Cinéma Horreur Science-Fiction

Rottweiler – Brian Yuzna

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Rottweiler. 2004.
Origine : Espagne
Genre : Horreur / Science-fiction
Réalisation : Brian Yuzna
Avec : William Miller, Bárbara Elorrieta, Paulina Gálvez, Lluís Homar…

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2018. Ça fait 14 ans que le futur a commencé, juste le temps d’installer un gouvernement militaire en Espagne et de créer des chiens-robots pour garder les prisonniers. Dante n’a pas de chance, il vit dans le futur et dans une prison. On ne sait pas trop pourquoi d’ailleurs, mais c’est pas grave parce que lui non plus, il a oublié. Du coup, il s’évade, mais il est inlassablement pourchassé par un robottweiler !

Raconté comme ça, le film a l’air plutôt ridicule. Mais même sans mes railleries, le résultat fait plutôt peine à voir.
Et pourtant j’aime beaucoup Brian Yuzna et je fondais beaucoup d’espoirs sur cet artisan du cinéma d’horreur, dont les films ne sont jamais bien exceptionnels, mais qui transpirent la volonté de faire du cinéma d’horreur efficace. J’aime même son Faust très coloré et son Beyond Re-animator pourtant vilipendé en ces lieux. Mais au vu de ce Rottweiler il m’est difficile de défendre encore Yuzna.

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En effet, le résultat est tout simplement et totalement navrant. De Cujo à Max le meilleur ami de l’homme, nombreux sont les films mettant en scène des chiens féroces. Mais Rottweiler est sans doute le moins bon d’entre tous !
Rien n’est réussi dans le film, et le manque de budget comme d’imagination se fait cruellement ressentir. Qui plus est, ce n’est ni assez ridicule ni assez rythmé pour que l’on puisse en rire. L’ennui gagne la partie très rapidement et si ce n’est la volonté de connaître le fin mot de cette abracadabrante histoire, je me demande bien ce qui peut pousser à voir le film en entier.
Monté d’une manière assez anarchique, le film suit une chronologie bizarre et qu’on dirait conçue pour faire sombrer les plus aguerris des spectateurs dans les tréfonds de l’ennui. En effet, l’intrigue commence de manière très abrupte par l’évasion du héros et le chien lancé à ses trousses. Dès lors, le scénario s’ingénie à alterner les séquences de poursuite avec des passages en flash-backs censés nous expliquer comment tout cela est arrivé. Problème, la poursuite n’est à aucun moment haletante, et les flash-backs, non contents de plomber un peu plus le rythme déjà morne du métrage, nous montrent tout sauf ce que l’on a envie de voir (à savoir lever le voile sur ce chien, nous expliquer comment et pourquoi il est devenu un cyborg aux mâchoires métalliques, etc. ). Rien à voir avec Terminator donc, modèle évident de ce Rottweiler. Malgré son caractère invincible, le chien cyborg n’apparait finalement jamais comme la véritable menace inexorable qu’était le robot du film de Cameron. Tout au plus la bête a l’air opiniâtre. Le film échoue même à donner au canidé la redoutable intelligence qui aurait pu le rendre anxiogène, au contraire le chien avec sa grosse bouille et son regard métallique totalement vide a plutôt l’air d’une bestiole demeurée qui a beaucoup de chance de retrouver chaque fois sa proie.
Pourtant le look de l’endo-squelette métallique avait été soigné, mais ni la mise en scène ni le scénario ne mettent véritablement en valeur la bête. Erreur très dommageable au film, qui y perd plus de la moitié du capital sympathie qu’il pouvait avoir. En effet, dans ce genre de film « d’agression animale » la véritable star c’est souvent l’animal en question.
Mais face à ce chien au regard vide, les acteurs ne sont pas en reste, et c’est à qui sera le plus fade dans son rôle. Même l’aguerri Paul Naschy, qui joue un petit rôle, à l’air de ne pas savoir ce qu’il vient faire dans tout ce fatras de celluloïd. Mais l’acteur principal s’avère aussi très très fort à ce petit jeu, bien que sa tâche soit facilitée par une intrigue qui lui donne un rôle particulièrement stupide à jouer. On apprend ainsi que le héros du film est en réalité un gosse de riche en manque de sensations fortes qui a décidé de partager le sort de ce qu’on devine être une bande d’immigrés clandestins pour pimenter son existence. Évidemment, il se fera prendre et dès lors difficile pour nous autres spectateurs de ne pas penser qu’il mérite tous les malheurs qui lui arrivent. D’autant que le personnage continuera de faire preuve d’une naïveté des plus énervantes, réduisant à néant toute l’empathie que l’on pouvait éprouver pour lui. Enfin, peut-être le sommet de tout cet étalage de bêtise, l’argument qui justifie les flash-backs et tout le mystère fait sur les motivations du héros à retrouver une fille, c’est qu’il a tout bêtement oublié ! Le final nous montrera le sort tragique et traumatisant réservé au héros et à son amie suite à leur capture, qui dans le genre événement inoubliable se pose là, mais non, notre benêt de héros a des trous de mémoire.

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Pour parachever le tout, les effets spéciaux sont assez laids et fort peu sanglants. La plupart des attaques se déroulent dans des hors-champs qu’on devine plus motivés par des restrictions budgétaires que par une volonté de ménager les effets dans un but d’efficacité.

Bref, ce Rottweiler manque cruellement de mordant. Il souffre de trop nombreux défauts pour être sauvé, et les carences budgétaires tendent à aggraver le résultat plutôt que de stimuler la créativité de l’équipe artistique.
Chose assez amusante toutefois, en faisant des recherches sur les conditions de tournage et le budget du film, je suis tombé sur une pétition apparemment très sérieuse « contre le film Rottweiler » motivée par la soi-disant mauvaise image que donne le film de cette race de chien ! Penser très sérieusement qu’un film avec un chienborg à la mâchoire d’acier nuise à l’image des Rottweilers, voilà qui me sidère presque plus que la médiocrité du film !

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