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Masters of Horror 1-11 : Serial auto-stoppeur – Larry Cohen

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Masters of Horror. Saison 1, épisode 11
Pick me up. 2005.
Origine : Etats-Unis / Canada
Genre : Horreur
Réalisation : Larry Cohen
Avec : Fairuza Balk, Michael Moriarty, Warren Kole, Malcolm Kennard…

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Paumée au beau milieu de l’Amérique profonde à la suite de la panne de l’autobus à bord duquel elle voyageait, une jeune femme trouve refuge dans un motel miteux. Un malheur n’arrivant jamais seul, ledit motel devient le point de convergence de deux serial-killers qui se disputent la même proie : elle.

Non contente de réunir quelques uns des plus grands noms du cinéma fantastique, l’anthologie des Masters of Horror a en outre permis à certains d’entre eux de renouer avec la mise en scène. Je pense bien entendu à John Carpenter, qui s’était volontairement extrait du circuit à la suite de Ghosts of Mars (2001), mais cela est encore plus vrai en ce qui concerne Larry Cohen. Au moment de se mettre à l’ouvrage pour sa contribution à la série de Mick Garris, le créateur des Envahisseurs (1967-1968) n’avait plus rien tourné depuis Original Gangstas en 1996, se bornant alors à sa fonction de scénariste pour des films le plus souvent médiocres. Et il n’a d’ailleurs plus rien tourné d’autre depuis, preuve du caractère exceptionnel de ce Serial Auto-stoppeur. Exceptionnel, cet épisode l’est aussi par sa qualité. Suscitant jusqu’alors plus de déceptions que de ravissements, la série put compter sur l’iconoclaste Larry Cohen pour redorer quelque peu son blason, au même titre que Joe Dante (Vote ou crève, épisode 6).
Adapté d’une nouvelle, cet épisode respecte une constante de l’œuvre de Larry Cohen : le danger tapi dans l’ombre sous couvert d’un faciès avenant ou un peu trop familier. Sa série phare –Les Envahisseurs– reposait déjà sur ce postulat, les extraterrestres masquant leurs actions colonisatrices en prenant forme humaine. Cette présence insidieuse, tel le ver dans le fruit, est prompte à engendrer une paranoïa bien compréhensible dont Larry Cohen se moque ici, tout en la justifiant par la suite, à travers le personnage de Marie, qui voit des tueurs partout. Et comment pourrions-nous la blâmer alors qu’à travers le prisme du cinéma, les États-Unis nous apparaissent depuis toujours comme une terre inhospitalière emplie de sadiques en tous genres ? D’ailleurs, tous les personnages (enfin surtout féminins, les personnages masculins affichant a contrario une confondante décontraction) sont plus ou moins conscients des dangers qu’ils peuvent encourir. Chacun choisit la meilleure manière de les affronter, qui en ironisant sur la probabilité que tel ou tel individu puisse être un tueur en série ; qui en ne faisant confiance qu’à soi-même et à son canif ; ou qui en ayant peur de tout. Toutefois, Larry Cohen démontre par l’absurde qu’il n’existe aucune méthode pour échapper à la folie meurtrière d’individus qui vouent leur existence à l’élimination d’autrui. Ces derniers sont apparentés à des prédateurs qui chassent sans relâche, suivant un mode opératoire qui leur est propre. Ainsi, du jeune auto-stoppeur dézinguant sans relâche les bonnes âmes qui ont bien voulu le prendre à leur bord, au camionneur d’apparence serviable dont la cargaison dépend de la nature de ses passagers, la mort apparaît dans toute son inéluctabilité, chacun agissant à un stade différent de la chaîne alimentaire. De manière ironique, le récit se conclut en démontrant qu’il existe toujours plus prédateur que soit, tout en adressant au passage un coup de coude complice aux connaisseurs de l’œuvre de Larry Cohen.

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Pour son retour à la mise en scène, le réalisateur a surtout voulu se faire plaisir, ce qui passe donc par cette ironie constante matinée de second degré auquel s’adapte parfaitement le jeu toute en fausse suavité de son vieux complice, l’acteur Michael Moriarty. Larry Cohen ne cherche pas à choquer, ni même à effrayer. Si Serial Auto-stoppeur contient son lot d’hémoglobine, c’est plus pour cadrer avec la note d’intention de Mick Garris (ne rien s’interdire) que pour susciter un quelconque malaise. En parfait représentant de la série B, Larry Cohen nous offre ici un épisode au rythme alerte, souvent drôle, sans oublier de jouer les bons camarades auprès de l’un de ses coreligionnaires, en l’occurrence Tobe Hooper dont le remake de son classique Massacre à la tronçonneuse a droit à une petite pique savoureuse. Non, vraiment, s’il fallait absolument trouver un défaut à cet épisode, ce serait pour l’usage grossier du flashback d’une scène que nous avons déjà vue au préalable. Un procédé récurrent dans bon nombre de films, et dont je n’ai jamais saisi la pertinence, à plus forte raison lorsqu’il s’agit comme ici d’un format court. Nous prendrait-on donc tous pour des poissons rouges ?

1 commentaire

  • Serial Austoppeur est comme V pour Vampire, un épisode aux postulat intéressant mais mal exploité, cela aurait pu nous donner une sorte traque ou les deux tueurs sont rivaux pour essayé d’attraper leur proie mais il s’agit juste de voir l’un ou l’autre tuer tour à tour leurs victimes. Il n’y a que la conclusion qui est pas mal.

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