Cinéma Horreur

La Malédiction des pharaons – Terence Fisher

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The Mummy. 1959.
Origine : Royaume-Uni
Genre : Horreur
Réalisation : Terence Fisher
Avec : Peter Cushing, Christopher Lee, Yvonne Furneaux, Eddie Byrne…

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Lors de fouilles en Egypte, trois archéologues anglais font une découverte qui les met en joie, le tombeau de la déesse Ananka. Une joie de courte durée puisque l’un d’entre eux, resté seul dans ledit tombeau, est bientôt retrouvé sans connaissance. Trois ans plus tard, en Angleterre, le malheureux archéologue sort enfin de son état de prostration pour être retrouvé mort le lendemain. Sa mort serait-elle due à la malédiction qui touche tout profanateur de sépulture égyptienne ? Cela paraît plus que probable.

Après s’être attaqué à Dracula puis à la créature de Frankenstein, le duo Terence Fisher- Jimmy Sangster s’intéresse au cas de la momie. La momie partage avec les deux autres hautes figures du cinéma fantastique un véritable statut de monstre tragique. Par contre, elle ne possède pas leur résonance. Le comte Dracula a pour lui son aura romantique et ce statut d’immortel, état qui fascine tant l’homme. Quant à la créature de Frankenstein, elle symbolise la volonté de l’homme de se substituer au dieu créateur. Tous deux exercent une réelle fascination sur le public, à des degrés différents, certes, mais bien réelle. Le prolifique duo a abouti à une relecture intéressante des deux mythes sus cités. On ne pouvait donc en espérer moins de leur part concernant la momie. Malheureusement, les deux hommes se sont révélés incapables d’en faire de même, tant ils ont peiné à y apporter une plus-value autre que géographique.

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Hormis les déambulations de la momie dans la lande anglaise, La Malédiction des pharaons peine à renouveler le genre. Nous sommes ici en terrain connu, trop sans doute. On retrouve l’opposition Peter Cushing/Christopher Lee déjà à l’oeuvre dans Le Cauchemar de Dracula et Frankenstein s’est échappé, Cushing interprétant l’un des trois archéologues et Christopher Lee revêtant les fameuses bandelettes. Au moins peut-il se vanter d’avoir incarné les plus fameuses créatures, et toujours avec un talent certain. Devant encore se passer de la parole, il fait passer tous les sentiments par sa gestuelle, tel un mime. Le regretté Marcel Marceau a dû apprécier.
A la décharge de Jimmy Sangster et de Terence Fisher, la momie n’est pas le plus passionnant des « monstres ». Elle ne joue qu’un rôle de bras vengeur chargé d’apprendre la bienséance à l’homme dit civilisé, qui ne trouve rien de mieux à faire qu’à troubler la quiétude de sa demeure mortuaire. Si on la laissait en paix, elle n’embêterait personne et resterait bien sagement dans son tombeau.
Sans doute conscient de ce manque d’épaisseur, Jimmy Sangster adjoint à sa momie quelques éléments des deux créatures précitées. Ainsi, la momie du film n’agit pas de son propre chef, mais est manipulée par un individu vouant un culte à un dieu égyptien. Elle ne s’émancipera que lorsque sa route croisera celle de la femme du dernier archéologue survivant, qui n’est autre que la réincarnation de la déesse Ananka. Retrouvant alors la personne dont elle est censée assurer la protection (ainsi que son grand amour), elle fera fi de toute idée de vengeance pour pouvoir à nouveau convoler avec elle. Plutôt que d’étoffer réellement le personnage de la momie, ces emprunts aux deux autres mythologies trahissent un manque flagrant d’idées et de renouvellements.

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Grâce au savoir faire de Terence Fisher, La Malédiction des pharaons reste d’une bonne tenue. Esthétiquement, le film est très soigné, et c’est toujours un plaisir de voir deux grands acteurs comme Peter Cushing et Christopher Lee s’affronter. Toutefois, ce film démontre que la formule a ses limites et que sans des personnages de caractère, ou possédant une aura universelle, il est difficile de produire autre chose qu’un film de bonne facture, mais sans génie.

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