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Rocketeer – Joe Johnston

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The Rocketeer. 1991

Origine : Etats-Unis 
Genre : Aventures 
Réalisation : Joe Johnston 
Avec : Bill Campbell, Jennifer Connelly, Alan Arkin, Timothy Dalton…

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Modeste aviateur, Cliff Secord (Bill Campbell) met la main sur une roquette particulière, qui permet à celui qui la porte sur son dos de s’envoler. Mais l’objet est convoité par beaucoup de monde : le FBI, le constructeur (Howard Hughes en personne) et surtout par Neville Sinclair (Timothy Dalton), un acteur renommé qui est en fait un espion nazi et qui est épaulé par des petites frappes de la mafia, inconscientes des penchants idéologiques de leur employeur.

A l’origine, un comic du début des années 80, rendant hommage aux serials des années 30. A l’arrivée, en 1991, un film produit par Disney dans la mouvance du Dick Tracy de Warren Beatty. Ne connaissant pas le comic de départ, et encore moins les serials des années 30, je m’abstiendrai de toute comparaison. Mais une chose est sûre : l’adaptation au cinéma est bien plus consensuelle que l’oeuvre de Dave Stevens. Ainsi, la petite amie du Rocketeer, à l’origine une pin-up inspirée par Betty Page (dont elle gardait le prénom), devient une sage actrice de cinéma et se nomme Jenny, pour éviter les procès pour plagiat. D’autres recherches m’ont également appris que le studio tiqua également sur l’emploi de l’argot des années 30, jugé dérangeant pour la bonne compréhension du public moderne. D’autres problèmes concernèrent le script, avec des scènes retirées pour être finalement rajoutées plus tard. Bref, la conception de Rocketeer traîna quelques temps jusqu’à ce que Joe Johnston, fan du comic, des années 30 et d’aviation, ne reprenne le projet en main. A titre d’indication, Joe Johnson est également le réalisateur de chefs d’oeuvres tels que Chérie j’ai rétréci les gosses !, et, après Rocketeer, de Jumanji, Jurassic Park III et Hidalgo. C’est aussi un collaborateur régulier de producteurs aussi importants que George Lucas ou Steven Spielberg. C’est dire si le bonhomme était fait pour diriger une adaptation lissée et propre sur elle.

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Et le constat est sans appel : le film a en effet tout d’une production Disney. Commençons par le commencement : le look des années 30. Chose la moins répréhensible du film : on verse quelque peu dans la caricature, mais au moins certaines reconstitutions sont faites à l’identique. C’est le cas d’un bar d’aviateurs, d’un club privé pour grands bourgeois, ou encore de quelques clins d’oeil à des faits réels, comme le “Spruce Goose”, un avion réellement construit par Howard Hughes, qui dans la réalité ne fut jamais capable de voler, alors que dans le film, notre brave Rocketeer parvient à l’envoyer dans les air. C’est aussi le cas pour les chewing-gums porte-bonheurs (la même marque fut employée en vrai), pour le célèbre panneau “Hollywoodland” qui effectivement perdit ses quatre dernières lettres (pour des raisons bien moins glamour que le crash du film : elles furent en réalité retirées pour économiser sur l’entretien) et pour quelques personnages, tout droits issus des années 30 : les gangsters, l’homme de main calqué sur Rondo Hatton (sorte de Michael Berryman des années 30), le gros méchant inspiré par Errol Flynn (un temps suspecté d’être un espion nazi), et, bien sûr, Howard Hughes lui-même…
Maintenant, c’est bien beau de se donner un style années 30, ça fait ressortir la nostalgie, mais encore faut il avoir une histoire à raconter au milieu de tout ce décorum. Et à ce niveau là, c’est une véritable catastrophe. Le film n’a strictement rien d’un serial : sa structure, loin d’être pleine de rebondissements ubuesques, est totalement vierge de toute idée. Il faut ainsi plus d’une heure à Cliff Secord pour devenir le Rocketeer, et même lorsqu’il le devient enfin, il rechigne à en abuser et il n’est même pas foutu de maîtriser son engin… A moins qu’il ne s’agisse d’une raison pratique : il y a de fortes chances pour que la roquette ne lui brûle l’arrière-train. Quoi qu’il en soit, on se retrouve en réalité dans une espèce de mélange asceptisé et très naïf (le héros est clairement un adolescent attardé : c’est la fameuse patte de Disney, qui croit ainsi mettre en scène des rêveurs…) entre Indiana Jones et James Bond (ça tombe bien : le 007 de l’époque, Timothy Dalton, joue dans le film !). De vagues tentatives pour retrouver une personne, un objet, pour fuire des vilains, tout ça sans aucune scène spectaculaire et sans inspiration dans les mouvements de caméra. C’est morne, et à vrai dire, on s’emmerde sec. Heureusement que la belle Jennifer Connelly est là : elle ne sert pas à grand chose , mais elle est jolie, vétue et maquillée à la mode des années 30. Joe Johnston semble davantage interessé par sa reconstitution historique que par son histoire, et si il y a bien une chose qu’un tel film ne peut supporter, c’est bien une intrigue qui n’avance pas. Le climax de fin arrive comme un cheveu sur la soupe : en 5 minutes, tout se décante, les gangsters mafieux se prennent d’un patriotisme soudain (hommage aux années 30 ou dérive idéologique disneyienne ?), Secord ose enfin revêtir son costume, un gigantesque dirigeable nazi apparaît, et c’est parti pour le traditionel combat final, où dans une situation désespérée le gentil se bat contre les méchants pour sauver sa belle et le monde…
Voilà donc un film qui pouvait être prometteur mais qui au final n’est qu’une baudruche nostalgique cherchant vainement à faire ressortir “l’âme d’enfant” des spectateurs, sans aucun relief, sans aucun panache, sans aucune surprise. L’esthétique référencielle fera un temps illusion, de même que quelques rares scènes ponctuelles (un cartoon avec des Rocketeers nazis, notamment), mais sinon, rien à signaler. Une vraie production Disney, en somme. La boîte à Mickey devait même à l’origine créer une attraction dédiée à Rocketeer dans leurs Disneylands. Mais devant l’échec du film au box-office, ils changèrent d’avis. Bien fait.

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