Cinéma Fantastique Série TV

Histoires fantastiques 1-18 : Dorothy et Ben – Thomas Carter

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Amazing Stories. Saison 1, épisode 18
Dorothy and Ben. 1986.
Origine : Etats-Unis
Genre : Fantastique
Réalisation : Thomas Carter
Avec : Joe Seneca, Lane Smith, Kathleen Lloyd, Joe Regalbuto…

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Benjamin Dumfy (Joe Seneca) se réveille un beau jour pour le plus grand étonnement de tous au terme de 40 années de coma. Alors que les médecins se perdent en conjectures devant ce miracle, Ben se laisse guider par une voix qu’il est le seul à entendre. Celle-ci l’amène à la chambre d’une petite fille –Dorothy (Natalie Gregory)–, elle-même dans le coma. Se heurtant dans un premier temps à l’incompréhension et à la détresse des parents de la jeune fille, Ben finit par être accepté lorsqu’il apparaît avec certitude qu’un contact s’est noué entre Dorothy et le vieil homme. Avec l’appui du Dr Caruso (Lane Smith), Ben va tenter de ramener Dorothy dans le monde des vivants…

Deuxième intrusion de Thomas Carter au sein des Histoires Fantastiques, Dorothy et Ben tranche radicalement avec la noirceur d’Un dernier verre. Ici, les bons sentiments sont à l’honneur, avec en outre un éloge sans équivoque des vertus du sacrifice. Encore une fois, on retrouve la propension de cette série à illustrer la mort de manière positive jusqu’à l’antithèse en la transformant en source de vie. Preuve supplémentaire du malaise que nourrit Steven Spielberg à l’égard de ce sujet. Plus gênant, il transparaît en filigrane de Dorothy et Ben un évident « place aux jeunes !» qui laisse pantois. A suivre la logique de cet épisode, Ben n’a aucun besoin de poursuivre une vie déjà largement entamée par ces 40 années de coma, au contraire de la gamine qui a encore toute la vie devant elle. D’ailleurs, il n’est jamais fait mention d’une quelconque famille qu’il faudrait informer de son réveil miraculeux. A croire que les médecins l’ont maintenu en « vie » par pure charité chrétienne durant toutes ces années ! Benjamin lui-même ne fait référence à aucun proche, regrettant juste d’avoir raté un épisode de son émission radiophonique préférée. De toute évidence, l’épisode n’a pas pour but de s’appesantir sur le sort du pauvre bougre dont la seule fonctionnalité est de jouer les anges gardiens. Sa « résurrection » n’a donc rien d’anodin puisqu’elle vise ni plus ni moins qu’à lui permettre d’entrer en contact avec Dorothy pour l’empêcher de succomber à l’appel de l’au-delà.
Le fantastique de cet épisode ne cherche pas à reposer sur des effets. Toujours chantre d’une grande sobriété, Thomas Carter nous épargne les visions fantasmagoriques de l’entre-deux mondes pour rester au plus près des deux personnages titre. L’évocation de cette succursale de l’au-delà et de ses envoyés chargés de faire passer les gens de vie à trépas se limite aux dialogues prononcés par un Joe Seneca particulièrement habité par son rôle, sur les épaules duquel tout repose. Tout juste le réalisateur se permet-il de nimber toute la séquence d’un bruit extérieur d’orage pour bien nous faire ressentir que quelque chose d’irrationnel se déroule. Quant aux autres personnages (les parents de Dorothy, les médecins), ils se contentent de faire de la figuration même si deux tendances se dessinent parmi les blouses blanches. Si du côté du Dr Caruso, on prend très au sérieux les événements déroutants qui se déroulent autour de Dorothy et Ben, il n’en va pas de même pour le Dr Templeton qui, très cartésien, a plutôt l’impression que son collègue se fourvoie en croyant à ces fadaises. Le pauvre en sera pour ses frais, devant même supporter d’être rabroué en public par la mère de Dorothy qui lui reproche l’incapacité de la médecine à sortir son enfant du coma. Décidément, il ne fait pas bon être vieux ou réfractaire au merveilleux dans cet épisode…

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En dépit d’un sous texte au jeunisme latent, Dorothy et Ben surprend par sa tonalité. Thomas Carter parvient à éviter le pathos qui pendait au nez de cette histoire en restant très mesuré dans ses effets. Ou alors c’est moi qui n’ait guère été sensible au lien ténu qui a relié le temps d’une nuit ce vieil homme à la vie gâchée à cette enfant à l’avenir souriant. Ce qui n’est pas impossible. Toutefois, je reconnais à cet épisode sa confection de qualité et une bonne interprétation d’ensemble.

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