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Les Contes de la crypte 1-05 : L’Amour parfait – Tom Holland

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Les Contes de la crypte. Saison 1, épisode 05.
Lover come hack to me. 1989.
Origine : Etats-Unis
Réalisation : Tom Holland
Avec : Amanda Plummer, Richard Eden, Stephen Shellen, Lisa Figus

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Au grand désespoir de Tante Edith, Peggy (Amanda Plummer) vient d’épouser Allen. Le jeune couple s’empresse illico de convoler en justes noces, laissant la vieille dame à ses bougonneries. En chemin, alors que l’orage fait rage, ils se retrouvent bloqués en pleine forêt à cause d’un arbre tombé en travers de la route. Dans leur malheur, ils aperçoivent non loin une demeure dans laquelle ils espèrent bien se mettre à l’abri. Ce qu’ils font avec d’autant moins de scrupules que celle-ci a l’air abandonnée. La nuit de noces peut commencer…

En 1989, le nom de Tom Holland est déjà bien connu des amateurs de cinéma fantastique grâce à deux titres emblématiques des années 80, Vampire… vous avez dit vampire ? et Jeu d’enfant. Deux films qui se caractérisaient par leur savant mélange d’horreur pure et de second degré discret. Pour sa première participation aux Contes de la crypte (il apportera par la suite sa contribution aux saisons 2 et 4), il délaisse tout second degré au profit d’une histoire à forte coloration gothique.
Une nuit d’orage, une grande bâtisse isolée et laissée à l’abandon, de jeunes mariés en galère, tous les ingrédients semblent réunis pour que Tom Holland s’adonne à la thématique de la maison hantée. Et en un sens, c’est ce qu’il fera lors d’une scène précise invoquant un triste événement passé. Mais dans l’absolu, il déploie un récit déroutant, dont il est difficile d’en cerner les tenants et aboutissants. A la manière dont la caméra saisit la sculpture imposante de deux amants enlacés, on se dit que Tom Holland distille de ci de là quelques indices quant à ce qui va suivre, mais rien d’évident, à l’exception de cette hache de bourreau fixée au mur. Et si l’on excepte le bois fraîchement préparé dans l’âtre de la cheminée, et l’une des chambres de l’étage au lit fait et aux draps propres, rien ne vient trahir une présence annexe. D’ailleurs, ni Peggy, ni Allen, ne s’appesantiront plus avant sur ces troublantes coïncidences. C’est que le jeune couple a une nuit de noces à consommer, et il ne s’agirait pas de l’oublier. En tout cas, ce n’est pas dans les intentions d’Allen qui, s’il apparaît rapidement comme un sale type plus amoureux de la fortune de Peggy que de la jeune femme, n’en a pas pour autant envie de faire ceinture. Peggy étant de ces vieilles filles un peu bigotes qui ne consentent à passer à l’acte qu’après avoir obtenues l’assentiment du curé, Allen n’est que frustration après avoir longuement rongé son frein. Il n’a que faire d’un quelconque cérémonial, tout ce qu’il veut, c’est passer à l’acte, au grand dam de Peggy et de sa vision nettement plus romantique et sacralisée du moment.

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A cet instant, Tom Holland délaisse toute illusion de fantastique pour une approche plus érotique et charnelle de son récit, bien aidé par des comédiens totalement investis. Néanmoins, la scène demeure très chaste mais dégage une sensualité à laquelle Amanda Plummer n’est pas étrangère. Actrice au demeurant fort éloignée des canons de beauté en vigueur (elle est moche, quoi !), elle parvient en un tour de main à passer de la petite fille fragile à la femme sexuellement agressive. Nous partageons alors l’effarement d’Allen devant cette transformation aussi déconcertante que perturbante. Et à l’aune d’une conclusion décevante, cette scène intervient comme l’acmé d’un épisode formellement abouti mais pas franchement passionnant.

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