Cinéma Horreur

Python – Richard Clabaugh

python-affiche

Python. 2000.
Origine : Etats-Unis
Genre : Horreur champêtre
Réalisation : Richard Clabaugh
Avec : Frayne Rosanoff, William Zabka, Casper Van Dien, Robert Englund…

Un python de taille gigantesque et pouvant cracher de l’acide à la gueule de ses proies est parvenu à s’échapper de l’avion qui le convoyait au profit du biologiste Anton Rudolf. Il a atterri non loin d’un petit patelin au fin fond de la Californie, et s’empresse de se nourrir des quelques autochtones qui ont l’infortune de croiser sa route. Afin que l’affaire ne s’ébruite pas, un commando est dépêché sur place pour lui faire la peau.

Surfant sur la vague déclenchée par le succès de Anaconda (Luis Llosa – 1997), Richard Clabaugh et son scénariste Philip J. Roth (qui l’année suivante passera derrière la caméra pour s’intéresser cette fois-ci à un boa) nous offre un film de monstre pas effrayant pour un sou et tout juste divertissant. Le film peut néanmoins se targuer de compter à son générique des têtes connues comme Robert Englund ou encore Casper Van Dien, même si ni l’un, ni l’autre n’incarne le héros de l’histoire. Le premier campe le biologiste Anton Rudolf, responsable peu compatissant de ce pataquesse avant que l’histoire l’amène à une vaine rédemption. Le second interprète le chef du commando, un homme sûr de lui, et qui n’a pas l’intention de se laisser impressionner par un serpent de 40 mètres de long et tout en images de synthèse (mis à part les plans rapprochés). Dommage qu’il ait omis un paramètre de taille, sa connerie, ce qui lui causera bien des tourments.
Le héros du film se nomme donc John Cooper. As du VTT, il est accessoirement un employé de l’usine chimique familiale. C’est en cette qualité qu’il fait figure de bouc émissaire idéal aux yeux de la police, suite à la découverte de cadavres brûlés par de l’acide. Enfin, surtout aux yeux de l’agent Louis, flic un peu benêt et source de rires en cascade si on est bien disposé. Là-dessus se greffe une vieille rivalité amoureuse entre John et son ancien ami Gary, flic également, à propos de Kristin, une mignonnette qui était sur le point de se marier avec le second avant de se jeter dans les bras du premier lors de son retour dans la région.

Autant dire qu’ils en ont un peu rien à faire du python géant. Notre reptile surdimensionné a donc tout loisir de manger du villageois puis du militaire lors de scènes qui nous seront pour la plupart invisibles. Le reste du film se résume à une trépidante course-poursuite entre le reptile et John et ses amis dont une, mémorable, opposant le reptile à une jeune femme. Cette dernière a été dérangée alors qu’elle prenait une douche bienfaitrice. Lâchement agressée par le serpent un brin pervers (une référence biblique ?), elle défend vaillamment sa peau… et sa vertu, en prenant bien soin de s’envelopper d’une serviette de bain. Une serviette de bain aux propriétés incroyables puisque jamais elle ne tombera, malgrè les divers sauts et autres soubresauts de son utilisatrice. A l’image de cette course-poursuite, le combat entre les hommes et la bête se révèle âpre et acharné (rires). Dommage que le python déçoive par ses choix tactiques. Il refuse ainsi catégoriquement de se servir de sa particularité génétique pour mettre fin aux jours des héros, le jet d’acide en pleine poire. Cet oubli lui sera fatal.

L’association bête monstrueuse et petite localité promet en général un minimum de scènes de paniques et de massacre de figurants. Hélas, trois fois hélas, Richard Clabaugh s’en contrefiche. Il préfére la jouer petit bras, et se contente d’achever son film dans la joie et la bonne humeur avec un soupçon de message écologique pour le rendre moins vain. En même temps, pouvions-nous décemment espérer davantage d’un téléfilm comme il s’en produit tant pour la télévision  américaine ? Pas vraiment.
Petite curiosité, Python peut changer de réalisateur au gré des diffusions. Passé il y a quelques temps sur TF1, on pouvait lire au générique le nom de Rod MacDonald en lieu et place de Richard Clabaugh pour le poste de réalisateur. Serait-ce le nouvel Alan Smithee ?

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