Cinéma Fantastique Série TV

Histoires fantastiques 1-21 : La Moumoute sanguinaire – Irvin Kershner

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Amazing Stories. Saison 1, épisode 21
Hell Toupee. 1986.
Origine : Etats-Unis
Genre : Fantastique
Réalisation : Irvin Kershner
Avec : Tony Kienitz, Cindy Morgan, Stanley Brock, Gary Allen…

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Commis d’office auprès de M. Bernstein, un obscur comptable qui s’est soudain rendu coupable du meurtre de trois avocats, Harry Ballentine va se retrouver impliqué dans une bien étrange affaire. Suite à deux nouveaux meurtres commis par un autre individu sans histoire, le jeune avocat commence à faire des recoupements entre les deux affaires. Il découvre que les deux hommes, aussi chauves l’un que l’autre, ont vu leur comportement se modifier après l’achat d’une perruque à la boutique Hair and Now. Il n’en faut alors pas plus pour que ses soupçons se portent sur un postiche assassin.

Inactif depuis Jamais plus jamais (1983), Irvin Kershner nous revient par l’intermédiaire de la série de Steven Spielberg pour nous conter une histoire qu’on peut difficilement considérer autrement que comme étant tirée par les cheveux. Pour autant, celle-ci ne fait que suivre une longue tradition du récit horrifique, jamais plus effrayant que lorsqu’il s’articule autour d’objets du quotidien. En l’occurrence, l’idée d’une perruque maudite qui transmet des pulsions homicides à ses utilisateurs n’est pas plus sotte qu’une autre. Sauf qu’il paraissait évident que Irvin Kershner ne jouerait pas la carte de l’horreur premier degré –seul Peter Hyams a osé–, préférant conférer à cet épisode une tonalité plus humoristique. Loin d’être regrettable, ce choix donne au contraire toute sa valeur à cet épisode dynamique, et pour le coup vraiment drôle.
Cependant, si Irvin Kershner a visiblement pris le parti d’en rire, il n’en va pas de même de ladite moumoute qui prend quant à elle sa mission très à cœur. Elle n’est pas là pour finasser et met un bel entrain à poursuivre sa quête vengeresse. Bien entendu, nous ne verrons rien des meurtres qu’elle perpétue, ceux-ci se déroulant irrémédiablement hors champ pour ne pas choquer le jeune public. Cela dit, cette compréhensible frilosité n’empêche nullement un petit fond de mauvais esprit avec ces pauvres hères injustement emprisonnés pour des crimes commis sous l’emprise d’une tignasse revancharde. Après tout, rien ne leur serait arrivé s’ils s’étaient acceptés tels qu’ils sont devenus, sans chercher à travestir les ravages du temps par un postiche ridicule. Un ridicule accru par la séance d’essayage au magasin Hair and Now, où un vendeur aussi chauve que ses clients –mais sans moumoute !– et arborant une veste bigarrée à rendre jaloux Achille Zavatta, débite son discours commercial à base de formules toutes prêtes telle « Aujourd’hui, c’est le look qui compte le plus ». Au regard de son accoutrement, on peut effectivement le croire sur parole. Sa clientèle est donc punie pour son abus de coquetterie, son éphémère reprise de confiance en soi se traduisant par des pulsions meurtrières aussi soudaines qu’incontrôlables. Le postiche meurtrier, de par sa position favorable en amont du cerveau de ces messieurs, joue le rôle d’un marionnettiste funèbre dictant ses commandements à ces pantins prisonniers du culte de l’apparence. Que lesdits cheveux proviennent d’une jeune femme ajoute à l’ironie de la situation. Ces hommes en quête de séduction se font ni plus ni moins manipuler par l’esprit d’une femme, celui-ci leur redonnant tout de même un surcroît de rigueur (l’épouse Bernstein déclare à l’assistante de Ballentine qu’elle se doutait que quelque chose clochait chez son mari parce qu’elle prenait enfin du plaisir lorsqu’ils faisaient l’amour) avant de les laisser dans la panade une fois la vengeance accomplie. En fait, ils se font jeter tels des kleenex dès que la justice met la main sur eux, la moumoute tueuse n’ayant que l’embarras du choix pour étancher sa soif de vengeance. De manière générale, les hommes n’ont pas le bon rôle dans cet épisode, tour à tour dépeints comme des êtres complexés, mous, incapables voire bêtement aveugles à l’image de Ballentine, infichu de percevoir les avances de sa collaboratrice, la jolie Beth.

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Épisode aux envolées cartoonesques, cette Moumoute sanguinaire n’est pas sans rappeler par instant à quel point Gremlins a pu marquer les esprits. Affublée de petits cris censés la rendre plus vivante, ladite moumoute est néanmoins loin de partager le même potentiel destructeur que les petits monstres de Joe Dante. Au contraire, elle agit de manière très calculée et réfléchie, et de ce fait, ne peut se complaire au meurtre gratuit. Ce qui n’empêche nullement à cet épisode d’être empreint d’un vent de folie salutaire qui parvient à faire regretter, à mon grand étonnement, qu’il ne dure pas plus longtemps…

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