Cinéma Horreur

Vendredi 13 chapitre 7 : Un nouveau défi – John Carl Buechler

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Friday the 13th, part VII : The New Blood. 1988.
Origine : Etats-Unis
Genre : Horreur
Réalisation : John Carl Buechler
Avec : Lar Park Lincoln, Terry Kiser, Susan Blu, Kane Hodder…

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Sans pour autant bouleverser les fondamentaux de la série, Tom McLoughlin, réalisateur de Jason le mort-vivant, parvint à donner une nouvelle dynamique aux exactions de Jason Voorhees. Plus spectaculaire, plus drôle aussi, son épisode marqua le nouveau départ d’un tueur définitivement revenu d’entre les morts. Il était intéressant de savoir si son successeur allait poursuivre dans ce registre. Après la vision de ce septième épisode, la réponse tombe tel un couperet : Jason est redevenu sérieux comme un pape, prenant trop à coeur sa célébrité.

Lors de l’épisode précédent, nous avions laissé Jason gisant au fond du lac Crystal. Il s’y trouve toujours lorsque démarre ce septième chapitre. Les maisons alentours sont de nouveau habitées, et l’une d’elles accueille Tina et sa maman, toutes deux invitées par le docteur Crews, dans le but de soigner la culpabilité handicapante de la jeune fille. Celle-ci développe des dons pour la télékinésie et se reproche la mort de son père dans ces mêmes eaux qui servent de tombeau à Jason. Au cours de l’une de ses crises, Tina libère malgré elle le tueur de Crystal lake. Ses voisins ne lui disent pas merci.

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En 1988, les concepteurs de la saga Vendredi 13 doivent toujours composer avec la concurrence de Freddy. Il leur faut donc trouver une parade pour que leurs films attirent toujours la clientèle. Impossible de changer quoique ce soit en ce qui concerne Jason. Il doit rester cette immuable machine à tuer, dépourvue de toute personnalité. Il tire sa force de l’indifférence qu’il inspire. Ce n’est pas tant le personnage que l’on vient voir que les meurtres qu’il commet. Il peut arriver n’importe quoi à Jason, on s’en fiche puisque nous sommes sûrs de le retrouver la fois prochaine. Il fait figure de marronnier du cinéma horrifique, en quelque sorte. S’il apparaît impossible d’apporter des modifications à la figure centrale sur laquelle s’est bâtie le succès de la saga, il en va tout autrement de ses adversaires. Jusqu’à présent, Jason a toujours eu affaire à des individus lambdas, parfaitement ancrés dans une réalité tangible. Pour ce septième chapitre, on lui propose une jeune femme qui possède des dons de télékinésie. Etant donné le mal de chien qu’il éprouve à longueur d’épisode au moment d’en finir avec l’héroine, lui conférer des pouvoirs surnaturels n’était pas le meilleur moyen pour qu’il y parvienne enfin. Qu’à cela ne tienne ! Avant le traditionnel duel final, se déroule le non moins traditionnel massacre d’adolescents en goguette. Peu voire aucunes innovations à ce niveau là, John Carl Buechler rechignant à sortir des sentiers battus. Que cela soit à la machette, à la hache ou au couteau, les meurtres ne se distinguent guère par rapport aux autres épisodes. La ressemblance touche même la mise en scène, toujours soucieuse de nous cacher le point d’impact. Heureusement qu’en esthète de la mise à mort, Jason Voorhees suit parfois son inspiration et nous offre un ou deux meurtres qui sortent de son ordinaire. Ainsi, une demoiselle qui souhaite simplement que son petit ami lui « ranime la flamme », se fera exploser contre un arbre, sans qu’elle n’ait eu à sortir de son sac de couchage. Une autre aura l’oeil transpercé par une trompette de farces et attrapes, qui lâchera pour l’occasion un ultime « pouêt! », comme un écho aux fameuses trompettes du jugement dernier. Comme on le voit, rien de transcendant, mais toujours suffisant pour amuser la galerie l’espace d’un instant. Et puis reconnaissons que l’ennui guette notre brave Jason, toujours aux prises avec des jeunes gens imbibés d’alcool et l’esprit embrumé par la marijuana. Il en a marre à force.
Tina aussi en a marre. Marre que ses pouvoirs lui gâchent la vie et qu’on la prenne pour une folle. Marre du docteur Crews, dont les ambitions semblent être plus pécunières que médicales. Un docteur d’une lâcheté sans nom, qui n’hésite pas à donner la mère de sa patiente en pâture à Jason, afin de se ménager une chance de survie. Tina partage un point commun avec Jason, tous deux sont intimement liés au lac. Jason s’y est noyé et y a perdu sa mère, se posant depuis en gardien des lieux, tandis que Tina y a connu les premières manifestations de son pouvoir, ce qui a coûté la vie à son père. Tous deux sont sortis captifs de Crystal lake, Jason de sa soif de vengeance et Tina de sa culpabilité. Depuis sa résurrection, Jason apparaît clairement irrécupérable, alors que pour Tina, son combat revêt un aspect cathartique. En laissant libre cours à ses dons, elle se libère peu à peu de la culpabilité qui la rongeait de l’intérieur, jusqu’au pardon paternel.

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John Carl Buechler orchestre le combat final sans application particulière. Jason y apparaît plus vulnérable qu’à l’accoutumée, lui qui ne peut opposer que sa force brute et sa quasi invulnérabilité aux pouvoirs de Tina. L’âpreté du combat l’amène à se mettre à nu comme rarement auparavant. Depuis son réveil, il ne nous cache rien de sa magnifique ossature (un bon point pour les responsables des maquillages) et nous révèle, à l’approche de son nouvel assoupissement, un visage peu avenant. Ne le blâmons pas s’il est si peu présentable. Dix ans (au minimum) se sont écoulés depuis que Tommy Jarvis et sa copine l’ont enchaîné au fond du lac. A ces 10 ans, s’en ajoutent au moins autant entre le Tommy Jarvis enfant qui tue Jason dans le Chapitre final, et le Tommy presque adulte qui lui redonne vie à l’entame de Jason le mort-vivant. En toute discrétion, le slasher des origines se teinte d’une aura science-fictionnelle, sans pour autant que l’environnement ne change. Crystal Lake, tout comme sa figure emblématique, reste hermétique au changement. Pourtant, des vacances ne feraient pas de mal à Jason, tant je lui ai trouvé des airs absents durant ce septième chapitre, ma foi bien médiocre.

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