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Masters of Horror 1-03 : La Danse des morts – Tobe Hooper

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Masters of Horror. Saison 1, épisode 03
Dance of the Dead. 2005.
Origine : Etats-Unis / Canada
Genre : Horreur
Réalisation : Tobe Hooper
Avec : Jonathan Tucker, Jessica Lowndes, Ryan McDonald, Marilyn Nory…

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Suite à une attaque terroriste sans précédent, 9 millions d’américains sont morts sous l’effet d’une sorte de pluie acide qui ronge la peau. Depuis, les États-Unis connaissent le chaos. Certains survivants tentent de maintenir une vie normale mais tous se savent condamnés à plus ou moins long terme. Alors pour passer le temps, certains se rendent au Doom Room, une sorte de cabaret infernal qui propose avec succès la danse des morts…

C’est désormais une chose acquise, Tobe Hooper est devenu une cause perdue du cinéma, infichu qu’il est de retrouver le mordant de ses débuts. Par contre, sa carrière parallèle à la télévision, qui tend d’ailleurs à devenir la colonne vertébrale de sa filmographie, parvient encore à nous réserver quelques surprises. Au milieu d’anonymes épisodes réalisés dans le cadre de série fantastique devant respecter une certaine continuité (L’Homme de nulle part, Dark Skies), émergent quelques travaux plus personnels et à même de prouver que Tobe Hooper est encore capable de fulgurances (l’épisode des Contes de la crypte La Perle noire et le segment « Eye » de Body Bags). C’est donc sur la foi de ces deux exceptions que sa participation aux Masters of Horror présentait un quelconque intérêt. Nanti d’une liberté totale et d’un budget confortable, on pouvait espérer que Tobe Hooper nous surprenne en réalisant un vrai bon film d’horreur. Espoir déçu puisque La Danse des morts compte parmi ce qu’il a réalisé de pire dans sa carrière, à égalité avec Mortuary qui comme par hasard a été réalisé la même année.
La Danse des morts s’inspire d’une nouvelle de Richard Matheson (Je suis une légende, La Maison des damnés) adaptée par son propre fils, Richard Christian Matheson. Difficile de savoir ce qui a été conservé du texte original et ce que le fiston a ajouté, bien que le point de départ évoque fortement cette peur de la bombe atomique qui sévissait dans les années 50 et 60. Sauf qu’ici, époque oblige, l’événement se retrouve rattaché au terrorisme. Cependant, ce n’est pas dans cet acte terroriste à grande échelle que se situe le nœud de l’affaire. Celui-ci ne sert que d’élément introductif visant à poser les bases d’un environnement vaguement post-apocalyptique. Je dis « vaguement » parce que le peu que Tobe Hooper nous montre de la ville ne diffère en rien de la vision que nous pourrions en avoir aujourd’hui. Ici, nulle trace de destructions à grande échelle ou de vandalisme, point de pénurie de nourriture ou d’essence, rien d’autre que quelques zonards et des rescapés de l’acte terroriste, masquant leurs stigmates derrière un voile noir. En vérité, l’ambiance fin du monde ne s’illustre qu’à l’intérieur du Doom Room, sorte de cour des miracles à la décoration hétéroclite et mise en musique par Billy Corgan, ex-Smashing Pumpkins. Il s’agit d’un lieu de perdition dispensant un spectacle morbide pour un public désireux d’oublier sa fin imminente. Ce Doom Room et le spectacle inédit qu’il propose constituent la raison d’être du récit. Tout tourne autour de ça dans un maelström d’images atrocement superposées (je ne saurais décrire autrement cet effet obtenu par une caméra à manivelle que l’opérateur actionne un coup en avant suivi d’un coup en arrière) et des plans syncopés. Soucieux de retranscrire l’hystérie de personnages carburant à l’adrénaline, Tobe Hooper s’enorgueillit d’une profusion de plans durant moins de 2 secondes et d’un montage très rapide. De fait, si La Danse des morts suscite chez le téléspectateur un sentiment d’inconfort, c’est davantage dû à sa mise en scène –proprement insupportable à tel point qu’elle donne envie d’arrêter les frais au bout de 5 minutes– qu’à son propos. Un propos qui se limite à un trafic de cadavres matinée de nécrophilie auquel s’ajoute une vague histoire de famille dont on ne prend la mesure que lors des derniers instants de l’épisode, préfigurant une fin qui se veut d’une noirceur abyssale alors qu’elle est juste bête.

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De l’histoire à la mise en scène, en passant par la musique et l’interprétation (mention spéciale au cabotin Robert Englund et au jeune Ryan McDonald dans le rôle de Boxx), il n’y a rien à sauver dans cet épisode qui ressemble fort à un naufrage. Un de plus pour un réalisateur qui n’en a décidément pas terminé avec les tréfonds de la médiocrité.

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