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La Famille Addams 1-01 : On va tous à l’école – Arthur Hiller

Ecrit par Bigbonn

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La Famille Addams. Saison 1, épisode 01
The Addams Family Goes to School. 1964.
Origine : Etats-Unis
Genre : Comédie noire
Réalisation : Arthur Hiller
Avec : John Astin, Carolyn Jones, Jackie Coogan, Ted Cassidy…

Charles Addams était dessinateur, notamment pour le New Yorker. Porté sur un humour noir et macabre, il créa une galerie de personnages atypiques qui formaient une famille pourtant unie. Dans les années 60, avec son aval, la télévision se lance dans l’adaptation des aventures de la famille Addams : 64 épisodes diffusés aux États-Unis entre 1964 et 1966. Une série à succès qui ne traversa cependant pas l’Atlantique avant plus d’une vingtaine d’années, de façon assez surprenante au vu de sa qualité générale : des « héros » excentriques, des décors réussis, une musique qui reste en mémoire, de l’humour encore et toujours, tout concourait en effet à ce qu’elle touche un public large. Retour sur cette série au long cours qui connut une nouvelle adaptation pour la télévision 30 ans plus tard et deux longs-métrages : La Famille Addams et Les Valeurs de la famille Addams, tous deux de Barry Sonnenfeld.

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Dès le générique, les fondamentaux de la série sont posés : géniale musique de Vic Mizzy ponctuée de claquements de doigts, apparition de toute la famille et deux ou trois extraits permettant de comprendre l’esprit qui va régner dans ce vieux manoir lugubre et délabré : gentiment macabre, décalé et humoristique. Puis, ce premier épisode permet de découvrir tous les personnages qui forment la famille : Gomez, le père, fumeur de cigares souriant, un homme qui aime à saboter ses trains électriques, un grand amateur de tango fou amoureux de sa femme, Morticia, belle brune engoncée dans une robe noire moulante qui l’oblige à marcher à petits pas. Lurch, le fidèle majordome au physique de monstre de Frankenstein, claveciniste à ses heures perdues ; Oncle Fétide (ou Fester en VO), grand gosse chargé d’électricité, qui le prouve régulièrement en allumant une ampoule dans sa bouche ; les enfants, Pugsley et Wednesday, qui ont pour animaux de compagnie une pieuvre et des araignées et aiment à décapiter les poupées ; la grand-mère enfin, au physique de sorcière, qui prépare des plats surprenants comme des cookies aux chauves-souris ou aux lézards. Sans oublier la Chose, une main sortant de toutes les boites possibles, y compris la boite aux lettres, pour rendre service et prendre sa part aux aventures farfelues de ce petit monde.

Ici, les Addams font la rencontre de M. Hilliard, le conseiller scolaire, qui veut savoir pourquoi Pugsley et Wednesday ne vont pas à l’école, et qui compte bien changer cet état de fait. En se retrouvant dans le séjour du manoir, Hilliard se demande où il a mis les pieds tant les éléments de décor sont étranges : tortue à deux têtes, élan avec bois inversés, jambe humaine sortant d’une tête de marlin, ours naturalisé, tout ici a de quoi surprendre et quand Hilliard rencontre Morticia, Lurch ou l’oncle Fétide, ses yeux deviennent ronds comme des billes tant il n’en revient pas.
Pour les Addams, c’est le choc : envoyer les enfants à l’école ? Mais pour quoi faire ? Eux qui sont toujours à la maison ou presque (aucun ne travaille mais ils ne manqueront malgré tout jamais d’argent au cours des 64 épisodes de la série), ne comprennent pas qu’on puisse leur enlever leurs enfants chéris des journées complètes. Mais c’est finalement Morticia qui cède, entraînant les autres dans l’accord donné à M. Hilliard.
Et c’est le drame : tandis que Gomez, en attendant le retour de ses enfants, est tendu comme la corde d’un arc juste avant le tir, ceux-ci déboulent en pleurs, choqués par les affreuses histoires qu’on leur a lues : des contes de Grimm dans lesquels les sorcières sont vaincues et les dragons occis. Aussi déroutés que leurs enfants, les adultes décident d’intervenir et de revoir ce M. Hilliard qui inculque à la jeunesse de tels récits d’horreur…

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Voilà l’une des principales raisons du succès de la série : cette famille est une vraie famille, soudée et traversée de problèmes typiquement familiaux comme l’éducation des enfants, par exemple. Mais chez les Addams, toutes les normes sont inversées et ce qui semble bien pour le commun des mortels est pour eux choquant. Complètement à l’ouest, ils pensent de plus représenter ce qui se fait de plus typique ou de plus normal, surpris qu’on puisse ne pas penser comme eux ou se méprenant sur certaines remarques, voyant par exemple des compliments là où un personnage extérieur exprime juste sa stupéfaction devant un acte ou une parole incongrus.
Un bon épisode donc que celui-ci, mettant en avant les enfants, qu’on verra assez peu par la suite (et ce n’est pas plus mal), et offrant en prime un fait assez rare dans la série : placer dans une courte séquence la famille dans un autre cadre que le sien, lors d’une visite à l’école. Humour, décalage, noirceur et foldingues à l’unisson, On va tous à l’école est une bonne mise en bouche et augure bien de la suite, qui ne décevra que rarement.

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