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Les Contes de la crypte 2-10 : Le Pantin ventriloque – Richard Donner

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Les Contes de la crypte. Saison 2, épisode 10.
The Ventriloquist’s dummy. 1990.
Origine : Etats-Unis
Réalisation : Richard Donner
Avec : Don Rickles, Bobcat Goldthwait, Shelley Taylor Morgan, Joycee Katz…

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Depuis qu’il est adolescent, Billy rêve de devenir ventriloque, et de suivre ainsi les traces de son idole Mr. Ingles. Le jour de son passage à un tremplin pour jeunes talents, il réussit à convaincre ce même Mr. Ingles d’assister à sa prestation. Loin de le libérer, sa présence accroît son stress, et son manque de préparation fait le reste : son passage est un échec. Le moral en berne, Billy est prêt à tout laisser tomber lorsqu’un concours de circonstances va l’amener à se raviser, quand bien même celui-ci viendrait à ternir l’image de son idole.

La parenthèse télévisuelle se poursuit pour Richard Donner qui le temps de quelques épisodes pour la série dont il est l’un des producteurs exécutifs, oublie les vicissitudes d’Hollywood. Comme libéré de toutes contraintes liées à un souci de rentabilité, le vieux briscard à l’image d’ordinaire sage et lisse se lâche enfin, épousant avec un plaisir non feint le ton bête et méchant qui prévaut pour Les Contes de la crypte. Pour l’occasion, il s’associe avec Frank Darabont, qui avant d’être le réalisateur tant vanté des Évadés, avait fait son beurre dans le genre fantastique en rédigeant pour les seules années 80 les scénarios de Freddy 3 : Les Griffes du cauchemar, Le Blob et La Mouche 2. Il était donc tout désigné pour travailler sur la série, ce qu’il fera à deux reprises, toujours pour Richard Donner.
L’intrigue, qui s’étale sur 15 ans au prix d’une ellipse, traite de deux personnages aux destins croisés : la star déchue et l’émule transi. Entre les deux hommes, il n’y a pas de passation possible tant leurs caractères sont différents. Mr. Ingles est un homme renfrogné à la mauvaise humeur palpable qui a bâti sa carrière autour du conflit, n’aimant rien moins que d’apostropher vertement aussi bien sa marionnette que son public. Un public qui ne lui en tient pas rigueur, jamais plus hilare que lorsqu’il se fait copieusement invectiver. Ce lien étrange, à la lisière du sadisme, est une donnée que Billy n’a pas intégrée. Lui s’avère beaucoup trop gentil, beaucoup trop respectueux pour jouer sur ce terrain là. Sa prestation ne pouvait donc qu’aboutir à la catastrophe, le public étant capable d’une cruauté inouïe contre quiconque lui laisse le loisir de s’ennuyer. Le monde du show-business est un monde cruel, plus encore pour ceux qui débutent.
Cependant, l’ambition de cet épisode n’est pas de traiter de ce microcosme. Le propos se veut plus ludique, jouant la carte du mystère autour des causes réelles de l’incendie qui coûta sa carrière à Mr. Ingles. Un Mr. Ingles au comportement étrange, qui place un temps le récit dans la lignée du Magic de Richard Attenborough, dans lequel Anthony Hopkins incarne un ventriloque souffrant de schizophrénie. Une fausse piste. Sous couvert d’une mise en scène à la douceur apparente, Le Pantin ventriloque suit un crescendo dans l’horreur jusqu’au paroxystique retournement final. A cet instant, Robert Donner verse allègrement dans le Grand-Guignol, faisant soudain se télescoper l’univers du Frank Henenlotter de Frère de sang à celui du Sam Raimi d’Evil dead 2. Pour détonnant qu’il soit, l’assemblage a du mal à prendre. Cette soudaine litanie de cris, de pleurs et de sang lasse plus qu’elle ne délasse jusqu’à un dénouement décevant à force d’abuser des mêmes effets.

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Pour cette nouvelle plongée dans le monde du spectacle, Richard Donner n’est pas parvenu à rééditer l’exploit d’Ulric et les neuf vies du chat. Si l’ironie est toujours présente, celle-ci se fait moins mordante et cède trop aux facilités d’un final grotesque dans le mauvais sens du terme. A trop se faire plaisir, le réalisateur n’a pas su conserver l’équilibre d’un récit qui au lieu de frôler le ridicule s’y est carrément vautré. L’un des impairs de la saison.

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