Action Cinéma

Die Hard 4 : retour en enfer – Len Wiseman

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Die Hard 4.0. 2007.
Origine : Etats-Unis
Genre : Action
Réalisation : Len Wiseman
Avec : Bruce Willis, Justin Long, Timothy Olyphant, Maggie Q…

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Sans raison apparente, une dizaine de hackers trouve la mort de manière violente. John McClane, flic new-yorkais qu’on ne présente plus, est chargé de se rendre au domicile de Matthew Farrell, autre hacker fiché à la C.I.A., pour l’escorter jusqu’aux bureaux de l’agence. Ce qui s’annonçait comme une simple mission de routine prend soudain des proportions gigantesques, John McClane se retrouvant au cœur d’un chaos engendré par un génie de l’informatique. Une nouvelle journée de merde commence pour le célèbre flic au marcel crasseux.

Cela fait maintenant près de 20 ans que John McClane lutte contre le terrorisme, et d’une façon toujours plus spectaculaire. Dans sa quête perpétuelle de héros, les États-Unis ont trouvé en John McClane le parfait compromis entre le héros « bigger than life » et monsieur tout le monde. Contrairement à un Schwarzenegger ou à un Stallone, Bruce Willis ne brille pas par sa musculature imposante. Il compense par un entêtement à toute épreuve et une forte capacité à transcender ses limites lorsqu’il se trouve dos au mur. Sans compter son air cabochard qui le rend incontestablement plus humain. En trois films (enfin surtout Piège de cristal et Une journée en enfer, tout deux réalisés par John McTiernan), la saga Die Hard s’est imposée comme le mètre-étalon du cinéma d’action, ce qui rend d’autant plus ardue la tâche de Len Wiseman. De surcroît, la donne a changé depuis ce funeste 11 septembre 2001. Un personnage comme John McClane, qui a fait du dézingage de terroristes son fond de commerce, a t-il encore droit de citer à notre époque? Les Américains lui ont-ils pardonné d’avoir pris ses congés durant la chute du World Trade Center ? Apparemment, oui. Après une longue gueule de bois, les Américains sont à nouveau tout disposés à assister aux exploits de leurs héros préférés.

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Nous avions quitté 12 ans plus tôt un McClane une fois encore victorieux et prêt à renouer avec son épouse. Aujourd’hui, nous le retrouvons désespérément seul. Son mariage n’est plus qu’un lointain et douloureux souvenir et sa fille le renie. Il erre dans les rues de la ville, traînant son corps las et ses souvenirs d’un bonheur enfui. Ne pouvant plus noyer son chagrin dans l’alcool, ni l’évacuer par le tabac (nouvelles normes hollywoodiennes oblige), il se complaît dans la morosité. McClane demeure un homme d’action. Il ne vit que par et pour elle. En dehors de ça, il n’existe pas, ou si peu. Après une courte introduction à base d’ordinateurs piégés (énorme!), McClane peut enfin entrer en action dans ce que je considère comme la meilleure scène du film. A peine arrivé au domicile de Farrell, tous deux se font canarder par des hommes lourdement armés. Quoique un peu rouillé, le corps de McClane se met rapidement en mouvement et retrouve tous ses vieux réflexes de survie sous le regard médusé de la jeune génération représentée par le hacker. Bien que la mise en scène de Len Wiseman manque d’ampleur (le cadre est souvent trop resserré), elle parvient ici à retranscrire toute l’urgence de la situation et à nous immerger totalement dans les nouvelles mésaventures du flic. Jusqu’au combat homérique opposant le valeureux policier à la copine du méchant en chef, Die Hard 4 se laisse voir avec un certain plaisir. Contre toute attente, le duo McClane-Farrell, vieille génération-nouvelle génération, fonctionne bien. Leurs échanges sont vifs et souvent bien sentis et le hacker ne joue jamais le faire-valoir. Ils font front commun pour s’extirper du bordel ambiant, chacun usant de ses qualités propres. Dommage qu’après le combat mentionné ci-avant, le film sombre dans la surenchère à outrance, se lançant dans une vaine compétition avec, à la fois, les trois autres films de la série et les autres films d’action. McClane en vient alors à se déshumaniser totalement, fonçant dans le tas tête baissée, sûr de sa force et de son statut de héros. L’action devient tellement hors norme qu’on finit par se détacher de ce qui se passe sur l’écran, McClane n’étant plus qu’un pantin au service du « toujours plus ».

En fait, Len Wiseman a trop conscience de la tâche qui lui incombe, et a tendance à l’exagération. Cela se matérialise par les scènes d’action mais aussi par les dialogues. Le statut de héros de John McClane n’est plus à remettre en cause. Nous savons qu’il s’agit d’un héros de circonstances dont la principale motivation est de se sortir du fichu guêpier dans lequel sa mauvaise étoile l’a entraîné et/ou de sauver l’un des membres de sa famille. Tous les dialogues tournant autour de son héroïsme alourdisse le récit et font de McClane quelqu’un qui a conscience de ce qu’il représente. Or, ce n’est pas le personnage que l’on connaît. C’est avant tout un flic qui a fait de l’abnégation son sacerdoce et qui va au bout de ce que son métier exige. Ça le place d’ailleurs dans une curieuse position puisque ce travail, qui a contribué à briser sa famille, lui permet le temps d’un film de renouer avec elle. Curieuse image de la famille qui voit en l’héroïsme le seul ciment possible. Autrement dit, point d’héroïsme, point de salut!

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Malgré ces bémols, je ne vous cache pas qu’à ma grande surprise, Die Hard 4 ne m’a pas déplu. Entendons-nous bien, ce film n’est rien de plus qu’un honnête divertissement qui distille un plaisir immédiat, et dont le souvenir s’estompera très rapidement. Néanmoins, s’il n’apporte rien au mythe, il réussit à redonner vie à un acteur qui s’était quelque peu perdu ces derniers temps en interprétant des rôles un brin figés. Le revoir en McClane est sans nul doute ce qui fait passer la pilule aussi facilement. Et je me dis qu’il en sera sans doute de même avec Harrison Ford dans Indiana Jones 4. Nous sommes bien peu de chose.

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