Action Cinéma

Dangereusement vôtre – John Glen

Ecrit par Loïc Blavier

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A View to a Kill. 1985.
Origine : Royaume-Uni / Etats-Unis
Genre : Action
Réalisation : John Glen
Avec : Roger Moore, Christopher Walken, Grace Jones, Tanya Roberts…

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Dangereusement vôtre est le dernier des films James Bond de l’ère Roger Moore. Et il était grandement temps, puisqu’ici, à 57 ans, l’acteur se révèle assez pathétique, réduit par son manque de souplesse à se faire doubler pour de nombreuses cascades filmées de loin, avec un Bond de dos. Un procédé certes pas inédit dans la saga, mais qui trouve ici son apogée. Il faut dire aussi que la durée du film (plus de 2 heures) est peu raisonnable, surtout au vu d’un scénario proprement indigent, ne disposant d’aucune mégalomanie particulière et se résumant en fait au complot que Zorin, un vilain homme d’affaires trafiquant de microprocesseurs, prépare en douce. A savoir éliminer la Silicon Valley californienne pour faire disparaître sa principale concurrence. Malheureusement, ce projet de destruction à grande ampleur n’intervient que très tard dans le film. Le spectateur doit donc faire face à une lamentable et interminable infiltration dans un rendez-vous hippique ainsi qu’à plusieurs séquences d’action toutes assez bêtes. On notera ainsi le pré-générique, qui nous montre James Bond en ski tentant d’échapper à de vilains soviétiques sur des pistes de neige d’un blanc immaculé (déjà pas un élément bien original) et qui se terminera sur fond musical du « California Girls » des Beach Boys. Une touche humoristique sûrement, mais il n’empêche que cela nous rappelle les plus guignolesques heures de Moonraker. Les autres séquences d’action nous réservent bien des surprises, notamment l’emploi d’un zeppelin au-dessus de San Francisco que Bond parvient à attacher à l’aide d’un simple nœud au Golden Gate Bridge, ou encore une pitoyable course-poursuite motorisée dans laquelle Bond pendouille comme un misérable de l’échelle du camion de pompiers conduit par la gentille Bond Girl du moment. Rayon Bond Girls justement, ce n’est pas la joie : la blonde Tanya Roberts interprète une poupée Barbie à qui l’on ne donne même pas l’occasion d’être sexy, et Grace Jones est la méchante Bond Girl qui, comme Jaws dans Moonraker, redeviendra gentille à l’entame du dénouement. Auparavant, elle se sera montrée en garçon manqué (avec une voix de travesti en VF), et à vrai dire, ses traits carrés et sa coiffe afro probablement entretenue par un jardinier français de l’époque Renaissance n’en font pas une Bond Girl particulièrement belle.

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Toujours au casting, saluons l’initiative de faire appel à deux bons acteurs : Patrick MacNee (le John Steed de la série Chapeau melon et bottes de cuir) et Christopher Walken. Mais le premier, s’il apportera une petite touche comique digne du rôle qui l’a fait connaître, n’aura pas l’occasion de briller, tant son personnage est vite expédié et relève davantage du simple caméo que d’autre chose. Walken, quant à lui, est Zorin, le grand méchant, qui manque tout de même beaucoup d’ampleur dans ses projets (on est très loin d’un Blofeld, par exemple). Les scénaristes auront beau essayer de lui donner un parcours, cela ne marchera pas, et ces ajouts (on le connecte au KGB et on en fait le rejeton d’expériences nazies) ne seront que des artifices sans aucune utilité.
Il n’y a donc pas grand chose à sauver là-dedans. On s’ennuie sec, l’histoire pas plus que les personnages ne sont intéressants, les scènes d’action sont ridicules, les Bond Girls ne valent le coup que pour un James Bond trop vieux, et même le générique composé comme d’habitude par Maurice Binder est l’un des plus laids de la saga, aidé en cela par l’abominable chanson de Duran Duran. On préférera encore Moonraker, qui malgré sa bêtise se révèle bien plus palpitant.

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