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Les Contes de la crypte 1-01 : Le Bourreau en mal d’exécution – Walter Hill

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Les Contes de la crypte. Saison 1, épisode 01
The Man who was death. 1989.
Origine : Etats-Unis
Réalisation : Walter Hill
Avec : William Sadler, J.W. Smith, Roy Brocksmith, Gerrit Graham…

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Niles Talbot (William Sadler) officie en tant que bourreau dans un pénitencier qui use de la chaise électrique pour infliger la peine maximale aux condamnés. Il adore son job. Du jour au lendemain, il se retrouve sur le carreau suite à l’abolition de la peine de mort dans son État. Ne pouvant se résoudre à rester à ne rien faire, il décide d’exécuter à ses frais tous les coupables relâchés par la justice et qu’il estime passibles de la peine capitale.

A tout seigneur tout honneur, il revient à Walter Hill, principal instigateur de la série, d’en réaliser le premier épisode. A cette époque, il n’est plus que l’ombre du réalisateur flamboyant qu’il avait pu paraître, à cheval entre la fin des années 70 et le début des années 80 (en fait, jusqu’à Sans retour en 1981), capable d’encore quelques menues fulgurances (Extrême préjudice) mais devenu surtout extrêmement paresseux (Double détente). L’aventure des Contes de la crypte arrive à point nommé pour lui permettre de s’adonner à un exercice qui lui était jusque alors étranger : la farce macabre usant d’un ton très sarcastique.
Nulle trace de fantastique dans ce récit, mais le désarroi tristement actuel d’un bon employé qui ne comprend pas que son employeur l’abandonne comme un malpropre après 14 années de bons et loyaux services. Pour autant, à aucun moment il ne songe à retourner sa colère à l’encontre de ses ex employeurs. Ce qui lui importe, c’est de pouvoir continuer à effectuer une tâche qu’il apparente à une forme de croisade. Niles ne vit que par et pour un travail dont il se délecte à nous en faire partager la teneur à grand renfort de détails. Il fait preuve d’un cynisme à tout épreuve, s’enorgueillissant d’être un employé modèle peu embarrassé par les questions d’éthique. La notion de justice ? Il s’en contrefiche. Au pénitencier, il se soucie bien peu de savoir si le condamné est réellement coupable ou non. Et une fois au chômage, il concentre son action sur des personnes qu’il estime coupables bien que la justice les ait relâchées. En somme, il s’offre une ascension sociale en passant du statut de simple exécutant à celui de juge et bourreau.
De part sa mise en scène abusant de plans serrés et de contre-plongées, Walter Hill confère à cet épisode un sentiment de claustrophobie permanente. Nous sommes en quelque sorte prisonniers de l’esprit perturbé de Niles, dont la caméra ne se détache jamais. En outre, ce dernier n’hésite pas à s’adresser directement à nous en maintes occasions, nous transformant en témoins privilégiés de ces exactions. Des exactions qui ne font pas dans le sanguinolent, usage de l’électricité oblige (Niles s’enorgueillit d’ailleurs de ce procédé aussi propre qu’efficace), mais dont on ne nous cache rien, Walter Hill filmant les électrocutions de manière frontale, sans jamais détourner sa caméra des rictus de souffrance des victimes.

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Ce Bourreau en mal d’exécution donne parfaitement le ton de la série, avec ce savant mélange d’humour noir et de violence. Walter Hill ajoute néanmoins une petite touche personnelle en donnant à son épisode des allures de film noir, auquel la déchéance du personnage principal fait irrémédiablement écho. Ce premier épisode en guise de note d’intention lance la série sur de bons rails, desquels ne dévieront guère les cinq autres réalisateurs présents sur cette première saison.

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