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La Famille Addams 1-02 : Si jeune et déjà psy – Jean Yarbrough

Ecrit par Bigbonn

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La Famille Addams. Saison 1, épisode 02
Morticia and the Psychiatrist. 1964.
Origine : Etats-Unis
Genre : Comédie noire
Réalisation : Jean Yarbrough
Avec : John Astin, Carolyn Jones, Jackie Coogan, Ted Cassidy…

Dans ce second épisode, la famille Addams se retrouve désemparée par le comportement de Pugsley. En effet, celui-ci se comporte comme un garçon de son âge tout à fait normal et veut même devenir… boy-scout ! Pour Gomez, Morticia et les autres, c’est clair : le fiston est en train de filer un mauvais coton et la question se pose sérieusement de recourir aux services d’un psychiatre pour le remettre sur le droit chemin.
Comme dans le précédent opus, l’éducation est au cœur de cet épisode, avec des questions qui peuvent tarauder tous les parents un jour ou l’autre : qu’a-t-on pu rater avec notre enfant pour qu’il tourne aussi mal ? Où a-t-on failli ? Que faire pour le ramener à la raison ? Faut-il faire intervenir une autorité compétente mais extérieure à la famille, en l’occurrence un psy, pour tenter de résoudre le problème ?
Bien sûr, la normalité de la famille Addams étant anormalité pour le reste du monde, leur désarroi et leurs mines déconfites lorsqu’ils découvrent que Pugsley a été jusqu’à jouer avec une batte de base-ball provoquent inévitablement des rires. Il n’empêche, les causes de ce comportement déviant du fils rappellent celles qu’on évoque encore aujourd’hui pour les gamins à problèmes et, en tout premier lieu, le fait qu’il a été trop gâté. C’est l’oncle Fétide qui assène cet argument massue, appuyant ses dires en remettant en cause l’immense salle de jeux des enfants Addams qui comprend bien trop de jouets : un chevalet, un pilori, une hache, une masse d’armes, un martinet, un sarcophage, etc. L’intervention du psychiatre devient dès lors indispensable, même si celui-ci pensera a priori que ce sont les parents qui sont à soigner…

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La formidable décoration de la maison est encore une fois mise en avant, rendant son excentricité un peu plus familière au spectateur qui, peu à peu, au fil des épisodes, n’y prêtera même plus attention. De leur côté, les acteurs prouvent qu’ils ont été excellemment choisis pour incarner leurs personnages : John Astin est un Gomez parfait avec ses grands yeux soulignés de noir, sa moustache impeccable et son sourire jovial. Carolyn Jones est une Morticia mortifiée idéale et sera souvent la véritable chef de famille, Gomez lui mangeant dans la main quand il n’est pas en train de la couvrir de baisers parce qu’elle l’a appelé « bubele« . Ce couple idéal fait preuve d’une complicité qui rejaillit à l’écran et renforce leur crédibilité. Le brin de sensualité qui les anime et les fait vibrer sous nos yeux leur procure d’ailleurs une vie hors-champ (et au lit) qu’on imagine fougueuse et passionnée.
De son côté, Ken Weatherwax (Pugsley) est le petit gros typique, brave gamin pas très futé et encore très jeune d’esprit, riant des facéties d’un chiot au grand dam des autres, qui préféreraient le voir jouer avec Aristote, sa pieuvre, ou avec des bâtons de dynamite, comme tout petit garçon de son âge. Fétide occupe l’espace et l’écran de tout son embonpoint et Jackie Coogan (qui commença sa carrière en incarnant le Kid du film éponyme de Chaplin) en fait un personnage étonnant au visage très expressif et à la voix un peu aiguë qu’on dirait sortie d’un dessin animé. Sa personnalité très affirmée en fera l’un des personnages clés de la série, là où la grand-mère aura plus de mal à exister.

Aux manettes de cet épisode, on trouve Jean Yarbrough, un réalisateur qui officiera beaucoup pour la télévision et pour quelques épisodes de La Famille Addams en particulier, après une première partie de carrière plus consacrée au cinéma mais ne laissant pas un souvenir impérissable (l’un des sommets de son œuvre sera La Poule aux œufs d’or, une comédie gentiment niaise avec Abbott et Costello). A l’écriture, c’est le duo Hannibal Coons / Harry Winkler qui est à l’œuvre, deux scénaristes qui travailleront sur plus du tiers des épisodes de la série, en général avec pas mal de réussite. Ici, en tout cas, on a affaire à un bon épisode où le décalage entre le monde du manoir et le monde extérieur incarné par le psychiatre donne tout son sel à une histoire somme toute assez banale. Gageons que toute cette équipe, pour le plaisir qu’elle réussit à communiquer, mérite bien un bon petit plat composé d’yeux de tritons grillés pour la récompenser ! C’est, paraît-il, le plat préféré de Gomez mais nul doute que le reste de la tribu s’en délecte aussi avec gourmandise.

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