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Masters of Horror 1:07 : La Belle est la bête – John Landis

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Masters of Horror. Saison 1, épisode 07
Deer Woman. 2005.
Origine : Etats-Unis
Genre : Horreur
Réalisation : John Landis
Avec : Brian Benben, Anthony Griffith, Sonja Bennett, Cinthia Moura…

Dwight Faraday est un homme détruit depuis qu’il a tué accidentellement son coéquipier lors d’une intervention. Sombrant dans l’alcool et ses noires pensées, sa femme est partie, et toute sa volonté avec elle. Lui le policier renommé se contente désormais de son statut d’agent de police détaché aux agressions animales. Toutefois, une drôle d’affaire parvient à le sortir de sa torpeur. On a retrouvé le corps d’un routier complètement piétiné et sur lequel des traces de sabots de cerf sont identifiés. Et ce n’est là que le premier corps d’une longue série…

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Voir John Landis considéré comme un « master of horror » prête à sourire lorsqu’on connaît la carrière du bonhomme. Tout au long de celle-ci, il a oeuvré dans tous les genres avec une constante, l’humour. Qu’il traite de la lycanthropie (Le Loup-garou de Londres) ou du vampirisme (Innocent Blood), il trouve toujours le moyen de jouer la distanciation. Ici, il évoque une créature issue du folklore canadien : la femme-cerf. D’une époustoufflante beauté, elle attire à elle des mâles de tous bords pour ensuite les massacrer pour son seul plaisir. Partant d’un tel postulat, La Belle est la bête (subtile titre français !) n’aurait rien eu à gagner à jouer la carte du sérieux. John Landis s’avère donc la personne idéale et se retrouve comme un poisson dans l’eau en se faisant un immense plaisir de ne rien nous cacher du caractère absurde d’une telle histoire. Plus les cadavres se multiplient et plus les preuves s’amoncellent. Traces de sabots, touffes de poils, tout semble incriminer un cerf. Et Dwight Faraday de laisser vagabonder son imagination pour tenter de reconstituer les faits du premier meurtre à l’aune de ces preuves. On assiste alors à trois scénarii possibles, tous plus abracadabrants les uns que les autres, mais forts réjouissants. Sans être dupe de l’énormité de ses divagations, Dwight sait pourtant qu’il est dans le vrai. L’interprétation mi-sérieuse et mi-désabusée de Brian Benben crée un décalage qui renforce encore l’aspect humoristique de l’épisode de John Landis.

Jamais horrifique, modérément gore, les seuls frissons que pourra éventuellement susciter La Belle est la bête interviendront lors du déboutonnage de chemisier de l’accorte Cinthia Moura. Ne pipant mot, se contentant de sourire et d’acquiescer aux propos des hommes qu’elle aborde, elle constitue de prime abord la parfaite symbolisation du vieil adage « Soit belle et tais-toi ». Elle fait le bonheur des hommes, ces derniers ne s’escrimant plus à la baratiner puisqu’elle consent à les suivre le premier verre même pas achevé. Le seul hic, et non des moindre, c’est qu’à défaut de tirer leur coup, ils vont en encaisser de très violents, mettant aussitôt fin à leurs doux rêves d’ébats décomplexés.

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Mine de rien, cet épisode peut être vu comme une mise en garde à l’attention de tous ces types qui ne pensent qu’avec leur sexe. Moralisateur, John Landis ? Non, juste adepte de l’illustration du charme animal dans toute sa splendeur et du clin d’oeil cinéphilique, sa femme-cerf pouvant évoquer la femme-panthère de La Féline. En dépit d’une fin trop abrupte (par manque de temps ?), La Belle est la bête fait partie du haut du panier de cette première saison des Masters of Horror.

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