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Les Contes de la crypte 1-04 : Beauté meurtrière – Howard Deutch

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Les Contes de la crypte. Saison 1, épisode 04.
Only sin deep. 1989.
Origine : Etats-Unis
Réalisation : Howard Deutch
Avec : Lea Thompson, Brett Cullen, Britt Leach, Pamella D’Pella…

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Du trottoir où elle tapine, Sylvia Vane (Lea Thompson) envie tous ces richards portant beau et sortant d’onéreuses et rutilantes voitures. Bien décidée à intégrer ce milieu, elle plaque son mac et se rend chez un prêteur sur gage afin de disposer des quelques liquidités nécessaires à l’achat de beaux habits. Las, ledit prêteur refuse de reprendre ses objets. En revanche, il se dit fortement intéressé par le moulage de son visage, moyennant finance, pour dit-il, en extraire toute la beauté. Sylvia accepte bien volontiers cette étrange proposition, ne prêtant que peu d’attention au délai de rétractation de 4 mois qu’il lui octroie.

Dans un louable souci de parité, ce quatrième épisode prend pour héroïne une jeune femme qui, à défaut de l’être pour son éducation, est au moins unanimement louée pour sa beauté. Une beauté toute relative qui est laissée à l’entière subjectivité du téléspectateur. Pour ma part, n’étant que peu émoustillé par Lea Thompson (la maman de Marty McFly dans Retour vers le futur), je n’ai été que peu réceptif au point de départ du récit. Disons que la comédienne ne compte pas parmi les beautés « évidentes », et que de ce point de vue, le casting aurait pu se montrer plus judicieux. Au moins Lea Thompson a-t-elle dû se sentir flattée d’avoir été sollicitée pour un tel rôle, ce qui n’est jamais négligeable pour l’ego d’un comédien.
Sylvia Vane n’a quant à elle que faire d’être flattée. Au contraire, elle a parfaitement conscience de l’attraction qu’elle exerce sur les hommes, et en joue abondamment. Prostituée, elle a l’habitude de monnayer ses charmes, donc l’offre aussi incongrue que lucrativement inespérée du prêteur sur gages ne l’émeut guère. C’est une arriviste un brin agressive qui ne s’embarrasse guère de considérations morales. A partir du moment où elle a décidé de quitter les trottoirs pour vivre son rêve -se faire entretenir par un jeune, riche et beau mâle-, plus rien ne semble pouvoir l’arrêter, pas même le meurtre -accidentel, certes- de son mac. Si la réussite de son entreprise ne souffre aucun doute, il en va de même de l’impasse dans laquelle celle-ci va rapidement, et immanquablement, entraîner Sylvia Vane. En fait, dès l’irruption d’une femme au visage masqué par un voile qui invective copieusement le prêteur sur gage, on se doute de la tournure que vont prendre les événements. Un doute qui devient certitude à l’aune du léger travelling latéral qui embrasse avec insistance la collection de moulages du prêteur adepte de magie noire. Dès lors, Howard Deutch déroulant un récit sans surprise et dénué d’humour, le désintérêt pour le sort de Sylvia va crescendo jusqu’à un final au pathétisme assumé.

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Après trois épisodes de qualité sensiblement égale, la série baisse d’un cran à l’aune de ce 4e épisode. Porté par un réalisateur peu affirmé et à la carrière anecdotique, ce Beauté meurtrière témoigne d’un travail appliqué mais sans saveur. Une série ne pouvant par essence ne compter que des épisodes mémorables, il ne pouvait en être autrement des Contes de la crypte qui, de par sa nature d’anthologie, est plus encline à l’hétérogénéité.

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