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Masters of Horror 1-04 : Jenifer – Dario Argento

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Masters of Horror. Saison 1, épisode 04
Jenifer. 2005.
Origine : Etats-Unis
Genre : Horreur
Réalisation : Dario Argento
Avec : Steven Weber, Carrie Anne Fleming, Brenda James, Harris Allan…


A l’annonce du projet Masters of Horror, les fantasticophiles de tous poils avaient de quoi se réjouir. Jugez plutôt (ce sale chien a encore mordu le facteur!) : John Carpenter, Joe Dante, Dario Argento, Tobe Hooper, Don Coscarelli, Stuart Gordon ou encore Larry Cohen ont répondu à l’appel de leur pote Mick Garris. Tous ont, à des degrès divers, marqué le cinéma fantastique de ces trente dernières années et la possibilité de les voir s’exprimer sans aucune espèce de contrainte avait de quoi faire saliver. Et que cette anthologie prenne des allures d’enterrement en grandes pompes de ces réalisateurs ne nous effleurait même pas l’esprit…
Mais revenons-en à l’épisode réalisé par Dario Argento et qui marque son retour sur le sol américain après la triste expérience Trauma.

Deux flics se gavent de nourriture chinoise à bord de leur voiture garée au bord d’un fleuve. L’un d’eux, Frank, sort se dégourdir les jambes lorsque son attention est attirée par un homme qui traîne de force une jeune femme au bord de l’eau. Frank les suit et a tout juste le temps d’intervenir avant que l’homme ne la tue. Suite à ce sauvetage, le destin de Frank se retrouve irrémédiablement lié à celui de la jeune femme dont il ne connaît que le prénom, Jenifer.

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Cela fait une éternité que Dario Argento n’est plus que l’ombre de lui-même. Qu’elles paraissent loitaines les fulgurances du Chat a neuf queues ou de Suspiria. Désormais, son talent ne se manifeste qu’épisodiquement au détour d’une scène comme la poursuite dans le train qui ouvre Le Sang des Innocents. Ses derniers films éprouvent les pires difficultés pour se frayer un chemin jusqu’à nos salles de cinéma, contrairement à ceux de sa fille. L’anthologie Masters of Horror constitue donc une sacrée aubaine pour lui.
Après avoir rejeté plusieurs scripts, il jette son dévolu sur celui écrit par le comédien Steven Weber et inspiré d’une soi disante célèbre bande dessinée créée par Bruce Jones. Autant le dire tout de suite, ce n’est pas avec cet épisode que Dario Argento parvient à retrouver le lustre d’antan. Sa réalisation apparaît étonnamment sage et Jenifer souffre d’un scénario plus que médiocre. Nous avons droit à une variation sur le thème de la belle et la bête. Jenifer dispose d’un corps sublime sur lequel repose un visage des plus repoussants. Des yeux immenses et un nez retroussé faisant songer à un animal ainsi qu’une bouche déformée à l’instar de celle de Elephant man créent l’effroi chez quasiment toute personne qui la croise. Et pourtant, elle parvient à susciter une très forte attraction sur les hommes. Frank n’y échappe pas. Très perturbé du fait qu’il ait du tuer un homme, il s’enquiert de la santé de Jenifer. Celle-ci se trouve internée dans un asile, ce qui le révolte. Sans en référer à quiconque, et encore moins à sa femme, il la ramène chez lui. Cette présence pesante et effrayante entraîne des tensions au sein du couple, l’épouse de Frank n’hésitant pas à lui lancer un ultimatum: c’est elle ou moi. Frank étant tombé sous l’emprise de Jenifer et de son ardente soif de sexe, il laisse son couple se briser et reste seul avec la jeune femme. Il est tellement devenu accroc à ses étreintes, qu’il passe sous silence ses appétences cannibales. Il cherche bien à s’en débarrasser via un cirque doté d’une foire aux monstres mais lorsque cela échoue, il abandonne tout pour se terrer en compagnie de Jenifer. Le couple qu’il forme avec elle semble totalement en dehors du monde. La fille des voisins se fait dévorer et aucune enquête n’est ouverte. Ses parents ne vont même pas évoquer sa disparition à leur voisin policier.
En fait, le scénario est d’une limpide évidence et ne s’encombre pas d’une quelconque logique. Jenifer entraîne les hommes dans un cercle vicieux qui les amène à épouser le même comportement et à provoquer les mêmes événements. Ainsi, Frank effectuera plusieurs kilomètres pour tuer Jenifer alors qu’il aurait pu le faire dans l’intimité d’une cave. Seulement cela aurait nuit à son tragique destin.

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Les films de Dario Argento ne brillent généralement pas par leurs scénarii époustouflants mais davantage par leur mise en scène inspirée. Or, ici, Dario Argento s’avère incapable de transcender son récit et les scènes gores qui parsèment le film confinent plus au ridicule qu’à l’effroi. Leur présence tend à étayer la liberté des réalisateurs tant vantée face à la censure. Pour ma part, elle se résume juste à un argument de vente destiné à promouvoir une anthologie qui, après la vision des épisodes de Hooper, Carpenter et Argento, a tout du pétard mouillé.

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