins et doivent lutter contre eux-mêmes pour s’en sortir.

Sam Raimi, l’excellent réalisateur d’Evil Dead, nous livre là un film ambitieux qui s’avèrera moins grand public qu’on pourrait le penser. Si le premier épisode posait les bases de la série et nous faisait découvrir en même temps que le héros ses pouvoirs et les divers liens entre les personnes, si le second opus, plus axé sur l’action, nous faisait voltiger à travers tout New York et complexifiait les liens entre les divers protagonistes, ce troisième film prend le temps de délier toutes les ficelles. Ainsi, l’action ne prime plus, les personnages sont au centre de tout. Et donc le réalisateur se permet de mettre moins de scènes spectaculaires (même s’il en reste des très efficaces) et de développer ses personnages.

Peter Parker est donc Spider-Man. Il est adulé par le public, tout New York l’aime, et il en vient lui-même à beaucoup s’aimer. Le succès et la gloire lui monte à la tête, et il se passe alors une chose très simple et sans doute inévitable, Peter Parker en oublie presque qu’il est Peter Parker le petit ami de Mary Jane, avant d’être Spider-Man.

C’est une substance extra-terrestre qui va tout faire changer chez Peter Parker, une substance qui multiplie l’agressivité. Spider-Man perd de ses couleurs et devient noir, une sorte de côté obscur, il se laisse imprégner et contrôler par la haine et perd tout sens des réalités, au point d’aller jusqu’à vouloir tuer celui qui a assassiné son oncle.

Ainsi, tout le film va s’articuler sur les dérives morales des personnages. Quelles sont les limites au pouvoir ? Quelles sont les limites d’un tel pouvoir ? D’ailleurs, la question se pose aussi pour Harry Osborn, ancien meilleur ami de Peter Parker qui veut se venger de la mort de son père. Les relations entre les trois personnages vont donc être très serrées et influeront à la fois sur leurs destinées et sur leurs luttes internes.

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Au final, Spider-Man 3 n’est pas un blockbuster comme les autres. Il décevra sans doute ceux qui auraient préféré plus de scènes d’action, moins de romance, moins de tissage shakespearien, il décevra le grand public en quête de nouveauté, de nouvelles scènes puissantes, hallucinantes, virevoltantes. Et puis il ne décevra pas ceux qui aiment les films équilibrés, qui savent trouver le bon équilibre entre les personnages et l’action, entre l’histoire et les effets spéciaux. Et si on peut féliciter Raimi pour une chose, c’est sa capacité à s’approprier les effets spéciaux et à nous servir des scènes toujours aussi réussies, bien qu’ayant parfois un air de déjà vu. Heureusement, l’immense scène de fin remet les choses à leur place, avec une gestion du suspens et du drame des plus excellentes. Autre point important, les acteurs trouvent mieux leur place dans ce troisième opus. On les sent plus à l’aise avec leurs personnages. Tobey Maguire a perdu sa tête de jeune premier et réussit à se sublimer lors de scènes où le côté obscur de son personnage s’exprime.

Pour ma part, je retiendrai surtout une scène qui m’a marqué, et qui m’a surtout beaucoup fait rire en raison de la présence du fantastique acteur Bruce Campbell, en réceptionniste de restaurant français qui s’essaie à notre langue avec beaucoup d’humour. D’ailleurs la scène est tout à fait réussie avec une gestion à la fois de la comédie et du drame des plus rocambolesque et des plus raffinées.

Spider-Man 3 est donc à la fois dans la lignée de ses précédents, mais aussi différent dans son choix du traitement des personnages. Ainsi, on n’a pas le sentiment de revoir le même film à chaque fois. Peter Parker quitte l’adolescence pour un univers plus sombre, où les responsabilités et les choix nous déterminent en tant qu’êtres humains.

On passera là un bon moment si on se laisse porter par les difficultés des personnages à entrer dans l’âge adulte, sinon, ça peut paraître un peu long…

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