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Les Contes de la crypte 1-03 : Ulric et les neuf vies du chat – Richard Donner

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Les Contes de la crypte. Saison 1, épisode 03.
Dig that cat… he’s real gone. 1989.
Origine : Etats-Unis
Réalisation : Richard Donner
Avec : Joe Pantoliano, Robert Wuhl, Kathleen York, Gustav Vintas…

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SDF, Ulric (Joe Pantoliano) voit sa vie changer le jour où le Dr. Emil Manfred croise sa route, après lui avoir copieusement marché dessus. En échange de 10000 $, il lui propose de procéder à une opération qui lui vaudra d’être presque immortel, à la suite de la greffe d’un bout du cerveau d’un chat dans sa moelle épinière. Désormais nanti des 9 vies qu’on prête au félin, Ulric choisit de faire fructifier ce pactole initial en proposant ses services à Barker, un forain au bord de la faillite. Moyennant un droit d’entrée conséquent, un public avide de sensations fortes va affluer pour voir Ulric mourir… puis revenir à la vie. Enfin, en théorie.
Revenu de la télévision, médium où il a débuté sa carrière, Richard Donner ne semblait plus devoir y travailler tant le cinéma le comblait de divers succès (La Malédiction, Superman, Les Goonies, L’Arme Fatale). Et pourtant, la liberté offerte par HBO l’a convaincu d’y refaire une pige. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il en a profité pour doper son style.
D’ordinaire plutôt académique dans ses mises en scène, Richard Donner profite de l’environnement bigarré des foires pour user d’une réalisation particulièrement agressive. Lentille déformante, caméra portée, montage haché, tout est bon pour distiller un sentiment d’inconfort face au chahut qui entoure chacune des mises à mort d’Ulric. Mus par une curiosité morbide, les gens se précipitent devant ses exécutions qui, petit à petit, requièrent leur participation. De simples témoins d’une noyade ou d’une pendaison, certains deviennent les bourreaux d’un Ulric toujours plus vénal. Pouvoir tuer quelqu’un sans avoir de compte à rendre à la justice attire les foules, quand bien même faut-il s’acquitter d’un petit supplément pour obtenir ce « privilège ». Lors de ces scènes de « meurtre » festif, Richard Donner joue la carte du grotesque à plein régime, faisant se succéder une vieille dame, un binoclard, ou encore le fils obèse d’un riche bonhomme. Le but étant de les rendre les plus moches et ridicules possible, illustration sans fard de leur perversité profonde. L’univers dans lequel s’ébat Ulric nous apparaît d’une telle laideur qu’on en vient à le prendre en pitié, alors que lui-même ne vaut guère mieux. C’est là toute la force d’un épisode qui n’hésite jamais à aller très loin dans l’horreur, à échelle humaine, pour une efficacité maximale. A côté, bien que brutales, les morts successives d’Ulric nous apparaîtraient presque comme des moments d’accalmies.

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Après le primaire L’Arme fatale et le puéril Fantômes en fête, Richard Donner étonne avec cet épisode cruel et sardonique. Il démontre pour l’occasion une belle capacité d’adaptation, Ulrich et les neuf vies du chat ne dépareillant pas avec les deux épisodes qui l’ont précédé. Outre la renommée de leur réalisateur respectif, l’homogénéité de ces trois premiers épisodes a certainement pesé dans le choix de les regrouper à la manière d’un film à sketches pour une exploitation sur le marché de la vidéo. Il s’agit également d’une manière judicieuse de retomber sur ses pieds, et de renouer ainsi avec le projet initial avorté.

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