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Le Vieil homme et la mer – Ernest Hemingway

Ecrit par Jérémie Conde

vieilhommeetlamer

The Old man and the sea. 1959.
Origine : Etats-Unis
Genre : Drame
Auteur : Ernest Hemingway
Editeur : Gallimard

Le Vieil homme et la mer est un classique de la littérature, un court roman écrit par Ernest Hemingway en 1952. L’histoire se passe à Cuba, dans un petit port. Hemingway écrit ainsi un livre sur la lutte entre un vieux pêcheur et un espadon géant qui combattent pendant trois jours d’affilés. A la fin, le vieil homme épuisé finit par tuer l’espadon. Voilà l’histoire dans ses grandes lignes.

Sauf que bien évidemment, c’est plus que ça. Car c’est l’histoire d’un vieil homme, seul, sur sa barque au milieu de l’océan. Dans le temps, Manolin, un jeune garçon, venait l’aider, sauf qu’ils ne pêchaient plus rien, alors Manolin est allé sur un bateau qui avait plus de chance, son père l’y obligeant. Entre Manolin et Santiago (le vieil homme), il y a une vraie amitié, de l’amour même, l’amour d’un garçon pour un grand père, un grand père dans lequel il voit celui qui a travaillé toute sa vie, pour finir avec pas grand chose, mais avec la satisfaction d’avoir fait ce qu’il savait faire et aimait faire : pêcher.
Notre vieil homme n’avait ainsi plus rien pêcher depuis plus de quatre-vingt jours, et voilà que cet espadon s’accroche à sa ligne, un espadon comme jamais il y en a eu, un titan. C’est alors une lutte acharnée qui commence, d’un côté, le vieil homme qui tue pour survivre, et de l’autre, l’espadon qui se débat pour continuer son chemin, sa vie. Deux destins semblables. Tout cela, bien sûr, Santiago en a conscience, et porte un respect profond à ce poisson géant des mers.
Finalement, le vieux pêcheur parvient à tuer le magnifique animal à bout de force qui abandonne la lutte, il l’achève, lui aussi à bout de forces. Santiago doit alors rentrer au port. Il s’est laissé diriger pendant trois jours par l’énorme poisson et l’a éloigné de son port d’attache. Le retour risque d’être long, et le vieil homme n’a plus vingt ans et a du mal à récupérer. La bête est tellement grande qu’il ne peut la mettre dans sa barque. Il l’attache alors solidement contre la coque.
Mais sur le retour, des requins, attirés par le sang s’approchent dangereusement de la barque. Santiago essaie de défendre ce qu’il a gagné, par la force de son travail, mais les requins gagnent cette bataille et mangent le poisson en entier ne laissant que la tête et l’arrête centrale. Bien évidemment, Santiago est désespéré, il rente au port où Manolin est inquiet de l’absence du vieil homme. Santiago n’a rien récolté de cette bataille contre l’animal, seulement le respect de ses semblables qui savant ce par quoi il a dû passer.

Que dit ce livre? Et pourquoi valut-il le prix Nobel de littérature (en 1954) et le Pullitzer (en 1953) à son auteur ? Car c’est là tout l’intérêt de ce roman, qui sous couvert d’une simple chronique d’un homme seul contre l’océan, parle de l’histoire du monde et des injustices de la vie. Hemingway raconte là de façon métaphorique ce que Marx avait appelé la lutte des classes, tout simplement. Un homme travail dur toute sa vie, pour ne récolter rien sinon pas grand chose, du fruit de son travail, les bénéfices de ses efforts allant directement aux requins.
Hemingway brosse là un parfait tableau de notre société, Hemingway l’aventurier, l’homme de gauche qui couvrit la Première Guerre Mondiale et la guerre d’Espagne, raconte de façon simple et pertinente la vie de tous les jours d’ouvriers travaillant dans des conditions difficiles, sous-payés et traités comme de la merde par des actionnaires, des requins aux dents longues prêts à tout pour gagner toujours plus de bénéfices. Et Hemingway se permet même de poser une question essentielle à cette condition sociale : ainsi, Santiago se demande pourquoi il est devenu pêcheur, et il a cette réponse à la fois triste et tendre de dire qu’il fait ça parce qu’il sait le faire. Comme s’il avait été enfermé dans cet univers sans jamais pouvoir en sortir, sans jamais avoir eu la chance de découvrir autre chose.

Bref, Le Vieil homme et la mer est un livre que tout le monde doit lire, un livre important, un livre riche qui devrait être étudié dans toutes les salles de classes, parce qu’il parle de façon très claire des injustices de ce système dans lequel nous vivons tous.

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