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Les Contes de la crypte : présentation

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Tales from the crypt. 1989 – 1996.
Origine : Etats-Unis
Genre : Horreur
Création : William M. Gaines (concept original)
Avec : John Kassir (voix du gardien de la crypte)…

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Il fut un temps -les années 90- où Les Contes de la crypte constituait le rendez-vous estival annuel que je ne ratais pour rien au monde. Une époque qui voyait M6, « la petite chaîne qui monte », consacrer ses jeudis en deuxième partie de soirée au genre fantastique, via une programmation plutôt alléchante, même si quelque fois tronquée. Curieusement, ladite chaîne n’alla jamais au terme de la diffusion, délaissant purement et simplement les saisons 6 et 7, toujours inédites chez nous. Un sort que rencontrèrent également les films qui découlèrent de la série, au nombre de trois, et qui ne connurent jamais les joies d’une sortie dans les salles françaises. Un drôle de destin pour une série qui constituait en soi un sacré événement.

A la base, Les Contes de la crypte tire sa source d’une série de comics parus durant la première moitié des années 50 à l’instigation de William M. Gaines, ce dernier étant particulièrement friand de récits d’horreur. Très populaires aux États-Unis, ces comics inspirèrent paradoxalement des cinéastes anglais qui les premiers puisèrent abondamment dans ce vivier riche en histoires à sensations fortes (Histoires d’outre-tombe de Freddie francis en 1972, Le Caveau de la terreur de Roy Ward Baker en 1973). Il fallut patienter jusqu’au milieu des années 80 pour qu’un studio hollywoodien daignât échafauder un projet de films à sketches autour de ces comics, certainement alléché par la réussite de l’entreprise Creepshow. Alléchant, ce projet le fut également, se targuant de réunir David Cronenberg, John Carpenter et Walter Hill, mais n’aboutit pas. Triste, quoique le plus étranger des trois au genre (bien que producteur de la saga Alien, Walter Hill n’est pas un réalisateur que l’on associe naturellement au fantastique) eut suffisamment de suite dans les idées pour solliciter Joel Silver afin de maintenir ce projet en vie. Ce qui fut fait, mais par le biais de la télévision, et plus particulièrement une chaîne câblée encore méconnue à l’époque mais synonyme de programmes de qualité aujourd’hui : Home Box Office (HBO).

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Les Contes de la crypte se résume à une succession d’histoires indépendantes aux personnages différents qui jouent la carte de l’horreur et de l’humour noir. Et, à l’instar de La Quatrième dimension, chacune d’entre elles est introduite et conclue par un Monsieur Loyal, en l’occurrence ici l’inénarrable gardien de la crypte (un magnifique squelette animé créé par Kevin Yagher).

A première vue, ce projet relève autant du caprice que du pari. Caprice de réalisateurs désireux de s’émanciper d’une certaine image pour s’adonner à de petits plaisirs coupables, et pari de fédérer un public autour d’historiettes à l’humour grinçant et aux personnages détestables. Car ce qui frappe avant tout lorsqu’on se remémore la série, c’est la pléthore de personnages veules, pleutres, vénaux, amoraux, et j’en passe, qui la composent. A longueur d’épisode, la série nous donne à appréhender la personne humaine dans ce qu’elle a de plus abject. Certes, avec un fond moral puisque lesdits personnages se retrouvent irrémédiablement punis, mais il n’en demeure pas moins que Les Contes de la crypte exhale un doux parfum de méchanceté et de perversité propre à rendre la série atypique au sein du paysage télévisuel policé de la fin des années 80. Et quand bien même le parti pris de la série aurait tendance à rendre chacun des épisodes quelque peu prévisible quant à son déroulement, la liberté dont jouit chaque réalisateur permet au contraire de surprendre régulièrement le spectateur, via notamment une approche totalement décomplexée du genre. Paradoxalement, ce format court semble décupler l’inventivité des réalisateurs qui de manière générale, et en un laps de temps très court, parviennent à donner chair à des personnages et des situations sans que cela sente pour autant la précipitation ou le bâclage. En outre, la majorité d’entre eux à l’intelligence de ne pas considérer cette liberté comme une fin en soi. Ainsi, l’absence de censure, ou en tout cas moindre que sur d’autres chaînes, n’induit pas pour autant que chaque épisode se complaise dans la tripaille ou la subversion gratuite.

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Tout au long de ces sept saisons, les thèmes abordés seront nombreux, et les approches variées. Certaines grandes figures (vampires, loups-garous) et thèmes (les maisons hantées) du cinéma fantastique seront même abordées, moyennant un dépoussiérage léger sans forcément chercher à être révolutionnaire. En somme, ces Contes de la crypte prennent la forme d’un abécédaire de l’horreur, disposant de talents à tous les échelons (réalisation, scénario, comédiens, effets spéciaux) pour un résultat qui, 20 ans après, fait encore plus qu’illusion.

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