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Les Contes de la crypte 4-04 : Séance – Gary Fleder

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Les Contes de la crypte. Saison 4, épisode 04.
Seance. 1992.
Origine : Etats-Unis
Réalisation : Gary Fleder
Avec : Cathy Moriarty, Ben Cross, John Vernon, Ellen Crawford…

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Deux arnaqueurs à la petite semaine – Alison et Benny – tentent d’escroquer le riche Prescott Chalmers sur la base d’un sombre héritage de 3 millions de dollars. L’affaire semble être dans le sac lorsqu’une gaffe de Benny fait tout capoter. Fâché d’avoir ainsi été berné, Mr. Chalmers en oublie de regarder où il met les pieds et fait une chute (presque) fatale dans la cage d’un ascenseur capricieux. Ne lâchant pas facilement le morceau, Alison décide de se rabattre sur la veuve Chalmers pour récupérer l’argent espéré, au grand dam de Benny, lassé de ces coups foireux.

Récréatifs, galops d’essai ou encore planches de salut. Voici quelques-uns des qualificatifs qui peuvent être accolés aux différents épisodes des Contes de la crypte en fonction du pedigree de leurs réalisateurs. Pour bon nombre d’entre eux, la série aura fourni le terreau idéal pour fourbir leurs premières armes, même si peu d’entre eux auront pu – ou voulu –persister. Sans avoir révélé de grands noms, la série a malgré tout permis de mettre le pied à l’étrier à une poignée de réalisateurs qui ont par la suite réussi à faire leur petit bonhomme de chemin au sein de l’industrie. Il en va ainsi de Gary Fleder, qui après avoir réalisé deux Contes de la crypte (Séance, saison 4 et Objectif meurtre, saison 5), a alterné longs métrages et téléfilms avec un inégal bonheur, ne retrouvant jamais la magique alchimie de son premier film, le polar scandaleusement maltraité en DVD Dernières heures à Denver (même pas disponible en V.O !).
Moins polar que (mini) film noir, Séance partage néanmoins une même tendre dérision pour ses personnages principaux, un couple de bras cassés ici, un quintette dans Dernières heures à Denver. D’Alison et Benny, c’est le second qui nous apparaît le plus ouvertement sympathique, enclin à se laisser submerger par son bon fond lorsque son acolyte feint la dureté en toute circonstance. En tant que « cerveau » du duo, Alison ne s’autorise aucune faiblesse, même si en soi, son attachement à Benny en constitue une de taille. Nous sommes donc face à deux personnes qui se sont aimées et qui continuent à travailler ensemble plus par force de l’habitude (du côté de Benny) que par envie (du côté d’Alison). Il en résulte d’incessantes chamailleries qui, outre illustrer l’ascendant toujours patent d’Alison sur Benny, contribuent à nous les rendre immédiatement sympathiques. Les perdants invétérés dégagent toujours plus de charme que les gagnants. Séance se fait donc logiquement le récit d’un énième échec, voire d’un double grâce à l’abnégation et à la force de persuasion d’Alison qui cette fois-ci, tient absolument à transformer le plomb en or. Bien que sans appel, l’issue de la combine apparaît d’autant plus ironique que leur échec naît pour une fois d’une réussite, aussi inattendue que fatale.

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Pour sa première réalisation, Gary Fleder joue la carte du classicisme, se coulant avec déférence dans les intérieurs de l’Amérique des années 30. La photographie retrouve ce même jeu avec l’ombre et la lumière que dans les films noirs d’antan, toutefois amoindri par l’utilisation de la couleur, petite concession au médium télévisuel, laquelle confère un côté confortable et chaleureux aux intérieurs. Quant à l’intrigue, elle fait bien peu de cas de Mr. Chalmers, victime désignée mais pas résignée, au profit de nos pieds nickelés de l’arnaque, modifiant le point de vue généralement de mise. Il revient à Alison de personnifier la garce de rigueur qui s’avère aussi fatale pour son associé que pour Mr. Chalmers, lequel aura tout de même eu le loisir de prendre du bon temps. Tout comme nous devant cet épisode plaisant, porté par un très bon trio d’acteurs, et qui relègue l’aspect horrifique à la dernière scène, point d’orgue sanglant à ce chantage sur un homme volage.

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