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Masters of Horror 2-06 : J’aurai leur peau – Dario Argento

Ecrit par Loïc Blavier

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Masters of Horror. Saison 2, épisode 06
Pelts. 2006.
Origine : Etats-Unis
Genre : Horreur
Réalisation : Dario Argento
Avec : Meat Loaf, John Saxon, Ellen Ewusie, Link Baker…

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Les épisodes de cette saison 2 des Masters of Horror se suivent et se ressemblent : tous assez sombres (exception faite de certaines scènes du Une famille recomposée de Landis et du Un son qui déchire de Brad Anderson, épisode qui n’a de toute façon rien à foutre là) et tous gores à des degrés divers. On ne peut pas dire que l’épisode de Dario Argento soit très différent. Mais en tout cas il se démarque des autres en jouant le jeu à fond. C’est ainsi l’épisode le plus gore des deux saisons des Masters of Horror réunies. Son histoire est assez simple : un trafiquant de fourrure se procure les resplendissantes fourrures de ratons-laveurs vivant sur une terre maudite. Mais ces peaux de bête, loin d’apporter au trafiquant la gloire qu’il escomptait va au contraire le plonger dans la démence homicide, comme tous ceux qui les ont côtoyé (braconneurs, ouvrières)… Avec ce script, Argento va très très loin et montre des choses qui enterrent complètement les long-métrages récents, qui se veulent pourtant comme les réanimateurs du gore. Ici, une femme se coud en gros plan les narines, les yeux et la bouche, un homme se découpe la peau du torse pour l’offrir à une femme, un autre se fait arracher la moitié de la face en plongeant sa tête dans un piège à loup (ou plutôt à raton-laveur, puisque c’est à la chasse à cet animal qu’est employé le piège)…

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Le sang est omniprésent, Argento montre tout avec une crudité froide et d’autant plus malsaine que le cinéaste prend bien soin de construire une atmosphère poisseuse. Nous ne sommes pas uniquement ici dans un cadre noir, tels que ceux dont les cinq premiers épisode de la saison 2 ont choisis. Argento prend pour un héros un gros dégueulasse (Meat Loaf !) qui exploite des ouvriers chinois dans un entrepot crasseux, et qui passe son temps dans un bar à putes (beaucoup de nudité aussi, dans cet épisode) où il espère bien se faire l’une des filles en lui proposant de défiler avec le futur manteau de fourrure. Nous sommes ici bien plus proche de Maniac que de n’importe quel autre épisode des Masters of Horror et, si ce n’était pour l’absence de grain et de look rétro, on pourrait se croire revenus à l’époque des films vraiment cradingues du tournant des années 70 ou 80 (d’ailleurs pourquoi Lustig n’est-il pas invité aux Masters of Horror ?). Argento ne se focalise pourtant pas sur un seul personnage, et c’est ainsi qu’au début nous suivons plutôt les braconniers, un père (le grand John Saxon !) et son fils, qui partent chercher les ratons laveurs dans le champ maudit. Argento soigne ici ses cadres, et l’aspect poético-lugubre prend le dessus, renforcé par la musique de Claudio Simonetti, ex-leader des Goblins et collaborateur fidèle du cinéaste. On pourra ainsi croire au début que c’est au lyrisme que se référera Argento par la suite, mais non : à partir d’un meurtre à coup de batte, il plongera donc dans le poisseux, le sexe et la violence.
Enfin un épisode de cette saison qui ose utiliser le gore comme objectif et non comme une figure imposée rattachée artificiellement. Enfin un scénario qui d’emblée se sait limité, et qui dès lors ne cherche pas à se perdre dans une orientation artificielle. Les délires d’Argento valent bien ceux de Takashi Miike dans la première saison et ils s’accompagnent là aussi d’un certain sens de l’humour né justement de leur exagération. Le réalisateur italien parvient à faire mieux que son Jenifer de la première saison, qui en comparaison apparaît bien sage.

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